saintNazaire : Verdict du 13 octobre 2010

Publié le par la Rédaction

Tribunal de Saint-Nazaire : L'abattage continue !

 

3 comparutions immédiates ce mercredi 13 octobre à 17h30. Ils sont accusés d'attroupement illicite avec armes (pierres, bouteilles), jet de projectiles, violences envers des personnes dépositaires de la force publique, ivresse manifeste sur la voie publique…

 

F., 32 ans, archiviste en CDD à la DRAC, refuse la comparution immédiate. Le procureur Denis insiste sur l'état d'imprégnation alcoolique, demande la détention provisoire «pour la démocratie», mot qu'il galvaudra tout au long de l'audience

 

P., 26 ans, en contrat PLIE,

M., 32 ans, plaquiste en CDI

acceptent la comparution.

 

Réquisitoire du procureur : «L'image de Saint-Nazaire ne sort pas reluisante de tout ça… Une manifestation ternie par les agissements d'une poignée de personnes… C'est répétitif, les gendarmes et les policiers n'ont pas vocation à servir de cible, de défouloir à quelques excités… Ça suffit ! Comportements imbéciles et intolérables pour la démocratie.»

 

Il demande 3 mois ferme avec mandat de dépôt.

 

Plaidoirie de Me Lemoigne : Il demande tout d'abord la nullité des PV, il reprend l'expression du procureur : «comme d'habitude» il faut incarcérer, la seule solution c'est l'incarcération. Il insiste sur le fait que c'était leur première manif, ils considèrent que cette réforme est injuste.

 

P. nie les faits. Sur les films et photos, on ne le voit pas. L'un des gardes mobiles qui l'aurait reconnu est le même qui aurait reconnu l'un des inculpés du 19 dont l'appel en août 2009 avait cassé le jugement. Il demande la relaxe.

 

M. reconnaît avoir jeté ses canettes vides, confusion dans le PV entre pierre et bière. Si la police n'a pas vocation à servir de cible, il n'y a pas eu blessure, aucun jour d'ITT, les conséquences d'une condamnation seraient la perte de son emploi.

 

Verdict 2 mois ferme avec mandat de dépôt pour P. et M.

 

F. comparaîtra le 16 novembre mais part en détention provisoire.

 

L'avocat fait appel.

 

Conclusion : à Saint-Nazaire le tarif est 2 mois ferme pour 3 requis !

 

Informations à confirmer : 3 personnes sont toujours en GAV, 3 ont été relâchées aujourd'hui, 2 mineurs sont passés en huis-clos, pas de nouvelles, 1 personne placée en HP.

 

CODELIB, 13 octobre 2010.

 

 

La brutalité policière, judiciaire, ça suffit  !

 

Réquisitoire du procureur de la République française ou ce qu’il en reste mercredi 13 octobre 2010 au tribunal de justice de St-Nazaire :

 

«C’est répétitif, les gendarmes et les policiers n’ont pas vocation à servir de cible, de défouloir à quelques excités… Ça suffit ! Comportements imbéciles et intolérables pour la démocratie.»

 

Mais qui était ciblé ce jour de manifestation du 12 octobre ?

 

Les policiers ?

 

Ce n’est pas ce que les Nazairiens ont vu.

 

Ce sont bel et bien les Nazairiens qui ont été la cible et le défouloir.

 

Car, une fois de plus, on y était tous. Les très très jeunes en poussette, les jeunes en chanson, les militants en colère, les salariés fatigués, les anciens remontés.

 

On y était tous.

 

Mon fils aussi.

 

C’était sa première manif. Il était content avec ses potes d’aller soutenir ses parents, parce que quoiqu’on en dise ou pense, parents et lycéens vivent la même galère. Chômage des parents, angoisse des enfants. On est solidaire dans la galère.

 

Alors, ils sont venus, heureux de se mobiliser.

 

Ce que mon fils 15 ans, et ses camarades ont vécu, est tout autre chose.

 

Spectateurs de quelques lancers de projectiles à la sous-préfecture, ils ont été subitement, violemment repoussés, gazés, effrayés.

 

Mon fils dans sa course, tente d’aider un ancien de 85 ans à regagner sa voiture alors que la police l’intimidait et l’obligeait à dégager.

 

Je suis mère. Militante, mais mère avant tout.

 

Je me refuse d’accepter que mes enfants soient menacés, brutalisés. Je me refuse que mon fils ait vocation de servir de cible, de défouloir à quelques excités que sont les forces de l’ordre. La brutalité policière, judiciaire, ça suffit.

 

Par ce message, je sollicite toutes les Nazairiennes, les Nazairiens à refuser cette violence, cette oppression.

 

Soyons solidaires des prisonniers, de nos jeunes, de tous ceux qui par le chômage, la désespérance perdent espoir. Soyons plus forts. Montrons que leur intimidation ne fera que resserrer les rangs.

 

Notre force est cette solidarité, catalysée par ce mépris vis-à- vis de toute la population nazairienne.

 

La plupart ont eu des métiers difficiles, rudes, exigeants, un savoir-faire et une énergie vouée à construire ce qui fait et a fait notre fierté. Du courage, une entraide pour reconstruire une ville sacrifiée.

 

Nazairienne de cœur, j’ai des haut-le-cœur, quand on emprisonne des innocents, des ouvriers qui ne savent plus contenir leur colère face à ces humiliations quotidiennes du monde du travail.

 

J’ai des haut-le-cœur quand un juge décide d’enfermer toute cette humanité.

 

Nous devons nous défendre et continuer à soutenir toutes les victimes de la maltraitance économique et d’État.

 

Mère, je veux et j’exige de manifester auprès de mes enfants sans que ceux-ci apprennent à avoir peur d’un État qui arme ses forces de l’ordre pour frapper les vieux, les enfants, les salariés.

 

Le spectacle qui nous était donné à voir, ce 12 octobre est inaceptable. Nous ne devons plus accepter l’inacceptable, mais repousser toute agression à notre intégrité, à notre dignité de citoyens nazairiens.

 

Mobilisons-nous tous, désormais chaque jour devant le palais de justice, le commissariat, la mairie. Exigeons de nos élus du peuple, pas des parkings, mais d’être protégés de cette maltraitance sur notre population.

 

Qui sème la misère récolte la colère.

 

Chômeuse rebelle nazairienne
Bellaciao, 14 octobre.

 

 

12 octobre : l'ordre règne à saintNazaire

 

Les mobiles repoussent les manifestants qui les assaillent de toutes part !

 

 La Bac ramasse tranquillement dans les petites rues en repoussant les témoins.

 

 Les mobiles veillent au grain devant le commissariat :
deux escadrons pour une petite centaine de manifestants !

 

 CODELIB, 13 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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