saint-Quentin (Aisne), les 11 et 12 octobre 2010

Publié le par la Rédaction

 

Manifs : Jusqu'ici, tout va bien…

 

Jusqu'ici tout va bien. Depuis ce jeudi, à la fin de chaque journée, c'est ce qu'on finissait par se dire tant bien que mal, en faisant le bilan. Certes, chaque manif avait amené son lot de dégradations diverses, d'agressions en tous genres, des policiers malmenés, caillassés, frappés, mais heureusement aucun blessé grave n'était à déplorer.

 

 

Couvrir des manifestations lycéennes, dans un pays comme la France, surtout en province dans une ville à la réputation plutôt calme, ne devrait pas être synonyme de craintes d'exercer son métier pour un journaliste.

 

Au-delà des traditionnels «sale pute !», il y a les menaces qui pèsent. Un courageux encagoulé qui vous fixe en passant le doigt sur sa gorge, l'un de ses camarades qui vous donne un coup sur l'arrière de la tête en passant, avec en prime un : «On te casse ta gueule de salope quand on veut.»

 

Soyons clairs, nous n'avons pas honte des écrits publiés dans ces colonnes. Ce n'est pas nous qui renversons les voitures, cassons les rétroviseurs. Pas nous qui blessons les policiers, qui nous en prenons aux automobilistes et riverains excédés de voir leurs biens dégradés par des jeunes.

 

Ces faits se sont produits et notre rôle, n'en déplaise à certains, étaient de les relater. Et puis, n'ayons pas peur des mots, cela s'apparente bel et bien à une émeute urbaine où l'ordre public est à deux doigts de flancher à chaque instant, dans un monde de non-droit où des gamins en quête de devenir, prennent tout ce qu'ils trouvent comme véritable défouloir.

 

Aux organisateurs et aux vrais militants lycéens, on rappellera juste le teasing de La Haine : «Jusqu'ici, tout va bien… Mais l'important ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage.»


Leur presse (Aurélie Beaussart, L'Union), 13 octobre 2010.

 

 

 

 

Saint-Quentin : Déjà quinze gardes à vue du côté des casseurs

 

Depuis le blocus du lycée Condorcet jeudi dernier et le début de la mobilisation lycéenne, la police n'a pas chômé dans l'Aisne. Au total, les forces de l'ordre ont procédé à 23 interpellations.

 

Les violences sont allées crescendo. Jeudi dernier, dans une totale surprise, le lycée Condorcet a lancé le début de la mobilisation lycéenne. Autour des jeunes communistes, les instigateurs du blocus de leur établissement, les lycéens ont voulu participer, à leur manière, à la réforme des retraites.

 

Parmi eux, se sont mêlés des casseurs, originaires pour la majorité du quartier Europe, où est situé le lycée Condorcet. Le premier jour a connu son flot d'échauffourées. Devant les grilles de l'établissement, les forces de l'ordre ont eu maille à partir avec des jeunes qui n'avaient qu'un seul but : en découdre.

 

Le résultat ne s'est pas fait attendre : lancer de bombes lacrymogènes et charges policières au menu de ce premier rendez-vous.

 

Des lycéens ont encadré leurs camarades

 

Le lendemain, vendredi, la tension est montée d'un cran : trois policiers, dont le commissaire principal, ont été blessés. Le drapeau tricolore de la mairie annexe du faubourg d'Isle, aurait été brûlé sur la place du 8 octobre, en centre ville.

 

Lundi, rebelotte, mais cette fois, la minorité de casseurs s'est attaquée aux voitures : deux lundi et quatre hier matin, tout cela sous les yeux de riverains particulièrement en colère. Les forces de l'ordre s'attendaient à un climat tendu lors de la manifestation d'hier après-midi, la première où les lycéens sont venus se greffer à leurs aînés.

 

En début d'après-midi, les policiers ont chargé une dizaine de jeunes, armés de barres de fer dans le quartier Europe. Depuis le début des échauffourées, les policiers ont procédé à 23 interpellations qui ont conduit à 15 gardes à vue, parmi lesquelles on ne compte que trois lycéens.

 

Et ce n'est que le début. Car, il n'est pas improbable que d'autres fauteurs de trouble viennent s'ajouter à la longue liste des interpellés. Outre les violences, beaucoup de dégradations ont été commises sur le mobilier urbain.

 

Le commissaire Boileau se félicite de l'encadrement de la manifestation par le service d'ordre de la CGT qui, en plus, «a réussi à canaliser les casseurs», ajoute-t-il.

 

Des lycéens «pacifistes» ont également encadré leurs camarades, identifiables grâce à leur brassard. Les gendarmes mobiles, appelés en renfort, pour parer à tout risque de débordements, n'ont pas eu à intervenir. Mais les policiers restent sur leurs gardes : des appels à manifester ont été lancés mercredi après-midi.

 

Leur presse (Guillaume Carré, Courrier Picard), 13 octobre.

 

 

 Manifs : Trois arrestations à Saint-Quentin

 

À Saint-Quentin, 5000 manifestants ont sillonné les rues.

 

Ils étaient un peu moins de 2000 à manifester pour la réforme des retraites, à Saint-Quentin, hier, ils furent 3000 selon la police et 5000 manifestants selon les syndicats à partir de la place Lafayette (place des Grenouilles), dès 17 heures et ont défilé dans les rues du centre-ville durant près de deux heures.

 

Un cortège très encadré. Malgré cela, trois lycéens ont été interpellés. Le premier avait été repéré comme meneur au cours des manifs lycéennes, il a été arrêté pour être entendu sur sa participation dans l'escalade de violences de ces derniers jours. Un autre lycéen a été arrêté alors qu'il dégradait des panneaux de signalisation. Le troisième venait de caillasser les journalistes et photographes présents.

 

Hier soir, le commissaire central David Boileau se félicitait des services d'ordre mis en place par les organisations syndicales qui ont permis de neutraliser sans débordements les trois fauteurs de trouble.

 

Parmi les 5000 personnes, à noter la présence de nombreux lycéens. Tous devant le cortège. Cette fois, parmi les slogans entendus, pas de «Sarko, on t'enc…», comme ces derniers jours lors des manifs lycéennes.

 

Mais sur les banderoles, on pouvait lire : «Pour Xavier et la droite, seul compte le fric, l'usure des salariés, on s'en fout.» Fin de la manif : vers 19 heures devant la place de l'Hôtel-de-Ville.

 

Leur presse (Aurélie Beaussart, L'Union), 13 octobre.

 

 

 Les casseurs bousculent les manifs lycéennes 

 

Deux voitures retournées, des rétroviseurs arrachés, des dizaines de poubelles renversées : le troisième rassemblement lycéen en moins d'une semaine a encore dégénéré hier. Ils ont annoncé qu'aujourd'hui [12 octobre], ce serait «chaud».

 

Un message revendicatif complètement noyé sous les dérives des casseurs. Il flottait hier un parfum de tension, naviguant entre des instants de calme et de tangage. La journée s'est achevée par l'intervention en force des policiers et quatre interpellations.

 

Jeudi et vendredi, le mouvement lycéen contre la réforme des retraites avait déjà tourné en eau de boudin. Hier dès 9 heures, une vague de jeunes s'est élancée du lycée Condorcet, le plus important de la ville, pour rejoindre d'autres établissements.

 

Devant le lycée Jean-Bouin, une première bagarre : un des jeunes, soupçonné de faire partie du mouvement skinhead, subit un flot de coups. La vague repart, retour au lycée Condorcet. Là, ils sont environ 300 à patienter devant la grille fermée. De longues minutes passent sans idée sur la suite à donner au mouvement. Un œuf vole. Un autre. Paroles entendues durant cette attente : «On va chez ma grand-mère, on rentre ; vendredi, c'était mieux ; Ma mère elle m'a dit : “Tu fais quoi aujourd'hui”, bah j'lui ai répondu : “Je manifeste”.» Un peu plus tard, un lycéen regrettera que l'on parle moins des retraites que des casseurs.

 

Après une demi-heure d'attente, le cortège d'un peu plus de 150 jeunes descend un grand boulevard. Des poubelles pleines volent sur la chaussée. Ulcérés, les riverains sortent à leurs portes et vocifèrent : «Petits bran…, petits c…». Une première voiture, une Twingo, est retournée rue Kennedy.

 

 

Quatre interpellés dont… un lycéen

 

Depuis la matinée, six rétroviseurs ont été cassés, au hasard. Les médiateurs de la Ville sont bien en peine de calmer la tempête. Quand intervient le premier incident. En centre ville, une camionnette est arrêtée net. Le conducteur, jeune, en sort, joint la parole insultante aux gestes violents.

 

Une première bagarre en précède une autre, entre lycéens, deux minutes plus tard. Durant tout ce temps, les policiers sont restés à distance pour ne pas envenimer davantage les esprits très chauds. À midi, sur la place de l'Hôtel-de-Ville, exceptés quelques insultes entre lycéens, le calme. Avant la houle violente de l'après-midi.

 

Ils sont un peu plus d'une centaine à remonter le boulevard qu'ils avaient descendu le matin. Encore une Twingo renversée. Un camion qui passe est lesté de jeunes qui grimpent dessus. Les gouttes d'eau de trop : les policiers casqués et en tenue de l'unité départementale d'intervention viennent d'être appelés. Pas téméraires, ceux que les adolescents appellent «les casseurs» fuient dans une rue perpendiculaire. Au jeu du chat et de la souris, le chat gagne.

 

Au terme de la journée, quatre jeunes sont interpellés dont un de 22 ans. Il portait un couteau et était recherché, car condamné par le passé à trois ans de prison. Il a pris la direction de la maison d'arrêt. Un seul des quatre interpellés était lycéen.

 

Leur presse (Cyril Raineau, Courrier Picard), 12 octobre.

 


 Manifs lycéennes : Nouveaux dérapages à Saint-Quentin

 

Les manifs des lycéens ont une nouvelle fois été émaillées d'incidents. Cinq jeunes ont été interpellés, l'un d'eux a été incarcéré.

 

 

Des cortèges moins fournis, environ 300 manifestants au plus fort de la journée mais des actes encore plus violents. Voilà comment on peut résumer la troisième journée de manifestation saint-quentinoise. Le début de matinée fut calme. Vers 11 heures, l'ambiance change au rond-point des quatre colonnes, Une Twingo est renversée.

 

Accrochage avec un conducteur

 

Rue des Etats généraux, un utilitaire bleu tente de se faufiler. «Les jeunes ont demandé au chauffeur de klaxonner mais il a refusé», explique un témoin. Un lycéen le provoque, l'insulte. Le conducteur sort. Et c'est l'émeute. «Y a une baston !» Les jeunes se précipitent. Deux camps se forment. Ils se frappent dessus. Les médiateurs de la ville s'interposent. Le conducteur, un membre de la communauté des gens du voyage remonte dans sa camionnette fait demi-tour et fonce droit sur la foule. Une voiture de police lui barre la route. Les policiers demandent au chauffeur de se calmer, aux jeunes de rentrer chez eux. Peine perdue, le cortège s'ébranle à nouveau.

 

Rue Raspail, un lycéen saint-quentinois de 17 ans lance une canette sur la façade d'un commerce. Une vitre se brise. Les policiers fondent sur lui. Il est emmené au commissariat.

 

14h30, les manifestants sont moins nombreux. Au niveau du cimetière Nord, le conducteur de la fourgonnette est revenu avec ses amis pour régler ses comptes. Les services de la ville dissuadent les jeunes d'aller à la bagarre.

 

Des bombes et des couteaux

 

Les gens du voyage s'enfuient dans le cimetière. Au même moment, rue Camille-Desmoulins, un homme de 22 ans porteur d'un couteau est intercepté par la police avant de rejoindre le cortège. Déjà condamné à trois ans de prison dans une autre affaire, il a été incarcéré dans l'après-midi.

 

15 heures. Place de l'hôtel de ville. Un petit groupe d'une vingtaine de perturbateurs jettent des bombes artisanales à base d'acide citrique et d'aluminium, entre autres sur les journalistes et sur d'autres lycéens.

 

16h20. Place des quatre-colonnes, une nouvelle twingo est renversée. Le cortège, qui ne comprend plus que 80 personnes, remonte l'avenue Pompidou. La moitié s'enfuit par la rue Alfred-Clin. «Ce sont les casseurs !», lâchent les lycéens. Les jeunes au visage en partie caché courent dans les petites rues, les policiers à leurs trousses. Certains tentent le tout pour le tout, sautent par-dessus les murets, se cachent dans un square ou même dans des habitations parfois occupées.

 

Bilan de la course-poursuite deux arrestations : le premier âgé de 14 ans et récemment expulsé d'un collège de Chauny, a été formellement reconnu comme ayant renversé la deuxième twingo. Il était en possession d'un cutter. Le second a 17 ans : scolarisé à Chauny, il a jeté des pierres sur les fourgons de l'unité départementale d'intervention. Enfin, vers 18h30, les policiers en faction devant Condorcet interpellent un mineur soupçonné d'un vol avec violences, commis lors des manifs de vendredi. Hier soir, les quatre jeunes étaient toujours en garde à vue. 

 

Leur presse (Aurélie Beaussart, L'Union), 12 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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A.D. 13/10/2010 16:05



"Ce n'est pas nous qui renversons les voitures, cassons les rétroviseurs.
Pas nous qui blessons les policiers, qui nous en prenons aux automobilistes et riverains excédés de voir leurs biens dégradés par des jeunes." Aurélie Beaussart,


 


C'est vrai, ils sont vilains ces jeunes violents, et vice-versa, et
machistes, quels bambins !


Pourtant tout est si pacifique partout, des gens si raisonnables s'occupent
gentiment de nous, et du monde : on voit le résultat, tout baigne -dans les boues rouges, la marée noire, le sang des guerres ?-


Des guerres, des boues, des marées noires sans aucune violence, ou
fatalement, quelques dérapages, sans plus.


Il devient évident que ces fayots, ces faire-valoir de médiatiques
finissent par se faire de la bile devant tant de violence GRATUITE, ils/elles sont associé(e)s du magasin général de l'exploitation en cours : surtout de pas déranger, chut,
chut,chut.