Révolte étudiante en Grande-Bretagne

Publié le par la Rédaction

 

Comptes-rendus préliminaires et images de Liverpool, Londres, Brighton et partout sur les évènements d'aujourd'hui [mercredi 24 novembre] SolFed (section britannique de l'AIT) est présente pour les protestations étudiantes contre les frais d'inscriptions.

 

 

 

Liverpool

 

Les estimations initiales supposaient une manif de milliers de personnes, qui ont bloqué Lime Street, en défilant rapidement avec une tentative de s'assoir dans Castle Street. Tandis que la plupart des observateurs sont d'accord sur le fait que la manif était pacifique, la police a sorti chevaux et chiens et des personnes rapportent des «tentatives d'intimidation». La manif a été largement arrêtée vers 13h mais est rapidement repartie pour atteindre la mairie à 13h30. Des centaines de personnes ont rempli l'intérieur du centre commercial Liverpool One et la manif s'est arrêtée aux alentours de 14h30.

 

Le premier rapport de dommages causés à des propriétés fut ceux de bus, attrapés au milieu de la foule en action, on a cité les conducteurs comme «amusés et qui soutenaient».

 

L'incident principal a vu des étudiant-e-s occuper la Guilde (le syndicat étudiant de Liverpool) à la dispertion de la manif, avec un renversement de l'histoire intéressant. Il semble en effet que beaucoup d'étudiants restent peu enthousiastes devant Aaron Porter (président du NUS, équivalent UNEF, et membre du Parti Travailliste) et consorts, censés les représenter au sein du NUS.

 

 

Londres

 

Des milliers de personnes supplémentaires par rapport à la dernière manif se sont rejointes pour défiler en centre-ville, «bruyament mais pacifiquement» selon les observateurs.

 

Malgré tout lorsque les manifestant-e-s tourbillonaient autour de Whitehall [le quartier des ministères, NDLR], nos militants apprirent que la police semblait préparer une «bouilloire», stratégie utilisée par le MET [metropolitan police : flics de Londres] pour restreindre et faire échouer les mouvements de protestation en créant un cordon qui se resserre petit à petit autour de la foule. La police a réussi à le mettre en place avec succès vers la mi-journée, avec seulement de rapides tentatives superficielles pour en sortir.

 

Malgré le rapport enthousiaste («à couper le souffle») d'un fourgon de police secoué, cet évènement  n'était pas représentatif du reste de la manif, et nos sources précisent que le fourgon fut abandonné «précisemment pour cette raison».

 

Au total, bien que des images aient montré quelques échaufourrées mineures, il ne semble y avoir eu que de très rares affrontements. Et tandis que la manif touchait à sa fin, on rapporta 15 arrestations et 8 blessés.

 

Les anarchistes sont toujours montré-e-s du doigt dès que des actes de violence surgissent (quelles abeilles vrombissantes nous semblons être dans l'esprit des médias).

 

Avec 800 flics réquisitionné-e-s pour la journée, les tactiques semblent être revenues au «style G20» [lors des manif contre le G20 en avril 2009], qui est devenu la tradition de MET depuis quelques années.

 

 

Brighton

 

La ville a été le témoin d'une manif énergique se rassemblant à Dyke Road, avec des manifestants de 12-13 ans pour les plus jeunes.

 

Le nombre de participants est difficile à évaluer, mais les chiffres définitifs de la police annoncent environ 3000 personnes.

 

Vers 15h30, on pouvait noter que «Les discours étaient largement ignorés, et plus de la moitié de la foule partait en manif sauvage. Les flics ont été lourdement dépassés en nombre.» La manif touchant à sa fin, beaucoup se rendirent à la mairie, où la police repoussa la foule qui voulait prendre d'assaut le bâtiment. Par la suite un magasin Vodafone fut rapidement occupé et un magasin Poundland («Tout à une livre») fut pillé avant qu'environ 400 étudiants ne tentèrent de prendre d'assaut le poste de police central avant d'être repoussés par la police anti-émeute.

 

Une occupation de la fac de Brighton a résisté aux assauts de la police anti-émeutes qui voulait en expulser les occupants, qui sont restés  pour l'occuper toute la nuit.

 

Le plus spectaculaire reste cependant ce qui se produisit à la fin de la manif officielle : des étudiants cassant «leur» local syndical alors que beaucoup de flics étaient mobilisés. Il semble que la police a été totalement surpassée, avec manifs sauvages qui ont vu le magasin Vodafone brievement occupé, 400-500 personnes tenant la grande Western Road et des affrontements continus à la mairie… L'inspecteur de police divisionnaire Taylor remarqua : «Pas d'autres arrestations à part une survenue plus tôt, pour trouble à l'ordre public».

 

Alors que la frustration policière augmente, il y a une anecdote sur Twitter racontant qu'un étudiant en uniforme de son lycée s'est fait tabassé par un flic à Priory House. Le soir approchant, nous apprenons que le magasin  Poundland a été envahi, les transports publics arrêtés, et que les flics se sont remis à la «bouilloire» à Western Road.

 

 

Manchester

 

Un adhérent de Norwest rapporte : «Grosse manif encore à Manchester, environ 700 personnes. Mais une encore mieux à Bury, sur la route, les flics annoncent 1200. Pas d'arrestations.»

 

 

Leeds

 

À Leeds, les manifestants occupent la fac, et sont sur le toit.

 

 

Traduit de l'anglais - Actualité de l'anarcho-syndicalisme
en France et dans le Monde, 30 novembre 2010.

 


Publié dans Éducation

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