Révolte à Oman - 28 février

Publié le par la Rédaction

Oman : nouvelles violences dans le deuxième port du pays, accès bloqué

 

De nouveaux affrontements ont éclaté lundi dans la ville de Sohar à Oman entre police et manifestants qui dénoncent la corruption du régime, des protestataires bloquant l'entrée du port, le deuxième de ce sultanat du Golfe.

 

 

Ces violences marquent le troisième jour de forte tension dans cette ville à 200 km de la capitale Mascate, qui abrite des installations industrielles et une grande raffinerie. Dimanche, un manifestant au moins a été tué au cours d'échauffourées avec la police.

 

Les manifestants réclamaient jusqu'à présent une amélioration des conditions d'emploi, mais lundi ils ont commencé à s'en prendre au régime du sultan Qabous, qui règne depuis 40 ans, mais est considéré comme un souverain modéré et attentif aux préoccupations de ses sujets.

 

Des slogans exigeaient que les ministres accusés de corruption soient jugés et limogés, et demandaient également l'abolition d'impôts et de taxes.

 

Le sultanat d'Oman occupe une position stratégique à l'embouchure du Golfe, et partage des frontières avec le royaume d'Arabie saoudite, et avec le Yémen, où le régime du président Ali Abdallah Saleh est contesté dans la rue depuis plus d'un mois.

 

Dans le centre de la ville de Sohar, dont la population est estimée à 50.000 habitants, des manifestants s'en sont pris à un poste de police et les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser.

 

D'autres groupes de manifestants ont bloqué l'accès routier du port de Sohar, à une vingtaine de km du centre de la ville.

 

Aucune force de police n'était visible mais un hélicoptère a survolé les manifestations. Les protestataires ont formé des «comités populaires» pour organiser le ravitaillement et la protection des manifestants.

 

Les manifestants ont annoncé leur intention de poursuivre leur action jusqu'à «la satisfaction de leurs demandes».

 

Dimanche, une source au sein des services de sécurité avait indiqué à l'AFP que deux personnes avaient été tuées et cinq blessées lorsque les forces de l'ordre avaient repoussé une attaque de manifestants contre un poste de police à Sohar. Mais lundi, le gouvernement a fait état d'un seul mort.

 

Selon un photographe de l'AFP, les manifestants ont passé la nuit sur la place de Sohar qu'ils ne veulent pas quitter. Ils ont résisté dimanche à une tentative de la police de les éloigner du rond-point qui commande la route reliant la ville à Mascate.

 

Dimanche comme samedi, le sultan Qabous a annoncé des mesures sociales, pour apaiser les tensions dans son pays qui contrôle la sécurité du détroit d'Ormuz, par où transite 40% du pétrole exporté par voie maritime dans le monde.

 

Il a ordonné le versement d'allocations mensuelles de 150 rials (390 dollars) à tout chômeur inscrit en quête d'un emploi, et la création de 50.000 emplois.

 

Le sultan a aussi donné l'ordre de créer un comité ministériel pour proposer plus de pouvoirs au conseil consultatif de 83 membres qui conseille le gouvernement sur les questions sociales et économiques.

 

En fait, la contestation sociale a commencé dans le sultanat à la mi-janvier avec une première manifestation de quelque 200 personnes demandant des emplois et des prestations sociales.

 

Oman, sultanat pétrolier, avec une population de près de trois millions de personnes, dont 20% d'étrangers, est relativement prospère mais le chômage touche une partie de la jeunesse qui a été massivement scolarisée.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 28 février 2011.

 

 

Oman : le deuxième port du pays bloqué

 

Plusieurs centaines de manifestants ont bloqué ce matin l'accès routier du port de Sohar, le deuxième d'Oman, interdisant l'entrée et la sortie de camions, selon un photographe de l'AFP sur place. Des heurts ont éclaté.

 

 

Les manifestants, entre 700 et 800 personnes, ont saisi plusieurs camions avec lesquels ils ont bloqué l'entrée du port, à 200 km au nord de Mascate, la capitale du sultanat connu pour sa stabilité. Le port est à une vingtaine de kilomètres du centre de la ville, où des protestataires, qui organisent depuis samedi un sit-in, ont affronté dimanche la police dans des échauffourées qui ont fait au moins un mort.

 

Les manifestants demandent «le jugement de tous les ministres» pour corruption, «la suppression de tous les impôts et taxes sur les soins de santé et sur l'enregistrement des terrains offerts par l'État». Ils ont annoncé leur intention de poursuivre leur action jusqu'à «la satisfaction de leurs demandes».

 

La police était absente. Un hélicoptère survole le rassemblement qui a formé des «comités populaires», l'un pour le ravitaillement des manifestants et l'autre pour les protéger.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 28 février.

 

 

À Oman, des manifestants campent sur une place de Sohar

 

Des manifestants omanais, demandant des emplois et des réformes, campaient lundi sur une place de Sohar, à 200 km au nord de Mascate, où ils ont passé la nuit, au lendemain de heurts avec la police qui ont fait deux morts, selon un photographe de l'AFP sur place.

 

 

Selon les manifestants, qui ont dressé des barricades sur des routes de cette ville industrielle, les heurts ont fait cinq morts mais ce bilan n'a été confirmé ni de source officielle ni de source médicale.

 

Ils ont également incendié un centre commercial proche de la place où ils campent, le rond-point de la Terre, rebaptisé rond-point de la Réforme par les manifestants.

 

Les manifestants disent être sur place depuis samedi. Ils ont résisté dimanche à une tentative de la police de les éloigner du rond-point qui commande la route reliant la ville à Mascate.

 

«Mon frère a été tué d'une balle réelle», a affirmé à l'AFP, Mohammed Ali Mohammed. «Mon frère n'a pas participé à la manifestation. Il a été atteint alors qu'il se tenait sur le trottoir», a-t-il ajouté.

 

«Nous n'allons pas réceptionner son corps avant de savoir comment il a été tué et par qui et de punir celui qui l'a tué», a-t-il encore dit.

 

 

Le gouvernement omanais a affirmé de son côté qu'il y avait eu un seul mort dans les troubles qui se sont produits dimanche dans la ville industrielle de Sohar, à 200 km au nord de Mascate.

 

«Il n'y a qu'un seul mort dans ces évènements», a déclaré une source gouvernementale, citée par l'agence officielle Ona. «Toutes les informations (faisant état de plus de victimes) sont exagérées dénuées de tout fondement.»

 

Des affrontements entre la police et des manifestants ont fait au moins deux morts dimanche à Sohar, lors des premières violences de ce genre à Oman, sultanat stratégique à l'embouchure du Golfe, selon des sources des services de sécurité. Cinq personnes ont également été blessées dans ces violences.

 

Dimanche comme samedi, le sultan Qabous a annoncé des mesures sociales, pour apaiser les tensions dans son pays qui contrôle la sécurité du détroit d'Ormuz, par où transite 40% du pétrole exporté par voie maritime dans le monde. 

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 28 février.

 

 

La révolte sociale fait six morts à Oman et se poursuit

 

Des Omanais réclamant plus d'emplois et d'argent continuent de s'opposer au pouvoir lundi à Sohar, première ville industrielle du sultanat, au lendemain d'affrontements meurtriers avec la police.

 

Contrairement à la veille, lorsque la police a fait six morts, selon un docteur, en tirant sur la foule avec des balles de caoutchouc, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues lundi matin.

 

Des centaines de personnes bloquaient l'entrée de la zone industrielle dans la ville de Sohar, dans le nord de ce petit pays du Golfe. Cette zone contient un port et une raffinerie.

 

«Nous voulons que l'argent du pétrole soit réparti équitablement dans la population», a lancé un opposant dans un porte-voix. «Nous voulons moins d'expatriés à Oman pour que davantage d'emplois soient créés pour les Omanais», a-t-il ajouté.

 

Un supermarché était en flammes et pillé, selon des témoins. La veille, des manifestants ont mis le feu à deux bâtiments gouvernementaux et à un commissariat après avoir libéré les détenus.

 

 

La révolte de Sohar est inhabituelle dans ce pays bien calme, où les partis politiques sont interdits et où le sultan Kabous ben Saïd est au pouvoir depuis quatre décennies.

 

Dimanche, d'autres manifestations ont eu lieu à Salalah, dans le sud du sultanat, où des opposants au pouvoir campaient près du bureau du gouverneur provincial.

 

Sur une statue de la place principale de Sohar, des graffitis disent «Les gens ont faim» et «Non à l'oppression du peuple».

 

«Il n'y a pas d'emploi, pas de liberté d'expression», a dit Ali al Mazroui, chômeur âgé de 30 ans. «Les gens en ont marre et veulent de l'argent. Ils veulent mettre fin à la corruption.»

 

Le gouvernement omanais a promis dimanche de créer 50.000 postes dans la fonction publique et de donner 390 dollars par mois aux chômeurs.

 

La veille, il a procédé à un remaniement, une semaine après les premières manifestations à Mascate, la capitale, et fait un premier pas vers des réformes politiques.

 

La plupart des pays du Golfe, confrontés aux mêmes révoltes que les dirigeants d'Afrique du Nord, ont utilisé la manne pétrolière pour mettre un terme à la contestation.

 

Oman, qui entretient de forts liens militaires et politiques avec les États-Unis, n'est pas membre de l'Opep et extrait environ 850.000 barils par jour.

 

Leur presse (Reuters), 28 février.

 


Publié dans Internationalisme

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