Retenus de Marseille : CR de la journée de jeudi 17-03-11 à Nîmes

Publié le par la Rédaction

 

À 9h30, dix des retenus transférés du CRA de Marseille suite à l'incendie, étaient convoqués au tribunal de Nîmes pour l'appel sur leur maintien en rétention décidé par le JLD mardi 15 mars.

 

Lorsque le juge arrive, les retenus ne sont toujours pas là. Le représentant de la préfecture indique que leur transfert vers la tribunal a été retardé par un «léger début d'incendie» au CRA de Nîmes. (Nous n'avons pas d'infos plus précises à ce sujet.) Rapidement, la PAF arrive mais avec seulement cinq des dix retenus. On apprend que tôt ce matin quatre sont sortis du centre pour être expulsés [On apprendra également plus tard, qu'au moins un d'entre eux, emmené à Marignane, s'est opposé à son embarquement. Il n'a donc pas été expulsé ce jour-là.], et qu'un cinquième, qui lui devait bien être emmené au tribunal, a refusé de sortir du centre de peur d'être lui aussi expulsé. Malgré tout, l'ensemble des dossiers seront traités.

 

La défense des avocats porte à nouveau sur les conditions de transfert, qui ne respectaient pas le «droit des personnes». Pas d'accès aux soins, aux avocats, aux téléphones, pas de traducteur et beaucoup avec très peu d'habits. Les mêmes conditions qui dans de nombreux autres cas de transferts collectifs (Bonifacio, occupants de la «jungle» de Calais, retenus de l'incendie de Vincennes, retenus de Marseille suite à la fermeture du Canet pour légionellose), avaient permis à nombre de retenus d'être libérés. Malgré ces nombreux antécédents faisant jurisprudence, l'ensemble des appels seront rejetés et les retenus maintenus en rétention.

 

Il est à noter que lundi matin, le même juge avait jugé un autre retenu et décidé de sa remise en liberté, pourtant lui aussi transféré du Canet, donc la même affaire, et avec en face les mêmes arguments de défense.

 

Nous manquons d'éléments pour donner des chiffres, mais il est certain que sur l'ensemble des retenus transférés lors de l'incendie du Canet, très peu auront été libérés. Un avocat, très maladroit, disait dans sa plaidoirie lors de l'audience de mardi : «Nous comprenons que la préfecture ne veut pas que le fait d'incendier un centre de rétention devienne un moyen pour les retenus d'obtenir leur libération...» Il semble que cette fois-ci, c'est le message que la justice a fermement décidé de faire passer. 

 

Infos Anti-autoritaires en Cévennes
à l'Assaut des Montagnes !, 18 mars 2011.

 


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Lisa65 19/03/2011 02:17


Un avocat "très maladroit"? Vraiment? Qu'en savez vous?