Résister n'est pas un crime : Du Chili où le fantôme de Pinochet maintient le joug

Publié le par la Rédaction

 

Déclaration publique des camarades chiliens victimes d'une dictature approuvée par l'Empire

 

Le 14 août 2010, un important contingent de fonctionnaires de la police d’investigations et différentes brigades des carabiniers du Chili ont mené des raids dans 17 maisons à Santiago et Valparaiso. Lors de ces raids, 14 personnes ont été arrêtées ; à ce jour elles sont toujours en prison ou en liberté conditionnelle. Plusieurs d'entre elles, en détention préventive, ont entamé leur 24e jour de grève de la faim contre les vices de procédure judiciaire qui les maintiennent incarcérées.

 

Cette situation s'inscrit dans le cadre de la décision du procureur Alejandro Peña de provoquer un effet sur le public, en faisant paraître les jeunes détenus et les familles visées par les raids comme «terroristes», en se basant et se prévalant de la loi anti-terroriste actuellement en vigueur dans le pays, créée sous la dictature, mise en place et perfectionnée par les gouvernements de la concertation (coalition des gouvernements de l’après Pinochet).

 

 

 

 

Six mois ont passé depuis les arrestations, mais toujours aucune preuve ne démontre que des explosifs ont été placés par les détenus, alors que c’est la principale accusation soutenue par le procureur Peña.

 

Ces raids furent extrêmement violents. Entrant dans les foyers en détruisant les portes, des policiers armés, utilisant des caméras vidéo, violèrent l’intimité et menacèrent les personnes qui étaient là, sans se soucier de la présence d’enfants et de femmes enceintes. Il y eut aussi des menaces qui rappelaient la récente dictature militaire comme : «Reste tranquille, parce que sinon tu sais ce qu’il t’arrivera…» Même les chambres des enfants ont été forcées afin de contrôler leurs biens, emporter leurs photos et leurs jouets, avec une permanence de 4 à 7 agents dans chaque maison, durant des heures. Il est important de mentionner que, ce jour-là, les maisons des proches membres de la famille ont aussi fait partie de la procédure. Ils se sont emparés de divers effets tels que ordinateurs, appareils photo, imprimantes, scanners, des vélos et des vêtements, qui jusqu'à présent n’ont pas été restitués. Tandis que les portes abattues et les dommages aux bâtiments n'ont pas été réparés par ceux qui les ont occasionnés.

 

 

Depuis ce jour du 14 août, parents et amis de ceux qui ont souffert des raids ont été victimes de surveillance policière, écoutes téléphoniques et interception du courrier électronique, et même leurs téléphones mobiles sont mystérieusement rechargés afin de garder le contact avec leur monde relationnel.

 

Souvent par le biais de la presse officielle, des articles annoncent que plus de gens seront arrêtés, et les réseaux les plus proches commencent à se demander «Est-ce mon tour cette fois de vivre la prison ?» On ne sait pas d’où proviennent ces rumeurs, mais nous savons certainement ce qui se cache derrière elles : essayer de paralyser, immobiliser et isoler ces groupes de personnes.

 

Le gouvernement a choisi son camp, laissant agir en toute impunité la police et les procureurs, qui dans le cas du procureur Peña, l’a élevé à un rang de pouvoir absolu, décidant de la liberté ou l'emprisonnement des personnes pour le seul fait d’avoir manifesté pour des causes sociales estudiantines, mapuche, habitations… Ces personnes ont été punies par la puissance du système.

 

Le pire, c’est que peu importe si la personne est coupable ou non, le message est de montrer à la société l’efficience et lefficacité de la lutte contre ce quils considèrent comme des actes terroristes. Ce discours est bien connu.

 

Cest pourquoi des proches des détenus du 14 août dernier, avec des gens qui ont subi des violations de domicile ce jour-là, et des organisations des droits humains font appel au pouvoir judiciaire pour que ces faits soient étudiés, étant donné qu’ils constituent un usage abusif de la force, de manière réitérée, appliqué contre un groupe spécifique de population, et que le procès qui se déroule en ce moment à lencontre de ces jeunes respecte et garantisse une procédure régulière. Il est inadmissible que, dans un état de droit, pèse sur eux ce niveau de harcèlement, de persécution, dintimidation et de discrimination.

 

Santiago, lundi 14 mars 2011.
Indymedia Bruxelles. 

 


Commenter cet article