Répression montpelliéraine - 18-20 novembre

Publié le par la Rédaction

Infos répressions…

 

Deux personnes du mouvement sont convoquées lundi 22 novembre à 10h30 au commissariat central de Montpellier pour «audition». Il s'agit certainement de la plainte déposée par l'administration.

 

Pour l'instant pas de nouvelle pour les cinq autres plaintes. Évidemment cette audition pourra se transformer en garde à vue, ils en sont conscients.

 

Par ailleurs :

— L'un des deux interpellés lors de la manif de nuit, est finalement sorti après avoir refusé ADN et comparution immédiate (le premier était sorti à l'issue de la garde à vue sans chef d'inculpation). Son procès aura lieu le 17 décembre, chef d'inculpation : violence contre agents dépositaires de la force publique dont une ayant entraîné une ITT de moins de 8 jours. 
— Lundi distribution de tracts et petit dej à la fac contre la répression, à partir de 8-9h, 
— Mardi 8-9h distribution de tract et petit dej + AG 12h et action prévue à 15h.

 

Comité de mob (contact), 20 novembre 2010.

 

 

Répression montpelliéraine


Il y a deux semaines, l'AG étudiante de l'UM3 a voté le blocage du CA de l'université afin de protester contre une administration qui se positionnait clairement contre le mouvement en cours (refus de l'occupation de nuit avec envoi de la police notamment).
Suite à cette action qui a légèrement dérapé, sept personnes furent accusées au niveau de la fac (conseil de discipline) et au niveau du pénal (vol, coups et blessures, dégradations…). 
Quatre personnes s'en sont sorties, une cinquième a une situation encore un peu floue, et deux autres risquent clairement l'expulsion de la faculté. L'une d'entre elles est étrangère et sa résidence sur le territoire français dépend de son inscription à la fac, autrement dit, si elle est expulsée de l'université, elle risque également de l'être de France.

 

La répression de la fac est purement politique et vindicative puisqu'elle a porté plainte, entre autres, contre des personnes qui n'étaient même pas présentes lors du blocage du CA. Ces gens sont connus pour avoir participé à plusieurs reprises aux mouvements étudiants et l'administration a simplement saisi l'occasion de faire tomber ces empêcheurs de tourner en rond.

 

Plusieurs rassemblements de soutien ont été organisés sur le campus, avec notamment une action le 16 novembre consistant à simuler une «chasse aux sorcières» où les étudiants accusés passaient pour des hérétiques sur lesquels il fallait passer notre rage.

 

Sur l'UM2, la présidence s'est évidemment postée à l'encontre du mouvement, adoptant un comportement hypocrite (je vous laisse l'amphi, j'y mets des cours, je vous rends l'amphi, je le reprends, je vous soutiens, je menace d'envoyer les flics et ainsi de suite). Un petit rassemblement a été organisé pour une action éclair où boules puantes et confettis ont sali une bien jolie moquette et une banderole avec l'inscription «À trop réprimer les révolutions pacifistes, on obtient des révolutions violentes» (oui, c'est Kennedy qui l'a dit, mais on s'en fout).

 

Hier [17 novembre] a été organisée une deuxième manifestation aux flambeaux, avec une cinquantaine de personnes venant de l'université, des lycées et des travailleurs. Ce petit nombre nous a prouvé qu'ici en tout cas il ne fallait plus espérer un mouvement d'ampleur, et se concentrer sur des choses plus abordables. Néanmoins, malgré la pluie fine et le froid, nous avons défilé pendant une bonne heure et demi en diffusant ce tract au passage :

No pasarán ! 
La contestation des derniers mois n’a pas été écoutée par nos dirigeants. La privatisation de la France se poursuit malgré les luttes menées dans tout le territoire. Il est nécessaire de ne plus se laisser écraser par cet État qui nous isole et nous divise pour mieux enrichir toujours la même tranche de la population. 
Face à la corruption et aux cadeaux fait par l’État au patronat, il est de notre devoir de nous unir et de faire respecter nos exigences. 
Poussée sécuritaire, stigmatisations ethniques, contrôle des médias, surveillance des journalistes, couvre-feu légal sur ordre des préfets, véhicules blindés et armes lourdes face à des manifestants où est la Liberté ? 
Retraites dirigées vers la capitalisation, délation organisée, culture de l’individualisation, où est la Fraternité ? 
Bouclier fiscal, future suppression de l’ISF, suppression du RSA pour les moins de 25 ans, c’est ça l’Égalité ? 
Les combats à mener sont nombreux, les choses n’ont jamais changé en restant chez soi, ne vous laissez pas abattre. 
Se résigner tue, attendre 2012 c’est marcher vers l’abattoir. 
Rejoignez le mouvement, continuez la lutte, n’abandonnez rien !

 

Ça nous a permis de voir qu'il y a toujours un soutien certain au mouvement, et toujours cet immobilisme meurtrier accompagné d'une délégation de la lutte («ContinuEZ, c'est bien ce que VOUS faites…).

 

Sur un plan beaucoup moins drôle, après la manif il y a eu deux arrestations, on a très peu d'infos mais il y a de fortes chances que ce soit pour «outrage et rébellion», donc rien de bon… On n'a pour le moment aucune nouvelle des deux inculpés qui sont en garde à vue depuis bientôt vingt quatre heures.

 

Dernière information : Un squat a été ouvert aux Arceaux la semaine dernière. Lieu où se retrouver pour discuter, échanger et monter des actions ou des ateliers sur divers thèmes. L'électricité a été coupée pour la deuxième fois hier et le propriétaire est très menaçant, il dit refuser de faire appel à la Justice et déloger les occupants par la force avec ses potes… Il est à l'angle de la rue Marcel de Serres, n'hésitez pas à y passer !

 

Bonne chance et bon courage à tous ceux qui portent encore en leur cœur l'espoir d'un monde nouveau. 

 

Jeudi 18 novembre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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