Rentrée des classes... de la police, dans les lycées du Val-de-Marne

Publié le par la Rédaction

Val-de-Marne : Des policiers font leur rentrée dans les lycées 

 

Quatre établissements réputés difficiles accueilleront les permanences d’un policier en tenue. Une nouveauté diversement appréciée.

 

C’est une des nouveautés de la rentrée. Et elle fait déjà jaser. D’ici à quelques jours, des policiers en tenue auront un bureau à l’intérieur d’établissements scolaires réputés difficiles. Une mesure décidée par Luc Chatel, le ministre de l’Éducation. Quatre lycées ont été sélectionnés dans le département : François-Arago à Villeneuve-Saint-Georges, Édouard-Branly à Créteil, Armand-Guillaumin à Orly et Champlain à Chennevières.

 

Selon le ministère, ces fonctionnaires tiendront des permanences. Leur mission n’a toutefois pas été clairement définie. Elle consistera en priorité à effectuer un travail de prévention auprès des élèves.

 

Les proviseurs paraissent pris de court

 

«Si c’est ça, pourquoi pas ? Le problème, c’est que, malgré nos demandes, nous n’avons jamais été consultés sur les critères retenus pour choisir ces établissements, ni sur le rôle de ces fonctionnaires», peste Daniel Guérin, élu MRC représentant la Région au conseil d’administration de Guillaumin. Censés organiser la venue de ces agents, les proviseurs paraissent aussi pris de court : «Le policier sera présent dans l’établissement une demi-journée par semaine. Je pense que je vais le faire travailler avec notre assistant d’éducation en charge du volet prévention depuis trois ans», avance José Rémy, proviseur à Champlain.

 

Les syndicats de policiers sont, eux, dubitatifs. «Je ne vois pas comment nous allons pouvoir assurer des missions supplémentaires alors que nous subissons déjà une baisse des effectifs», s’interroge Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d’Alliance. Dans les établissements concernés, la mesure est diversement appréciée. «Cela me paraît être une bonne chose, juge un enseignant d’Edouard-Branly. Les contacts seront peut-être plus faciles entre le lycée et la police. Nous avions déjà un policier référent. Toutefois, lorsqu’on le sollicitait, il était souvent débordé car il était responsable de plusieurs établissements et devait se charger de cette mission en plus de son travail.»

 

Un de ses collègues, membre du conseil d’administration, apprend la nouvelle. «Je constate que moins on a de surveillants dans les lycées, plus on parle de faire appel à la police pour régler les problèmes. Par ailleurs, les phénomènes de violences apparaissent plus aux abords du lycée que dans l’établissement», ajoute Didier Sablic, professeur de sport.

 

Du côté du Snes 94, principal syndicat d’enseignants dans le second degré, on parle volontiers de «démagogie». «C’est toujours un peu gênant de voir que cette mesure s’appliquera, en majorité, dans des lycées professionnels, explique Jean-Michel Harvier, secrétaire départemental adjoint. On stigmatise ces établissements en faisant croire qu’ils auraient plus besoin que les autres de ces correspondants de police.» Étrangement, Darius-Milhaud où un élève a été poignardé, et Adolphe-Chérioux, où les violences ont fait la Une des journaux, ne figurent pas dans la liste. 

 

Leur presse (Christine Mateus
et Joffrey Vovos, Le Parisien), 1er septembre 2010.

 


Commenter cet article