Reims, Tours, Poitiers - Répression : 4 jours d’exception ! Ne les ratez pas ! 13, 15, 16, 17 septembre

Publié le par la Rédaction

L e 13 à Reims un camarade de l’OCL, membre du comité de soutien aux jeunes interpellés lors d’une manifestation anti-Fillon, passera en procès pour «outrages commis à l’encontre de policiers lors de manifestations publiques».

 

Le 14 : rien !

 

Le 15 à Reims toujours, épilogue judiciaire de l’affaire des jeunes interpellés lors de la venue de Fillon

 

Le 16 à Tours : procès de quatre camarades poursuivis pour «diffamation publique» contre l’administration préfectorale (comparaison avec Vichy).

 

Le 17 à Poitiers procès d’un jeune poursuivi «pour avoir frauduleusement soustrait» un p’tit casse-dalle, et qui le revendique (voir son texte ci dessous).

 

Trois procès, une seule cause ! Solidarité !

 

À Reims, un cas de harcèlement policier manifeste !

 

Ce lundi 13 septembre, un camarade de l’Egregore (le groupe rémois de l’OCL) se voit convoquer devant la justice pour répondre de deux accusations d’«outrage» contre des forces de l’ordre.

 

Pour comprendre le fond de cette affaire, il est nécessaire de saisir le climat qui règne depuis maintenant deux ans dans notre ville. Comme partout ailleurs, les luttes des dernières années (luttes des lycéens contre le CPE, la LRU…) ont laissé des traces : des rencontres et des échanges ont eu lieu, et un petit groupe de personnes majoritairement jeunes et de sensibilité anarchiste s’est constitué.

 

À l’image de ce qui se passe actuellement dans d’autres villes, (Poitiers, Tours…), ces personnes ont dû affronter la répression. Celle de la justice de classe, en subissant des procédures judiciaires (outrage, rébellion…) ; celle de la police, qui se comporte de plus en plus comme une bande de cow-boys prêts à en découdre. C’est ce dernier point qui est le plus inquiétant, car si la police a toujours été présente dans l’espace public, la pression des flics dans les cortèges des manifestations s’est faite ces derniers mois de plus en plus forte, tant du point de vue politique (la DCRI, ex-RG), avec des prises de photos systématiques, que du point de vue effectif (on serait tenté de dire militaire), avec des BAC qui multiplient les provocations.

 

C’est dans ce contexte que le camarade se voit reprocher des faits censés s’être déroulés au cours de deux manifestations publiques : l’une en solidarité avec des lycéens interpellés pendant une manif de protestation, lors de la venue des ministres Fillon, Pécresse et Châtel dans un lycée de la ville ; l’autre pendant la parade syndicale du 24 juin contre la réforme des retraites.

 

Les conditions des interpellations – à l’issue de l’émission de radio de l’Egregore à laquelle il participe, ou dans des endroits où il a ses habitudes – ne laissent aucun doute sur la nature du message délivré : il s’agit de décourager, impressionner et faire peur. La méthode est classique et bien connue.

 

C’est donc un procès qui dépasse largement le cas individuel de notre camarade.

 

L’enjeu est ici double : il faut développer une solidarité réelle et concrète sur des bases claires et fortes (c’est-à-dire en refusant l’«innocentisme» et en plaçant le problème sur un plan politique), pour remporter une victoire certes locale mais significative ; et refuser la stratégie de la peur en signifiant que la tactique policière n’a pas de prise sur nous – la rue nous appartient ici, maintenant et pour toujours !

 

Plus que jamais, face à l’État policier, notre arme c’est la solidarité.

 

Egregore

 

 

TOURS

 

Le 16 septembre 2010 à 13h30 se tiendra au Tribunal correctionnel de Tours le procès des quatre militant e s tourangeaux, Jean Christophe BERRIER & Muriel EL KOLLI du collectif Soif d’utopieS et Chantal BEAUCHAMP & Abd El Kader AIT MOHAMED du RESF 37 poursuivi-e-s par Brice Hortefeux pour «diffamation publique» contre l’administration préfectorale. Pour informer et faire circuler les informations concernant la mobilisation et les initiatives qui se mettent en place nous avons décidé d’adresser à l’ensemble des signataires de la pétition en ligne cette lettre infos.

 

Cette publication permettra, comme nous l’espérons, d’amplifier la mobilisation et de fournir les informations utiles à celles et ceux qui soutiennent les 4 prévenu-e-s de Tours.

 

Merci de faire circuler cette lettre dans vos réseaux et pour plus d’informations.

 

Relaxe pour les 4 de Tours. Déboutons Hortefeux !

 

 

POITIERS

 

«Qu’est ce que la propriété privée ? C’est le vol !»

 

Qui n’a jamais rien volé ? Qui n’aspire pas à la gratuité de l’alimentation et de la vie ? Qui tiraillé par la faim n’est pas exacerbé en passant devant Monoprix ? Qui ne trouve pas scandaleux que l’on soit convoqué en justice pour avoir pris un casse-croûte sans payer dans une grande surface ?

 

C’est malheureusement le lot commun de cette société basée sur la sacro-sainte propriété privée. S’il y a bien une valeur à défendre bec et ongle pour le capitalisme, c’est celle-ci. Le vol aussi ridicule soit-il est un crime et une attaque, d’un point de vue matériel et moral. C’est un comportement hors de la norme sociale qui potentiellement menace la rentabilité puisqu’il prend le parti de la gratuité. Quoi ? C’est la crise ? Et alors ? Profitons-en pour l’aggraver, nous ne sommes pas du côté des tenants de ce monde ! Ce qui apparaît là est une guerre économique, une guerre de basse intensité à toutes celles et ceux qui ne se résigne pas à crever dans la misère. Ce n’est donc pas une surprise de passer entre les mains sales d’un palais d’injustice pour une miette d’un soir à grignoter.

 

Il ne s’agit pas là de faire passer le vol comme une fin en soi mais il n’en n’est pas moins un moyen comme un autre. Un moyen de subsistance, de moins ou pas cramer d’argent, de se réapproprier nombreuses marchandises obtenues par l’exploitation salariale, de moins filer d’argent aux multinationales qui nous pourrissent. Et un moyen aussi de risquer de se faire attraper et de se retrouver dans ce genre de situation, si on n’a pas l’énergie que cela nécessite ou si on le fait en se disant «j’en ai rien à foutre d’me faire coincer».

 

Mais ce n’est pas pour autant qu’on rentrera dans leur norme du bon citoyen modèle car c’est un rapport de classe qui s’instaure qu’on le veuille ou non et par conséquent conflictuel.

 

Ne lâchons pas l’affaire, persistons et ne perdons pas de vue nos objectifs de liberté, combattons nos peurs qui nous enferme.

 

Pour une délinquance de lutte !

Désobéissance incivile !

«Le droit de vivre ne se mendit pas, il se vole à l’oppresseur !»

 

Le 17/09 à 10h00 devant le TGI de Poitiers «pour avoir frauduleusement soustrait» un p’ti cass-dalle.

 

Courriel, 12 septembre 2010.

 

 

Quand Sarkozy pète un coup ça pue la xénophobie

 

À Tours quatre personnes membres de RESF et du collectif Soif-d'Utopie sont poursuivies pour diffamation, pour avoir fait un parallèle entre les méthodes de la police sous le régime de Vichy pour la traque des juifs et celle que l'on utilise de nos jours pour la traque des sans-papiers. Ils sont accusés d'avoir dénoncé dans un communiqué intitulé "les baleiniers" les méthodes utilisés par la police pour arrêter les parents sans-papiers : à savoir exercer des pressions sur les directeurs d'écoles pour avoir des informations sur la nationalité des parents, information contenues dans le fichier Base élève.

 

La réaction outragé du ministre de l'Intérieur et des préfets qui ont porté plainte peut prêter à sourire pour un bon nombre de motifs, ils se disent insultés quand on les compare aux fonctionnaires de Vichy qui ont collaboré lors de la déportation ; mais quand on écoute les discours du président de la République qui stigmatise «les Roms», «les jeunes d'origine étrangère» et les autres «éléments indésirables de la République» il est plus que légitime de critiquer ce discours populiste et fascisant ainsi que ses conséquences.

 

Dans cette «démocratie» qui base sa respectabilité sur un contraste avec les régimes dictatoriaux et autoritaires, dans cette société qui se targue de garantir les libertés individuelles et de défendre les individus. On peut comprendre que cette comparaison mette plus que mal-à-l'aise les dirigeants. L'imposture démocratique est construite sur la croyance que ce système est le moins pire possible, et qu'il est de toute manière le seul rempart contre la dictature.

 

Les parallèles que l'on peut établir entre celui-ci et un régime fascisant sont autant de coups portés au vernis démocratique, et qui permettent de démêler la réalité et de révéler son vrai visage. Celui d'un régime ou les simples citoyens sont soumis à l'arbitraire d'une police qui dans les faits s'arroge tous les droits et reste impunie, celui d'un arbitraire qui expulse les sans-papiers avec une froideur mécanique.

 

Cette accusation de diffamation, ce n'est pas simplement une tentative de censure, mais une manœuvre qui vise à discréditer les accusateurs de cette "démocratie" en l'occurrence dans ce cas là les quatre de Tours. Ce n'est plus à l'État de justifier ses discours xénophobes et son idéologie sécuritaire, l'arbitraire de la police et l'horreur des expulsions. Mais à quelques personnes de justifier les critiques qu'ils portent à ce régime, critiques qui n'en doutons pas seront déclarées infondées par le tribunal.

 

C'est une tentative de censurer la pensée et l'histoire, non que nous soyons dupes de ce prétendu régime démocratique dont nous n'avons jamais douté qu'il hésiterait à censurer tout et réprimer tout ce qui pourrait remettre en cause ses méthodes et l'ordre capitaliste qu'il défend. Mais cette manœuvre a de quoi inquiéter, dans la société actuelle où la pensée n'a jamais été aussi délabrée, le fait d'attaquer tout ce qui est encore capable penser de manière critique n'est pas un hasard. Que ce soit les six de Pau, condamnés pour outrage, et cela pour avoir dénoncé les rafles de sans-papiers auprès de leur préfecture. Que ce soit Alain Évillard à Poitiers poursuivi pour avoir comparé le préfet à Papon, ou les sites juralibertaire et Indymedia Grenoble qui ont fait l'objet d'un dépôt de plainte pour avoir posté des articles critiques sur l'attitude de la police. Toutes ces attaques contre la liberté d'expression et la pensée critique, répondent à un même mot d'ordre, faire taire les critiques et faire rentrer dans le rang tous les réfractaires à l'ordre capitaliste. Une idée lorsqu'elle est partagée par suffisamment de personnes peut devenir une force matérielle, l'État cherche à empêcher la diffusion de ces idées dans la société en discréditant leurs auteurs et en terrorisant tout ceux qui seraient susceptibles d'y adhérer.

 

La censure est la réponse d'un régime qui ne sait plus quoi répondre aux critiques qui lui sont adressées, car sa position est intenable.

 

Les seuls coupables dans cette affaire ce sont les patrons qui profitent de l'exploitation des sans-papiers et l'État, avec sa faune de flics et de magistrats, responsable de la répression.

 

RELAXE DES 4 DE TOURS

ABOLITION DES FRONTIÈRES

DES PAPIERS POUR TOUTES ET TOUS

 

Groupe anarchiste Électron libre - Tours, 10 septembre.

 


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