Récapitulatif de cette première semaine de grève reconductible, de blocages et autres petits plaisirs, précédé d'une analyse incomplète de la situation actuelle

Publié le par la Rédaction

Bonjour,

 

Voici un premier récapitulatif non exhaustif des grèves, actions, sabotages, occupations, saccages, slogans et autres joyeusetés de cette première semaine de grève reconductible à travers le territoire français, qui sont le plus souvent l'œuvre de travailleur-euse-s, de lycéen-ne-s ou de groupes autonomes. Y sont également évoqués quelques épisodes de la répression policière et judiciaire.

 

La pratique de la subversion et de l'action directe semblent s'emparer de certaines parties de la société. Chaque foyer de révolte fait preuve d'inventivité pour bloquer l'économie et emmerder les puissants, souvent dans un enthousiasme débordant de colère et de joie mêlées ; mais souvent modérés et endigués par des bureaucraties syndicales ou informelles.

 

Un bête listage rend difficilement compte de la globalité de la situation, mais il y participe. La plupart des infos sont issues du site Le Jura Libertaire, mais pas toutes, et il ne fait aucun doute qu'il en manque de nombreuses qui ne sont pas relayées, et celles qui sont relayées sont elles-mêmes forcément incomplètes, par leur nature même. Il s’agit souvent de résumer des faits déjà médiatisés une ou plusieurs fois, souvent par des médias capitalistes, et donc en partie vidés de leur contenu et de leur signification. Un tel listage achève la réification de chaque évènement particulier mais espère donner une nouvelle signification à leur ensemble.

 

Il est beaucoup trop tôt pour entamer une analyse critique du mouvement, donc les faits bruts seulement sont décrits. Cependant ce n’est pas après coup qu’il sera possible d’agir, et il serait donc intéressant d’identifier dès maintenant les points forts du mouvement, ses faiblesses, et surtout les forces particulières qui portent la plus grande subversion et donc les plus grandes perspectives de changement. Une première question serait donc : sur quelles composantes du mouvement devons-nous agir, encourager ou enrayer, en tant que révolutionnaires pour nuire au maximum à l’ordre existant ?

 

Mais il est certainement plus facile de répondre à celle-ci : quelles composantes sont les plus conservatrices ? Quelles sont celles qui portent en elles le plus de schémas de l’organisation présente et qui empêchent ou freinent le processus d’un changement radical ?

 

Les lycéen-ne-s et autres jeunes sont certainement celles et ceux qui font le plus fi de tout ce qui fait autorité dans l’ordre présent : nombre d’entre elles/eux combattent les flics, pillent des magasins, saccagent leurs lycées-prisons, agressent leurs matons et l’administration, ignorent les bureaucrates qui tentent de les faire adhérer à leurs minables gémissements… L’État et le capital peuvent se passer momentanément de leur soumission, et il leur suffira de leur fournir en temps voulu quelques compensations supplémentaires pour masquer la misère de leur existence, pour calfeutrer les trous par lesquels le vide se fait trop voyant ; tout en réprimant violemment les plus récalcitrants. La répression judiciaire a déjà commencé son infernal ballet de condamnations.

 

Les travailleur-euse-s sont celles et ceux dont l’ordre présent a le plus besoin : ils/elles produisent chaque jour la quasi-totalité de ce monde. Ils/elles le produisent au profit d’une classe qui domine et organise la société. Ils/elles sont contraints de le produire contre eux-mêmes, au prix de leur propre exclusion. Ils sont contraints par une formidable puissance d’illusion qui masque la réalité de leur condition ; l’idéologie marchande, l’idéologie du travail, le Spectacle, peu importe comment on l’appelle. Dans les mouvements de contestation, ils reproduisent certaines de ces illusions qui participent à maintenir leur soumission au sein même de la révolte. La stratégie d’une démarche révolutionnaire est donc d’identifier, d’encourager et de renforcer les tendances et les initiatives qui, au sein du mouvement, se détachent le plus de ces illusions, voire qui les combattent. Elle doit lutter contre ces illusions en les déconstruisant sur le plan théorique, et dans le même temps doit s’en prendre, sur le plan pratique, à la domination qu’exercent concrètement individus et organisations au nom de ces mensonges chaque jour répétés. En l’occurrence il est facile d’identifier et de désigner la bureaucratie syndicale comme un frein majeur, voire comme le principal obstacle, à des comportements subversifs massifs, de même que les organisations plus ou moins bureaucratiques, et totalement inefficaces, dont le fond de commerce est le réchauffement micro-ondé de vieilles idéologies pseudo-révolutionnaires, trotskisme, anarchisme et autres. Les uns nous déguisent une marche forcée en point culminant de la contestation, les autres nous plongent dans l’inaction et le rabâchement de slogans sans conséquence.

 

Un des champs de bataille où s’affronte la domination et sa contestation réelle est la définition des antagonismes. Pour nous il s’agirait de refonder la pseudo-division pacifistes/casseurs en opposition entre partisans de l’organisation présente de la vie et partisans d’une transformation globale. Pour beaucoup cette transformation a déjà commencé dans les faits. On a pu entendre ces derniers jours sur les médias du capital des commentateurs salariés déclarer, sciemment ou pas, que la décision de faire grève n’était pas un choix fait de bon cœur, mais qu’il était parfois nécessaire. Ils véhiculent l’image du travailleur martyr qui œuvre pour la bonne cause. Qui pourra croire une absurdité pareille ? Quel travailleur-euse gréviste pourrait acquiescer sérieusement qui chamboule son morne quotidien dans le chamboulement de la routine, expérimente l’auto-organisation et la solidarité concrète que manifestent de parfait-e-s inconnu-e-s, la subversion et le bavardage autour du piquet de grève ? Qui pourrait croire aussi que le report de 2 ans de l’âge de départ à la retraite est un motif valable pour une telle révolte chez des personnes qui ont déjà implicitement accepté de sacrifier 40 ans de leur vie au travail ? Vous révoltez-vous lorsqu’on vous apprend que vous devrez patienter 2 minutes de plus chez le médecin après s’être fait à l’idée d’attendre 40 minutes ? Ne serait-ce pas plutôt ces 40 ans d’esclavage salarié que ces milliers de gens refusent et dégueulent ? La légère aggravation de leur modalité d’exploitation est le prétexte visible et «raisonnable» qu’on leur a toujours appris à exhiber pour justifier la moindre révolte, comme si celle-ci avait des comptes à rendre à ceux qui la provoquent.

 

La tâche consiste désormais à mettre à jour les raisons implicites, du domaine du désir, qui sont les mécanismes moteurs réels du mouvement de contestation. La première usine occupée par les travailleur-euse-s sera le modèle de toutes les autres. De même les comportements «lycéens» de ces derniers jours doivent entre autres devenir des exemples à suivre pour tous les travailleur-euse-s. En agissant ainsi ils ne disent autre chose que : rien de ce qui existe n’est respectable. La classe dominante ne craint rien plus que ce type d’identification. Donnons-lui des raisons de flipper.

 

 

Les sauts qualitatifs de la contestation au 12 octobre 2010, mardi

 

— CAEN : 2000/2500 manifestant-e-s devant le siège du MEDEF en milieu d’aprèm. Jets d’œufs et de pierres. Répliques policières à la lacrymo. Incendies de poubelles et de palettes. (CNT)

 

— SAINT-NAZAIRE : Deux heures de confrontation dans les rues à proximité de la sous-préfecture. 500 personnes s’opposent aux flics. Ils-elles trouvent des projectiles dans un chantier. (Journaflics) Charges et tabassages. 14 interpellations. (Indymédia) Verdicts des comparutions immédiates le lendemain : 2 mois ferme avec mandat de dépôt pour deux émeutiers de la veille.

 

— MONTELIMAR : Saccage du bureau du député-maire UMP ainsi que d’autres locaux municipaux par une centaine de personnes en provenance de la manif. (journaflics)

 

— ROUEN : Petites échauffourées entre flics et ouvrier-e-s Renault et autres pour accéder au MEDEF. (témoin Indymédia)

 

— RENNES : Débrayages dans les lycées et fermetures forcées de grandes enseignes d’un centre commercial (Virgin, Eurodif, Crédit Agricole…) par les lycéen-ne-s débrayé-e-s, chômeur-euse-s et travailleur-euse-s… (Indymédia)

 

— NANCY : Une étudiante frappe légèrement un flic - 4 interpellations. (journaflics)

 

— CHARENTE, À CHASSENEUIL, BARBÉZIEUX ET COGNAC : Blocage de routes nationales. Des milliers de poids-lourd sont bloqués. La Z.I. de Nersac sera sans approvisionnement pour la journée. (journaflics)

 

— PARIS : Manif sauvage après l’arrivée à la Bastille. Jeux du chat et la souris, échanges de projectiles. 1 arrestation. (Indymédia)

 

— PARIS : Baston à la Bastille. Charge et contre-charge pour libérer deux types en train de se faire choper par les flics. Feux de poubelles.

 

— SARLAT (DORDOGNE) : Après la manif de 1800 personnes, une centaine investit la mairie.

 

 

Les sauts qualitatifs de la contestation au 13 octobre 2010

 

— LE MANS : Blocage de la périphérie du Mans toute la matinée. Manifestation d’une forte volonté de réunir public et privé sur le même front.

 

— LYCÉES DANS LE VAL D’OISE :

* ARGENTEUIL : Une proviseure est blessée par des pierres destinées aux flics. Tentative de pénétrer dans un centre commercial en vain. Pillage d’un magasin de vêtements. Le maire qui flippe incite les lycéens à prendre contact avec les syndicats et les partis politiques. 
* SARCELLES : Un proviseur est gazé par des élèves.

 

— AUCH : Échauffourées devant la préfecture. Les flics ont gazé et chargé l’avant de la manifestation interpro-lycéenne (8000 personnes).

 

— SAINT-QUENTIN : Depuis le jeudi 7 octobre de nombreuses manifestations lycéennes se transforment en affrontement. Plusieurs flics sont blessés dont le commissaire principal. Des voitures sont retournées et endommagées, des poubelles enflammées, des journalistes sont agressé-e-s. 23 arrestations. (journaflics) Les flics ont remercié la CGT de son travail d’encadrement lors de la manif du 12.

 

— MEAUX : Affrontements entre des adolescents et des flics, jets de pierre. Arrestations pour outrage et lancé de projectiles «en marge» de manif lycéennes. Manifestation sauvage sans banderole. Chat et souris avec les flics. Attaque de voiture de police municipale. Utilisation de lattes en bois comme des armes.

 

— FRANCE : Environ 200 lycées sont bloqués ou fortement perturbés. (bureaucrates lycéens)

 

— STRASBOURG :

* Blocage du centre de tri de Holtzheim dès 5 heures par les travailleur-euse-s en reconductible. 
* Blocage de routes ( ?) par des militants SUD dans la matinée. 
* Action péage gratuit à Shwindvatzheim par des travailleur-euse-s et des étudiants pendant 50 minutes (ultimatum policier). 
* Forte solidarité entre étudiant-e-s et travailleur-euse-s. AG interpro.

 

— ROUEN : Blocage de ponts et d’une Zone Industrielle par des travailleur-euse-s et des étudiant-e-s.

 

— LE HAVRE : Des grévistes interrompent et perturbent un meeting UMP.

 

 

Évolution de la contestation au jeudi 14 octobre 2010

 

— DONGES (44) : L’AG des travailleurs-euse-s de la raffinerie vote la reconductible jusqu’à lundi prochain (le 18) à 13h. Blocage total de la production. Passerelle entre les corpos (une prof intervient dans leur AG). (TV capitaliste)

 

— 8 RAFFINERIES sont bloquées sur les 12 que compte le territoire. (TV capitaliste)

 

— BASSENS (à côté de BORDEAUX) : Blocage du dépôt de pétrole d’Ambes.

 

— MARSEILLE : Le port est toujours bloqué (depuis le 27 septembre) et l’essence commence à manquer dans les stations de la région.

 

— MARSEILLE : Les éboueurs sont en grève dans plusieurs arrondissements. Les déchets s’accumulent dans les rues.

 

— FRANCE : 400 lycées sont perturbés. (chiffres des flics) Des affrontements avec les flics ont lieu à Toulouse, Saint-Denis et Sarcelles. (TV capitaliste) Les flics blessent gravement un lycéen qui est hospitalisé.

 

— Le HAVRE : Parution d’un journal qui est l’expression de l’AG des grévistes (forte influence des bureaucrates syndicaux tout de même). De nombreuses entreprises reconduisent la grève : Total, CIM, SNCF, Chevron, EDF, Fouré Lagadec, La Poste, France Télécom-Orange, Debris, Éducation nationale, Petrochimical, Sidel…

 

— MONTREUIL : Un ado est gravement blessé à l’œil lors d’affrontements pendant l’évacuation d’un lycée. Au lycée J. Jaurès les flics entrent dans l’établissement et tirent au flashball dans les locaux. (témoignage mail au J.L.)

 

— LILLE : Blocage de la gare de Lille-Flandres par des cheminots pendant une heure (jusqu’à l’arrivée des flics). (journaflics)

 

— NORD-PAS-DE-CALAIS : Des travailleur-euse-s débrayent dans une trentaine d’entreprises industrielles près de Valenciennes (Alstom-Bombardier) : métallurgie, chimie, agro-alimentaire et textile. Certaines font des appels à la grève reconductible. De nombreux arrêts de travail de 1 à 3 heures par jour. Des travailleur-euse-s de la centrale nucléaire de Gravelines appellent à une heure de débrayage par jour. Certain-e-s expriment leur volonté d’unir leur force à celles des enseignants de la région.

 

— France, affrontements entre flics et lycéen-ne-s (et non-lycéen-ne-s !) :

* NÎMES : Affrontements violents et voitures incendiées. 5 flics sont blessés. 
* MONTPELLIER : Affrontements et barricades enflammées. 
* LYON : Plusieurs manifs sauvages et affrontements. 
* BOURG-EN-BRESSE : Manif sauvage et petits groupes dispersés qui harcèlent les flics débordé-e-s. 
* LENS : 4 arrestations suite aux affrontements. 
* BELFORT : Une arrestation suite aux affrontements. 
* BESANÇON : Échauffourées avec les flics. 
* LILLE : Voitures incendiées et retournées pendant la manif.

 

— BÉZIERS : Sabotage des arrivées d’électricité et de gaz d’un sénateur.

 

— MONTPELLIER : Coupure volontaire de gaz et de courant au siège du MEDEF et évocation publique de possibles rétablissements d’électricité et de gaz pour les personnes qui ont des impayés. (journaflics)

 

— CHAMBÉRY : Affrontements entre flics et lycéen-ne-s devant des lycées. Plusieurs arrestations.

 

— FOURMIES : Un flic blessé dans une manif lycéenne. 3 gardes à vue. Agressions de personnel par des lycéen-ne-s.

 

— CHAMPTOCÉ-SUR-LOIRE (MAINE-ET-LOIRE) : Grève reconductible chez PCM (métallurgie, pompes à pétrole et alimentaires). 90% de grévistes sur 200 travailleur-euse-s. (journaflics)

 

— CHARTRES (EURE-ET-LOIRE)* : 5 gardes à vue de lycéens pour caillassages de flics et pour leur avoir lancé une bouteille d’acide. (journaflics)

 

— RENNES :

* Blocage du centre des impôts le matin (par qui ?). 
* Blocages d’un centre commercial et d’un rond-point «stratégique» (2 ou 3000 lycéen-ne-s, étudiant-e-s et précaires. 
* Blocage de la rocade par la suite. 
* Reconduction de la grève à la SNCF. (Indymédia)

 

— ROUEN : Les postier-e-s bloquent le centre de tri avec l’aide des cheminots et des étudiants. Puis cortège interpro qui cherche à investir le studio délocalisé d’Europe1 pour prendre la parole, sans succès. Des œufs volent sur les robocops. Le camion-sono de la CGT détourne la manif de son parcours pourtant décidé collectivement. Puis blocage d’un dépôt de carburant dans l’après-midi.

 

— PARIS-MONTREUIL :

* Rassemblement devant la mairie de Voynet en lien avec les expulsions de squats. 
* Manif sauvage à la porte de Montreuil. Caillassage et fusées sur les flics qui flippent. 
* Manif sauvage de lycéen-ne-s. Petite baston avec l’UNEF qui finit par dégager après avoir réussi quand même à empêcher l’investissement de la gare Montparnasse.

 

— SAINT-NAZAIRE : Tournée de débrayages des lycées le matin suivi par le blocage d’une zone commerciale par un rassemblement interpro (indymédia).

 

— RÉGION PARISIENNE : 45 interpellations dans le Val-d’Oise suite à des rassemblements et des blocages de lycées. Affrontements avec les flics, pierres, gaz lacrymos, canettes, et même saccage de matériel dans les locaux du lycée des MUREAUX. Événements similaires à AUBERGENVILLE, ENGHIEN, TAVERNY, ARGENTEUIL, SARCELLES. (journaflics)

 

 

Contestation au vendredi 15 octobre 2010

 

— STRASBOURG : Reconduction de la grève des travailleur-euse-s de la communauté urbaine et des cheminots qui craignent de rester le seul fer de lance du mouvement. Appel aux lycéen-ne-s et aux étudiant-e-s à rejoindre massivement le mouvement. La raffinerie de Reichstet est en grève reconductible et en blocage.

 

— BESANÇON : Des profs entrent en grève spontanée après une charge violente des flics sur leurs élèves qui bloquaient la rue. Aucune arrestation. (journaflics)

 

— LILLE : Deuxième occupation de la gare Lille-Flandres par des travailleur-euse-s SNCF et EDF.

 

— FOS-SUR-MER : Les flics débloquent un important site de stockage pétrolier, ainsi qu’à Bassens (33) et Cournon d’Auvergne, mais quatre nouveaux sites sont bloqués dans le même temps.

 

— LE MANS : Blocage d’une Z.I. (par qui ? comment ?)

 

— TOURS : La totalité des lycées sont bloqués ainsi que le dépôt pétrolier.

 

— NANCY-VANDŒUVRE : Chômeur-euse-s et précaires sèment le désordre au Village de l’Emploi et de la Formation.

 

— ENGHIEN : Nouveaux affrontements violents entre jeunes et flics. 38 GAV.

 

— ROUEN :

* 4h du mat : Blocage du dépôt pétrolier par le personnel et de nombreux soutiens. 
* 8h : Blocage routier par les étudiant-e-s. Troncs d’arbres et pneus enflammés. 
* 11h : Blocage du pont Mathilde à 2000 personnes (grâce à l’apport lycéen) après une manif aux rapports tendus avec les flics. Quelques projectiles volent. Au moins une arrestation. (Indymédia)

 

— DIJON : Condamnation à 12 mois de prison dont un mois ferme pour un lancer de bouteille pendant une manifestation lycéenne. (journaflics)

 

— SCIONZIER (HAUTE-SAVOIE) : Sabotages de la vidéosurveillance dans le quartier du Crozet depuis plusieurs nuits, agrémentés de caillassage de la gendarmerie.

 

— BORDEAUX : 6 GAV suite à une manif lycéenne pour «dégradations, vol, violences et outrages». (journaflics)

 

— TOULOUSE : Jets de cocktails Molotov vendredi et samedi soir au quartier Empalot. Le mineur perquisitionné et arrêté qui s’était fait la belle pendant son transfert au tribunal a justement été repris par les flics dans ce quartier où il avait trouvé refuge. Il est accusé de violence sur flic pour avoir empêché une arrestation lors de la manif du 12.

 

 

Contestation au samedi 16 octobre 2010

 

— CHARLEVILLE-MÉZIÈRE : Pour la première fois depuis le début du mouvement une intersyndicale (celle des Ardennes), appelle à la grève générale reconductible à partir du lundi 18.

 

 

La contestation au lundi 18 octobre 2010

 

— ÉVRY : Vandalisme dans un centre commercial (pas plus de détails).

 

— Le MANS : Blocage de dépôt pétrolier depuis dimanche soir (le 17) par des routiers.

 

— AVIGNON-NORD : Des routiers font un barrage filtrant au péage pour rallier d’autres P.L. à leur cause.

 

— SUD DE LA BANLIEUE PARISIENNE : Opération escargot sur l’A6.

 

— STRASBOURG : Occupation des locaux de la présidence et de l’administration de la fac. Appel à l’occupation de toutes les facs de France et de leur présidence. Expression de la volonté d’abolir «le pouvoir présidentiel universitaire», d’occuper tous les lieux de travail, de stopper les flux, de lutter contre l’État et le capital.

 

— TOURCOING : Affrontements violents entre flics et lycéens. Voitures incendiées.

 

— FRANCE : 2500 stations-services sont en rupture de stock ou presque (sur 12'500 sur le territoire.

 

— FRANCE : 260 lycées bloqués selon l’État, 850 selon les buros lycéens.

 

— NANTERRE : Bataille rangée entre jeunes et flics.

 

— BORDEAUX-CARBON-BLANC : Blocage d’une plate-forme de distribution des produits frais des supermarchés Auchan du sud-ouest depuis hier soir 20h.

 

— BREST : Blocage du dépôt pétrolier depuis 4h du mat par des travailleur-euse-s et des étudiant-e-s, débloqué dans la journée par les flics.

 

— FRONTIGNAN (HÉRAULT, PRES DE SÈTE) : Blocage du dépôt pétrolier par des travailleurs et des étudiants.

 

— RAFFINERIES : Reconduction de la grève dans toutes les raffineries.

 

— SAINT-PRIEST (RHÔNE) : Blocage d’un dépôt pétrolier par des routiers + opération escargot.

 

— LILLE : Opération escargot VL + PL.

 

— ANGERS : Barrage filtrant sur une nationale.

 

— TOULOUSE : 4h : blocage du dépôt de bus par des cheminots et des traminots. Débloqué en fin de matinée (comment ?).

 

— TOURS : Blocage d’un dépôt pétrolier à Saint-Pierre-des-Corps par des routiers. Attente de renforts interpro.

 

— PORT-LA-NOUVELLE (AUDE) : Blocage d’un terminal pétrolier par des routiers et des cheminots.

 

— CAEN ET OUISTREHAM : Blocage de deux dépôts pétroliers.

 

— LORIENT (MORBIHAN) : Blocage de l’accès au dépôt pétrolier — qui, lui, est sous le contrôle des flics — par des routiers et des dockers.

 

— BIARRITZ : Opération péage gratuit sur l’autoroute par les routiers.

 

— MULHOUSE : Blocage de l’usine PSA par quelques dizaines de travailleur-euse-s (sur 10'000 salarié-e-s).

 

— NANTES : Des jeunes brûlent et abiment quelques voitures pendant une manif sauvage de lycées en lycées.

 

— NANTES : Les éboueurs entrent en grève de 48 heures. Barrage filtrant et feux de palettes en centre-ville.

 

— LYON : Émeutes de lycéen-ne-s et autres jeunes qui font usage de cocktails Molotov. Des voitures sont renversées, des poubelles enflammées. Les flics sont débordés par l’éparpillement des actions simultanées. 16 arrestations. (journaflics)

 

— ROUEN : Une voiture de flics est caillassée pendant une manif lycéenne. Des abribus sont pétés et des voitures retournées.

 

— PARIS : Ouverture de stocks industriels de carburant pour pallier à la pénurie, soit 30 jours de consommation, plus 90 jours de «stocks stratégiques». (presse terroriste)

 

— GARD ET HÉRAULT : Occupation de gares par des grévistes. Paralysie des trains entre Nîmes, Montpellier et Béziers depuis 7h du mat.

 

— ÉVOCATION DE L’INTERVENTION DE L’ARMÉE POUR RÉALISER LES RÉQUISITIONS DANS LES RAFFINERIES par un journaflic de l’AFP à Frédéric Lefebvre qui laisse entendre son approbation sans rien expliciter. (Figaro)

 

— RENNES : Vote en AG du blocage de la fac de Rennes 2 à une courte majorité. Annonce de la fermeture administrative pour le reste de la semaine.

 

— SAINT-DENIS : Blocage du lycée Paul Éluard, incendie de voitures, dégradations. Les flics ont sorti un hélicoptère. (témoignage Indymédia)

 

— Universités bloquées : Pau, Caen…

 

— Université en fermeture administrative : …

 

— LYON : Condamnation de deux et trois mois avec sursis pour des faits bénins (debout sur une voiture et entravement à l’interpellation).

 

— FRANCE : 290 personnes se sont faites arrêtées dans la journée.

 

— FRANCE : Arrêt complet des 12 raffineries dans la soirée.

 

— MONTBÉLIARD : Manifestations lycéennes et affrontements. 350 personnes au visage dissimulé. 4 GAV pour dégradations, outrages et violence contre flics.

 

— FRANCE : Pas de parution des journaux quotidiens nationaux demain, mardi 19.

 

— FLAMANVILLE : Baisse volontaire de la production à la centrale nucléaire après le vote en AG lundi matin (200 personnes sur 650 salarié-e-s). Il a été aussi décidé d’une grève de 48 heures.

 

 

Mardi 19 octobre 2010, 4h14.

 


Publié dans Colère ouvrière

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