Rav'olt nouvel an - Mesnil-le-Roi, 1er janvier

Publié le par la Rédaction

 

Bonjour, 
je vous invite à vous pencher sur ce qu’il s’est passé le 1er janvier au petit matin dans une calme et bourgeoise commune du 78. Une raveparty organisée par 16 sounds-system dans une ancienne base de l’Otan a regroupé plusieurs milliers de personnes.

 

 

Au petit matin, la police (les Bacs du coin + gendarmes mobiles de Maisons-Lafitte) ont décidé d’en finir, et devant des pompiers médusés, ont chargé le public. Ils ont ainsi pu faire usage à volonté de tout le panel d’armes non létales, avec des abus de taser et de flashballs. Un témoignage explique même qu’ils ont souhaité bonne année avant de gazer.

 

Ci-dessous, quelques vidéos qui montrent un peu l’ambiance :

 


 

À l’intérieur des galeries, à la fin, les GM, sans témoins, ont redoublé de violence et fait accélérer le rangement des enceintes sous les insultes et en nous poussant du bout du tonfa. Un témoignage fait également mention d’une jeune fille frappée en plein visage par un flashball. Elle aurait été vue aux urgences par la suite…

 

Jeudi 6 janvier 2011.
Envoyez-nous vos infos.

 

 

Le Mesnil-le-Roi : une figure des rave-party en garde à vue

 

Ben la Graine, une figure de l'organisation des rave-party, a été interpellé et placé en garde à vue jeudi au commissariat de Maisons-Laffitte (Yvelines). La justice reproche à cet informaticien de 29 ans d'avoir organisé, durant la nuit du 31 décembre au Mesnil-le-Roi, une rave sauvage dans une champignonnière autrefois utilisée par l'OTAN.

 

Environ 2000 personnes s'y étaient retrouvées pour faire la fête en toute illégalité, dans des conditions qui auraient pu se terminer dramatiquement pour les participants.

 

 

«Ce jeune homme, qui est informaticien et père de famille, est très intelligent. Il est vraiment impliqué dans le milieu des rave depuis, souligne une source proche de l'affaire. Il organisait la techno-parade à Paris et a négocié avec Nicolas Sarkozy, quand il était ministre de l'Intérieur, pour aménager la loi qui encadre les rave-parties. Aujourd'hui, il a tout arrêté et fait partie d'un Sound system dont le but est de monter des fêtes comme cela.»

 

Trois complices entrés de nuit dans les grottes

 

Les fêtards de ce groupe se réunissent grâce à un service téléphonique, «l'infoline», avec un code qui leur permet d'obtenir le point de rendez-vous. Cette grotte avait été repérée peu avant et Ben la Graine la connaissait pour l'avoir visité il y a une dizaine d'années. Trois complices, interpellés en Seine-et-Marne et dans le Loiret, s'étaient introduits dans ces galeries. Ils ont passé la nuit dans la grotte avant de scier la porte et faire entrer le gros de la troupe. Ces trois hommes ont nié toute implication dans l'organisation de la fête.

 

Ben la Graine nie avoir mis la vie des fêtards en danger à cause de l'accumulation du monoxyde de carbone. Il explique que des amis leur avaient fourni des testeurs et qu'il surveillait le risque. Il avait remarqué que des poches de gaz toxique s'étaient formées mais il comptait, grâce à des amis travaillant dans le bâtiment et équipés de marteaux piqueurs, percer des trous dans les puits bouchés de la forêt afin de renouveler l'air.

 

Le vrai risque tenait à la résonance des décibels de la sono qui pouvait faire effondrer la voûte et provoquer un carnage. Ben la Graine a reconnu qu'il n'avait pas assez anticipé ce risque. Hier, le quatuor a été remis en liberté avec une convocation devant le tribunal de police de Saint-Germain pour le 18 mars.

 

Leur presse (Julien Constant,
 leparisien.fr), 7 janvier.

 

 

Témoignage de Lilou (Facebook)

 

Aucun des articles que vous trouverez à l'heure actuelle sur la Multison de Mesnil-le-Roi le 31 décembre 2010, ne seront tout à fait exacts :

 

--> «15 personnes qui se sont opposées à l'intervention de la police» :

Non ils n'étaient pas seulement 15 mais beaucoup plus à «s'opposer à l'intervention de la police», reste maintenant à savoir si intervention voulait dire violence (symbolique et physique) ?

 

--> «Nous avons invité les raveurs à quitter les lieux avant de les laisser sur place pour mieux canaliser le flux de personnes qui auraient pu causer des troubles dans tout Mesnil-le-Roi et en gare de Maisons-Laffitte» :

«Invité» est un bien joli mot lorsque l'on se retrouve face à deux cent cinquante CRS, «obligé» me semble plus approprié. 
Ensuite «les laisser sur place» veut simplement dire encercler le parking sur lequel sont garés la plupart des véhicules et où donc se sont regroupés les teufeurs ayant quitté les carrières (sur demande des policiers, pompiers ou simplement par bon sens, et oui on n'a pas tous envie de s'intoxiquer). 
«Canaliser le flux de personnes», cela veut sûrement dire canarder à coup de grenades lacrymogènes et les yeux fermés le dit parking (en tout seulement pour le coin parking, je dirais six lacrymos dont une tombée sur un véhicule et trois autres à moins d'un mètre de quelques personnes).

 

--> «Ils ont alerté les policiers qui ont procédé dans un premier temps à une évacuation progressive des lieux avant minuit» :

Faux et archi-faux, je suis arrivée sur le site à 00h30, sur place une voiture de policiers garée devant le site, jusqu'aux environ de 3-4 heures du matin, il n'y avait toujours qu'une seule voiture de police. C'est à 6h00 du matin que tous les sons ont été coupés, et ce n'est qu'une bonne heure plus tard que nous avons compris pourquoi (risque d'intoxication au monoxyde de carbone) en sortant des carrières accueillis par des robocops (CRS) tous les centimètres.

 

CE QU'ON NE DIT PAS :

 

— J'ai vu des flics, flash ball en main courir après quelques personnes ayant déplacé des cadis voulant les utiliser comme barrage.

 

— J'ai vu un jeune homme au deux yeux coquard, tibia droit complètement endolori, pantalon à moitié déchiré, me dire qu'il s'était fait bastonné par les CRS.

 

— Lorsque les CRS ont fait barrage pour nous faire avancer à la sortie du parking, j'ai vu un homme se faire matraquer un coup au visage car il refusait (se débattait donc à travers trois gros bras) de suivre le troupeau que les CRS étaient en train de former, voulant lui s'installer à l'intérieur de son véhicule. Un autre a eu le droit à une violente balayette le mettant à terre, pour ensuite l'éjecter avec le troupeau qu'ils faisaient de nous.

 

— J'ai vu des gens en pleurs, effarés pour qui (comme pour moi), il était impossible de comprendre un tel degré de violence, frustré du peu (voir du pas) de place laissé à la communication verbale.

 

— Certains CRS ne se gênent pas pour vous dire «Là, il n'y aura pas de contrôle d'alcoolémie, par contre dans une heure c'est pas dit, vous serez moins nombreux, ils vaut mieux bouger votre véhicule maintenant». Traduction : Foutez le camp de cette ville, on ne vous contrôlera pas, n'hésitez pas à partir bourré, défoncé et fatigué, prenez le risque de vous tuez, de tuer, pourvu que vous vous cassiez vite fait d'ici.

CE QUE J'EN PENSE (je ne veux pas jeter de pierres, je m'interroge c'est tout) :

Est-ce que le métier de CRS est le métier que l'on choisit de faire quand on aime la bagarre, la violence ? Si ce n'est pas ça, qu'est-ce qui pourrait pousser un homme à vouloir tenir ce rôle ?

 

Un CRS est un policier faisant partie de la Compagnie RÉPUBLICAINE de sécurité, hier je n'ai absolument pas vu la République. Leur mission principale : maintien et rétablissement de l'ordre, oui d'accord mais par quels moyens et jusqu'où ?

 

Quand bien même le robocop serait en danger, cela l'autorise-t-il à passer à tabac une personne ? Est-ce qu'on appelle ça de la légitime défense ? Sont-ils là pour maîtriser ou pour tabasser ?

 

Quand on voit l'accoutrement (protection, bouclier, matraque…), additionné au fait qu'ils sont toujours en masse, n'est-ce pas déjà là un appel à la violence ou tout du moins à un rapport de force ? Je crois que l'on sait bien, depuis des lustres que les jeunes et les «rêveurs» n'accepteront jamais ce genre de rapports ; enfin bon il est sûr que si on n'a pas envie de se prendre une mandale, on n'a pas vraiment le choix face à robocop, on ferme son clapet et on accepte les ordres.

 

Je n'ai pas du tout apprécié de lire ces articles qui se ressemblent, puis s'assemblent. Ils sont tout à fait faussés et ne nous dirigent que dans un seul sens de lecture, voilà pourquoi je vous apporte mon point de vue (qui lui aussi sera faussé puisqu'il n'est propre qu'à moi-même et que nous avons tous une manière différente de concevoir les choses).

 


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Moustic 13/01/2011 17:29



" Abats le front de la haine " ...



seb 13/01/2011 16:45



Alors là je suis 100% d'accord avec toi. Et de toutes façons ce n'est pas nouveau, dans la plupart des médias ils ne diffusent que ce qu'ils veulent bien diffuser. Pour ce qui est de la violence
des CRS l'état policier est roi et fait ce qu'il veut...à quand une bonne révolution pour changer tout ça.



BeN 11/01/2011 23:27



les photos de la fille dont il est question dans l'article :


http://www.facebook.com/home.php#!/photo.php?fbid=1809149951267&set=a.1809147831214.103955.1315525504&pid=2072948&id=1315525504


ça fait peur !!


ils appelent çA " parlementer dans le calme " 



Virgule 09/01/2011 00:27



Une belle action symbolique finalement que de frapper cet ancien QG de l'OTAN, confortablement enfouie sous les pavillons des quartiers bourges du 78... 


La freeparty ne doit plus jamais être cette coquille vide, vide de sens, vide de signes. 


En 2005, les teufers réagissaient à Rennes contre l'annulation d'un teknival. 2009, fin de la freeparade, au bois de boulogne, dans les jardins de Bagatelle, émeutes, et dizaines de bléssés.
2010, le nouvel an, même résultat. 


Les lois sécuritaires tentent d'étouffer le mouvement. certains préfèrent vivre caché, quand d'autres réagissent. 


Le 9 mai 2010, 2 sound system défilaient contre les fafs sous le nom "united tekno against fascim and racism".. 


C'est l'heure de la réaction, et je suis heureux aujourd'hui de l'aimer cette techno. Mais maintenant, je rêve à une vraie convergence du mouvement!



pierre 08/01/2011 14:17



Je crois que dans la rue, dans les teufs, au boulot, etc., il ne faudra plus jamais sortir sans son casque et son bâton... Un peu encombrants certes, mais le choix nous est-il laissé ?