Rafle policière dans les Ardennes suite à la journée du 28 octobre

Publié le par la Rédaction

 

Le journal local l'Ardennais relate dans son édition d'aujourd'hui une rafle effectuée par 30 policiers en civil et en uniforme à 7h00 du matin le 16 décembre pour arrêter 8 manifestants. Ces derniers avaient été filmés par la police le 28 octobre au cours de la manifestation qui avait vu les vitres de la permanence UMP de Charleville voler en éclats et les gendarmes mobiles fuir devant la colère populaire.

 

 Le directeur départemental de la sécurité publique, commissaire divisionaire à Charleville, tenait, avant sa prochaine mutation, à faire payer l'humiliation subie par ses troupes durant cette journée du 28 et aussi à criminaliser la constestation au profit de l'État confisqué par l'UMP. La hiérarchie du ministère de l'Intérieur devrait lui en être reconnaissante.

 

 

Charleville-Mézières : Huit militants appréhendés au saut du lit

 

Ils avaient été filmés en train de s'en prendre aux forces de l'ordre et de casser les vitrines  de la permanence de l'UMP. Ils seront jugés tous ensemble le 27 janvier.

 

Ayant pris l'habitude, quotidiennement, de faire le buzz sur Youtube et autres sites du genre, après la moindre de leurs interventions, les services de police n'ont pas mis longtemps à s'adapter aux nouvelles technologies. Ainsi, il n'est plus une manifestation, un rassemblement, qui ne soient désormais enregistrés, sous tous les angles, par des fonctionnaires, bardés de zooms et de grands-angles, depuis les toits alentour.

 

Ce qui explique, qu'hier matin, huit participants à la 7e manifestation, organisée le 28 octobre dernier, contre la réforme des retraites, dans les rues de Charleville-Mézières, ont eu une bien mauvaise surprise, en étant quasiment tirés du lit, à 7 heures du matin, par les hommes du commissaire divisionnaire Bernard Legrand, directeur départemental de la sécurité publique.

 

Au total, une trentaine de policiers, en civil et en tenue, ont frappé, à la même heure, à la porte de leurs domiciles, ou se sont présentés sur les lieux de leur travail, à Sedan, Balan, Jandun, Renwez, Gespunsart, Deville, Bogny, chez Vistéon, chez Degembes ou aux ateliers municipaux de Charleville.

 

Le pourquoi d'un tel «coup de filet» ? Le comportement violent, ce fameux 28 octobre, de ces huit manifestants, qui — plusieurs d'entre eux étant passablement alcoolisés — s'en étaient pris, agressivement, aux gendarmes positionnés devant la permanence de l'UMP, avenue De Gaulle, à Charleville. Et avaient brusquement muté «casseurs», en se mettant à en briser les vitrines à coups de pierre, en même temps d'ailleurs que celles de l'association Cap Emploi mitoyenne. D'autres incidents sérieux, commis par les mêmes, s'étaient également produits, un moment plus tard, devant les grilles de la préfecture…

 

 

Opération rondement menée

 

À l'époque, le préfet avait bien évidemment jugé ces débordements inadmissibles. Et les délégués syndicaux, eux-mêmes, avaient désavoué ces camarades incontrôlés, dont les excès étaient d'ailleurs intervenus après la dislocation du cortège. Toutefois, la température sociale étant, depuis, retombée et les vitrines cassées ayant été remplacées, on pouvait croire l'affaire oubliée.

 

C'était sans compter sur la volonté du commissaire Legrand, de clore ce dossier de «violences volontaires et de dégradations commises en réunion», avant son prochain départ des Ardennes et l'arrivée de son successeur. Et c'est ainsi, qu'en s'appuyant sur les photos et les films réalisés par ses services, ce jour-là, ayant permis l'identification incontestable de leurs auteurs — l'un, notamment, grâce à ses moustaches en guidon de vélo, un autre à cause de son rottweiller, qu'il avait lancé contre les policiers — il a ordonné leur interpellation simultanée, sous couvert bien évidemment du procureur de la République.

 

L'opération d'hier matin a ainsi été rondement menée, tellement la surprise des intéressés a été totale et n'a donné lieu à aucun incident, sinon deux, anecdotiques : un sympathisant sarkozyste interpellé par erreur à Etion et très vite relâché ; il avait été «balancé» par des camarades malveillants de son entreprise. Et un coup de sang du maire de Charleville, qui a appelé le préfet, pour se plaindre de la descente de police dans ses ateliers municipaux, alors que l'employé recherché était en arrêt maladie à Renwez !

 

Durant toute la journée, les huit mis en cause ont été longuement entendus et ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés, chacun selon leur gravité, avant d'être successivement présentés au parquet. Ils ont tous été laissés en liberté, un seul (l'homme au chien), déjà défavorablement connu, ayant été placé sous contrôle judiciaire.

 

Ils comparaîtront, tous ensemble, devant le tribunal correctionnel, pour en répondre, le 27 janvier prochain. Et il y aura sûrement «du monde», cet après-midi-là, pour les soutenir…

 

Leur presse (L'Ardennais), 17 décembre 2010.

 


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A.D. 18/12/2010 15:39



Opération rondement menée


 


À l'époque, le préfet avait bien évidemment jugé ces débordements inadmissibles. Et les délégués syndicaux, eux-mêmes, avaient
désavoué ces camarades incontrôlés, dont les excès étaient d'ailleurs intervenus après la dislocation du cortège. Toutefois, la température
sociale étant, depuis, retombée et les vitrines cassées ayant été remplacées, on pouvait croire l'affaire oubliée.


TOUT EST LA : cgt= contrôle général des travaillleurs ; par les travailleurs, pour qu'ils restent travailleurs, et/ou en taule si
incontrôlés.