Quelques-uns des "Six de Pau" condamnés : La lutte continue

Publié le par la Rédaction

Le tribunal de Pau vient de rendre son délibéré.

 

Nous étions nombreux à refuser d’y croire : le tribunal est entré en voie de condamnation de cinq parmi les «Six de Pau».

 

Certes, les peines sont symboliques, mais le juge a suivi le raisonnement liberticide du pouvoir. Il serait interdit de penser à une époque historique du passé quand on se trouve face à une situation qui y fait irrésistiblement penser, et de le dire. Certaines allusions sont autorisées. D’autres ne le sont pas. La situation qui a produit ces réactions, elle, est la même et elle est scandaleuse.

 

On se rappelle que Monsieur le préfet des Pyrénées-Atlantiques s’était senti outragé par la simple expression par des citoyens de leur indignation devant l’arrestation de familles étrangères pour la simple raison qu’elles étaient en situation administrative irrégulière, et encore plus devant la rétention d’enfants.

 

Ces personnes avaient exprimé de la façon la plus spontanée que ces situations leur faisaient penser à des périodes historiques douloureuses de notre pays. Le fait même de penser à cela ne pouvait être toléré par le gouvernement qui a demandé à tous ses préfets de poursuivre celles et ceux qui le disent.

 

Il s’agissait donc bien d’un procès politique destiné à impressionner les défenseurs des libertés et plus particulièrement ceux qui refusent de voir des enfants enfermés, fussent-ils étrangers.

 

Il s’agit de tenter de décourager l’expression de la solidarité. Cette solidarité qui est d’autant plus nécessaire à cause des décisions scandaleuses prises début juillet par Monsieur le président de la République à propos des gens du voyage et des étrangers, considérés a priori comme des fauteurs de trouble et des auteurs de délits. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas accepter sereinement ce verdict. Nous ne pouvons pas accepter de nous laisser impressionner.

 

RESF 64 adresse son salut le plus amical aux «six de Pau» et reste à leur côté pour les soutenir dans les décisions qu’ils vont prendre. RESF 64 souhaite vivement que les procès semblables suivants aboutissent à une relaxe entière.

 

Plus que jamais, nous serons là pour défendre les enfants des familles étrangères venues trouver refuge ou asile chez nous, et pour faire vivre les traditions de solidarité de notre peuple et de notre République.

 

RESF 64 - Pau, le 12 août 2010
Lois sauvages.

 

 

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Cinq internautes condamnés pour outrage au préfet des Pyrénées-Atlantiques

 

Le tribunal correctionel de Pau vient de condamner cinq internautes des «six de Pau» à 1000 euros d’amende avec sursis. Ils avaient comparé la politique dexpulsions du préfet à celle de Vichy.

 

Le tribunal correctionel de Pau vient de condamner cinq internautes à 1000 euros damende avec sursis pour outrage envers le préfet des Pyrénées-Atlantiques. Seule Valérie Martinez, qui était également poursuivie, a été relaxée. On suppose que le président du tribunal, Marc Magnon, a estimé que le commentaire quelle avait fait sur internet ne relevait pas de loutrage, au contraire de ses co-prévenus. Mais le même président na pas donné publiquement les motivations de sa décision.

 

En juin dernier, ces six citoyens avaient comparu après avoir posté des mails dindignation, suite à lexpulsion en juillet 2008 dune famille dorigine albanaise. Des mails qui, pour la plupart, évoquaient un rapprochement entre la politique dexpulsions actuelle de sans papiers et la période noire de Vichy, Le dix juin dernier à Pau, les débats avaient porté sur la notion de libre expression, et la possibilité, ou non, au regard de la loi, de prononcer des vocables en référence à Vichy. «Mots interdits», avait dénoncé Me Massou dit Labaquère, lavocate de quatre des internautes venus des quatre coins de la France pour assister à laudience. De son côté, Me Blanchetier, lavocat du préfet Philippe Rey (absent à laudience) avait parlé du «choc» du représentant de l’État «en se voyant comparé en bourreau nazi».

Le tribunal de Pau a donc considéré qu
il y avait bien «outrage à personne dépositaire de lautorité publique», et a suivi, à l’exception de la relaxe, les réquisitions du procureur de la République. Les «six de Pau», comme les avaient nommés leurs soutiens, nombreux au moment de laudience mais absents cet après-midi pour le délibéré, se retrouvent donc cinq à être condamnés à verser solidairement un euro de dommages et intérêts au préfet.

Le syndicat Unité-SGP Police, dont des représentants palois sont venus écouter le délibéré se sont immédiatement félicités de la décision du tribunal. «Tous les fonctionnaires, policiers, préfets ou autres travaillent dans l
intérêt général dans le cadre dun État républicain. Ils appliquent et font appliquer les lois démocratiquement votées. Ils ont droit au respect», a commenté Joseph Cilluffo, secrétaire départemental du syndicat policier.

De son côté, RESF 64 estime que «certes, les peines sont symboliques, mais le juge a suivi le raisonnement liberticide du pouvoir. Il serait interdit de penser à une époque historique du passé quand on se trouve face à une situation qui y fait irrésistiblement penser, et de le dire. Certaines allusions sont autorisées, d
autres ne le sont pas», écrit le Réseau éducation sans frontières dans un communiqué.

 

Leur presse (Nicolas Rebière, Sud-Ouest), 12 août.

 


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