Quatre interpellations à Strasbourg le 21 octobre

Publié le par la Rédaction

Manifs : Dérapages à Strasbourg

 

Les lycéens ont continué à manifester hier en Alsace. Semant parfois, comme à Strasbourg, le trouble au centre-ville.

 

Environ 700 lycéens et étudiants ont manifesté, hier après-midi, au centre de Strasbourg. Entre 14h et 16h, ils ont tenté sans succès d’investir le centre commercial des Halles et la gare de Strasbourg. Mais à chaque fois un impressionnant dispositif policier avait été déployé pour empêcher toute intrusion. Les grilles de la verrière de la gare ont même été tirées derrière les portes d’accès, une chose rarement vue.

 

Deux interpellations

 

Un jeune manifestant de 20 ans et un mineur ont été interpellés. Ils ont tous deux été placés en garde à vue. Selon le parquet de Strasbourg, on leur reproche des dégradations sur des véhicules, rue du 22-Novembre. Un militant de la CGT indiquait pour sa part qu’un des deux interpellés, un lycéen, l’avait été pour jet de projectile (une bouteille plastique vide) et rébellion.

 

 

 

À deux reprises, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène : une première fois rue du 22-Novembre à proximité des Galeries Lafayette et une seconde fois, non loin de là, place de l’Homme-de-Fer, pour empêcher les manifestants d’accéder à l’Aubette. Une lycéenne de 17 ans a fait une crise d’asthme lors du premier tir, une autre lycéenne a fait un malaise place de l’Homme-de-Fer. Elles ont toutes deux été prises en charge par les pompiers. Les manifestants étant mélangés aux gens qui attendaient le tram ou qui faisaient leurs courses place Kléber, une femme qui portait dans les bras une enfant d’environ un an a également été touchée par les gaz et a été mise à l’abri dans le centre commercial de l’Aubette, lui aussi sous haute protection.

 

Vers 16h30, le groupe des manifestants s’était nettement clairsemé et le plus gros des troupes ont rejoint l’Esplanade et le quartier des facultés d’où ils étaient venus.

 

 

 

 

 

 

À Sélestat, environ 400 lycéens sont à nouveau descendus dans les rues, hier matin. Des représentants de la CGT se sont joints au cortège, dans l’intention d’aider les jeunes «à s’inscrire dans la durée» et à «éviter les désordres». Tous ont convenu d’organiser conjointement une nouvelle manifestation après les vacances scolaires.

 

À Mulhouse, près de 400 jeunes ont, pour la 4e fois, paralysé une partie du centre-ville. La direction du centre commercial Porte Jeune a même décidé de fermer ses portes durant toute la journée. Jusqu’à 17h30, la «mobilisation» s’est résumée à plusieurs face à face avec la police et les CRS, ponctués de jets de pierre, ripostes à coup de gaz lacrymogène, de fumigènes ou de bombes assourdissantes.

 

À Saint-Louis, les lycéens du Mermoz, environ 150, ont manifesté pour leur part dans le calme. Même chose à Colmar, où ils étaient plus d’une centaine, et à Thann, où ils étaient une trentaine.

 

Leur presse (L’Alsace), 21 octobre 2010.

 

 

Étudiants et lycéens au centre-ville à Strasbourg : Quatre interpellations aujourd'hui

 

À l'issue de l'assemblée générale du mouvement étudiant, vers midi à l'université de Strasbourg, des étudiants ont décidé de continuer leur action en direction du centre-ville. Environ un millier d'entre eux se dirigent à présent vers le centre-ville de Strasbourg, suivis à distance par des unités des forces de l'ordre.

 

La situation à 19h, bilan de la journée

 

Environ 700 à 1000 jeunes, étudiants et lycéens, ont manifesté dans le centre de Strasbourg cet après-midi. Après avoir tenté vainement de pénétrer dans la gare — un cordon de CRS leur en a bloqué l'accès —, ils se sont déplacés vers la place Kléber. Un premier incident s'est déroulé rue du 22 novembre, où un protestataire a été interpellé par la police, qui a ensuite jeté du gaz lacrymogène sur les jeunes attroupés. Deux personnes ont été victimes de malaises, l'une a dû être hospitalisée. La tension, qui était montée d'un cran suite au premier incident, s'est accrue ensuite, mais les manifestants se sont dispersés en fin d'après-midi sans casse à déplorer. Au cours des face à face de l'après-midi, deux jeunes ont été appréhendés : un étudiant âgé de 20 ans pour avoir jeté une canette en direction des forces de l'ordre et un lycéen de 17 ans pour avoir proféré de nombreuses insultes vis-à-vis des fonctionnaires.

 

Ce matin, à 8h, les forces de l'ordre ont également été amenées à encadrer un cortège improvisé d'environ 500 lycéens qui ont arpenté les rues de Strasbourg. Une centaine d'étudiants anarchistes, se sont ensuite joints au mouvement.

 

Au cours du défilé, deux adolescents de 15 et 17 ans et demi ont été interpellés en flagrant délit. D'après la police, le premier est soupçonné d'avoir giflé une fonctionnaire de police qui assurait l'escorte. Le second a été arrêté pour avoir brisé la vitre d'une voiture garée rue Sainte-Madeleine à Strasbourg.

 

Sur le chemin, des poubelles ont été renversées par les manifestants. Certains jeunes ont été vus en train d'essayer de mettre le feu aux détritus, sans y parvenir.

 

Vers 15h, les étudiants ont rencontré des lycéens place Kléber et se retrouvent dans un face à face tendu avec les forces de l'ordre.

 

À 15h30, le groupe hétéroclite s'est dirigé vers la gare puis et revenu par la rue du 22 novembre. Les policiers ont procédé à une arrestation. Vers 16h, les manifestants essayaient de se rendre à la place des Halles.

 

Vers 16h10, des heurts ont eu lieu au niveau de la place de l'Homme de Fer entre les manifestants et les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.La circulation du tram a été interrompue pour les lignes A et D entre Rotonde et Langstross Grand'rue, et pour les lignes B et C, entre République et Faubourg National.

 

A 17h, les étudiants se dirigeaient vers l'université, où devrait être prononcée la dispersion de la manifestation.

 

Dans un communiqué diffusé en fin d'après-midi, la CGT dénonce les conditions d'une interpellation, place de l'Homme de Fer, sans "raisons apparentes". Le syndicat évoque une interpellation "très violente (gaz lacrymogène et placage au sol)" et parle de "provocation" de la part des forces de l'ordre.

 

Lors de leur AG ce matin, les étudiants ont voté la pour l'abandon de la réforme de la retraite, pour l'allocation autonomie des étudiants, contre la LRU (Loi de réforme de l'université) et exigent la casse du statut des grandes écoles et la banalisation des jours de grève.

 

Leur presse (DNA), 21 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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