Propositions pour l'organisation de nos futures publications

Publié le par la Rédaction

René Riesel aux membres de la section française de l’I.S.
Copies aux sections américaine, italienne, scandinave.

Propositions pour l’organisation de nos futures publications

Paris, le 26 août 1969

Chers camarades,

Dans la discussion qui a eu lieu à la suite de l’annonce faite par Guy le 28 juillet de son intention de ne plus assurer la responsabilité légale et rédactionnelle de la revue française, il me semble que c’est le deuxième point qui est évidemment apparu comme central ; nous avons d’autre part convenu qu’il était souhaitable que des «programmes» soient proposés pour la forme future de la revue, et qui seraient discutés à la VIIIe conférence.

Pour éviter un autre sujet de désordre des travaux de la conférence (du fait qu’il n’y aura pas de texte écrit à l’avance, à part les rapports des sections, ce qui est mince), je propose que nous commencions dès maintenant, même si c’est un peu tard, à discuter là-dessus, et que l’état des débats soit incorporé à la fin du rapport de la section française.

Il est sûr que les problèmes soulevés par la «relève» de la revue sont étroitement liés à ce que nous n’avons pas fait pendant plus de six mois (avec pour point culminant l’absence de l’article de Mustapha [Khayati]), aux tâches que l’I.S. va maintenant se fixer en France, et consécutivement au problème d’une répartition des tâches plus démocratique.

La meilleure part de nos activités dans les derniers mois correspond à l’extension de l’I.S. et au fait que l’Internationale soit maintenant une réalité ; en particulier, la fertile activité de la section italienne et les rapports étroits qu’elle entretient avec la section française au moins. Mais c’est pendant le même temps — sans parler seulement de l’état ridicule de nos liaisons avec la section américaine — que nous sommes entrés en hibernation : absence de tout débat théorique, réunions de routine sous-amicales ; nous en sortons à peine.

L’élargissement de la section française après les «Thèses d’Avril» et le mouvement des occupations aurait sans doute dû corriger au moins une partie des habitudes précédentes : tout au contraire, Guy a assuré la rédaction de plus de 70% du numéro 12, et je ne crois pas qu’il ait pu avoir si peu de discussion théorique à aucun moment de la «troisième période». Alors que «solo il meglio sarà sufficiente» et que l’I.S. devrait s’employer à être toujours plus démocratique, nous ne sommes pas loin d’avoir à prendre garde qu’elle ne le soit moins. En plus du fait que Guy ait «si longtemps» assumé ces travaux, une autre raison suffisante est que, pour le numéro 12 en tous cas, aucune tâche situationniste n’occupait précisément les autres pendant ce temps. Ce qui revient à dire aussi que nous n’avons pas encore trouvé quelles sont nos tâches nouvelles en plus de l’élaboration théorique qui reste à poursuivre : le niveau auquel nous devrons désormais intervenir (par rapport surtout à l’absence persistante de tout groupe révolutionnaire autonome en dehors de nous).

Je crois que seule une discussion approfondie là-dessus permettra un choix satisfaisant pour la forme nouvelle de la revue et déterminera sa place exacte par rapport à nos autres activités. Néanmoins, il semble déjà clair que la revue française devra cesser d’être le réservoir théorique des revues des autres sections. La nouvelle période révolutionnaire internationale qui s’ouvre appelle ses nouveaux théoriciens — le débat sur les conseils ne fait que commencer, et bien mal pour notre compte — : toutes les sections de l’I.S. formées actuellement se trouvant dans des zones où la vieille taupe n’est pas enfoncée trop profond, il n’est pas possible d’alléguer un quelconque sous-développement théorique pour se soustraire à ce débat, qui sera de toutes façons international. Il faudra qu’il soit possible de publier dans la revue française des articles théoriques d’autres sections. Sur ce point, ce que nous connaissons du «goût pour la théorie» des camarades italiens est déjà une garantie pour l’avenir.

Je propose donc quelques mesures formelles qui correspondent à l’état actuel des discussions et qui devront être transformées en rapport de décisions plus générales que nous aurons à prendre. Leur avantage sera essentiellement de vérifier les capacités de tous, et de les utiliser toutes.

1. Périodicité semestrielle (au moins trois numéros tous les deux ans). Au lieu que, comme cela s’est passé jusqu’ici, chaque numéro couvre une tranche d’événements de grande importance, il faudrait perdre un peu de l’éloignement historique pour arriver à des analyses immédiates de faits exemplaires.
2. Le directeur devra être pris parmi les camarades qui pourront l’être également.
3. Il fera partie du comité de rédaction réduit de deux à quatre membres qui aura le travail réel de «direction» de la revue et devrait changer à échéances de deux ou trois numéros par exemple.
4. Je pense que chaque numéro (d’une soixantaine de pages) devra contenir le maximum d’articles non signés dans le style des actuelles «grandes notules» et effectivement écrits par une commission de plusieurs camarades désignés à cet effet.
5. Les articles signés devraient être l’expression des «tendances» dont nous avons admis la possibilité, s’il s’en trouve, ou d’hypothèses à discuter.
6. Textes théoriques sous forme de brochures entre chaque numéro de revue (qui pourraient être prolongés dans la revue par les articles signés).

Pour juger de l’efficacité de ces mesures, qui sont formelles, comme de notre efficacité, il est vrai que nous sommes notre seul tribunal, mais il est non moins vrai que nous sommes les plus impitoyables des juges.

Amitiés

Riesel


Document 2 du Débat d’orientation de l’ex-I.S. (Source.)

Publié dans Debordiana

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Jack 28/07/2010 17:57






2. Le directeur devra être pris parmi les camarades qui pourront l’être également.


 


Vous voulez dire :


 


2. Le directeur devra être pris parmi les camarades qui pourront l’être légalement.



Alexis 28/07/2010 11:06



Quel intérêt, autre qu'une fastidieuse recherche paléo-archéologique pour étudiant prolongé, peut avoir un tel texte quand on sait que toutes ces bonnes résolutions n'ont eu aucune suite
pratique et se sont écroulées dans les mois qui ont suivi ?


Voilà un type de reparution aussi inutile que dénuée d'une quelconque portée, mais quel respect infantile pour les débris de l'IS !