Procès du 25 août à Paris : annulation de la procédure

Publié le par la Rédaction

Présumé anarchiste, jugé pour une lacrymo

 

Identifié comme anarchiste à cause de ses vêtements noirs, un homme a été placé en garde à vue puis jugé parce qu’il transportait une bombe lacrymogène. Le tribunal a annulé toute la procédure, entachée d’irrégularités.

 

Manifestation pour la liberté de circulation, Paris, 21 juin 2009

 

Place de la République à Paris, le 29 mai. À 15 heures, une manifestation contre les expulsions de sans-papiers est prévue, à l’initiative du réseau associatif No border, pour la liberté de circulation. Non déclaré, le rassemblement est considéré par la police comme une action «de la mouvance anarchiste» et particulièrement surveillé.

 

Une heure avant la manif, cinq personnes (trois femmes et deux hommes) «dont l’apparence et le comportement laissent supposer un groupe à risque de la mouvance anarchiste», selon le procès-verbal, discutent sur la place.

 

Soudain, les gendarmes mobiles les encerclent et contrôlent leur identité. Dans un sac, les agents trouvent une bombe lacrymo de 50 mL, de la taille d’un flacon de parfum, des tracts et des autocollants «Non aux expulsions». Le propriétaire du sac, un serveur de bar de 37 ans au casier judiciaire vierge, passe sept heures en garde à vue. Motif : attroupement armé.

 

«Contrôle au faciès politique»

 

Son procès s’ouvre le 25 août devant la 16e chambre correctionnelle à Paris. Le tribunal l’accuse donc «d’attroupement armé», mais aussi de «refus de prélèvement biologique», puisque l’homme accepte de donner sa carte d’identité et ses empreintes, mais pas son ADN.

 

L’avocate de l’homme, réservée mais sûre de son fait, demande l’annulation de la procédure : les gendarmes auraient procédé à un «contrôle au faciès politique», basé sur un style vestimentaire. «En quoi être habillé en noir laisse présager d’un trouble à l’ordre public ?», interroge-t-elle.

 

Elle soulève d’autres étrangetés : habilitées à une simple palpation de sécurité, les forces de l’ordre ont ouvert le sac de l’homme, ce qui s’apparente à une perquisition. C’est comme ça qu’ont été découverts la lacrymo et les tracts. La police réclame ensuite un prélèvement ADN, ce qui n’est pas autorisé pour le délit d’attroupement. Conclusion : selon l’avocate,  le PV est «infondé en droit».

 

Les bombes lacrymogène sont en vente libre

 

Question de la présidente : «Est-ce que vous trouvez opportun d’avoir une bombe lacrymogène sur vous alors que vous vous rendez à une manifestation ?» Réponse de l’accusé : «Je l’ai toujours sur moi, en cas d’agression. C’est en vente libre. Quand je l’ai achetée en armurerie, on ne m’a pas précisé que je ne devais pas la prendre à certains moments. Je ne considérais pas ça comme une arme mais comme un outil de défense.»

 

Le procureur, ensommeillé et moustachu, oublie la procédure et défend la police. «Ils ont eu raison de les contrôler, puisqu’ils trouvent des tracts.» Il demande 500 euros d’amende. Trois heures plus tard, la présidente prononce le jugement, annulation de la procédure. Et s’adresse au prévenu : «Vous pouvez partir.»

 

Leur presse (Les Inrocks), 26 août 2010.

 


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le groumpf 28/08/2010 04:17



A quelques critiques près (qui sauraient être formulées ultérieurement), j'apprecie votre blog et je suis solidaire de votre lutte contre la censure latente des procédures intentés par le
sinistre Hortefeux et consors.



Ceci étant dit : comme d'autres, j'ai participé à la prépartion de la manifestation No Border, et je peux vous dire qu'elle a été déclarée, de force, à la demande même des flics qui ont convoqué
des camarades après avoir retrouvé des appels  la manif (ce que les flics peuvent faire avec une pauvre adresse mail et en fichant tout le monde, c'est merveilleux la téchnologie). Qu'en
conséquence ce que dit cet article des "inrocks" est faux. Il s'agit plutôt du parcours de la manif, qui ne s'est pas laissée immédiatement encerclée mais à tenter de s'imposer (puisqu'aucun
parcours n'a été finalement communiqué par la prèf : ou comment foutre la pression aux gens pour tenter de les paralyser).

Et qu'entres autres mythos de  la presse bourgeoise -ou du moins ce que cet article laisse entendre- les gazeuses, bien qu'étant en vente libre (comme la soude, les allume-feux, l'essence,
les couteaux de chasse, les pieds de biche et les fourches... n'est-ce pas ;-) ) c'est une arme de 6e catégorie (au moins pour le CS et Poivre) et qu'en conséquence, il est interdit d'en porter
sur soi et qu'au mieux, on se la fait confisquer... Dans d'autre cas (avoir un casier, des casseroles, une manif qui dégénère, une embrouille avec les flics) le seul fait d'en transporter une est
une circonstance aggravante.


Pour finir, concernant les test ADN, je sais pas ce que ces gens fument (mais je veux bien goûter) parce que ça m'étonnerait franchement que les keufs n'aient pas le droit de demander leur ADN
pour attroupement, étant donné que nombre de camarades ont été condamnés pour refus après une demande pour bien moins que ça (genre collage d'affiche sauvag) et qu'à ma connaissance :  seuls
les auteurs présumés de délits financiers sont exemptés d'une demande de prise d'ADN. Et comme ça peut pas faire de mal : revoir ses classiques sur infokiosque.net concernant l'ADN, et notamment
la brochure "Ouvrez la bouche, dit le policier". les autres ici : http://www.infokiosques.net/recherche.php3?recherche=ADN&zou.x=0&zou.y=0


Tout ça pour dire que relayer les articles de la presse bourgeoise sans vérifier la validité des "informations" (ahum...) et le cas échéant y ajouter quelques notes n'est jamais inutile.

A bon entendeur,


Salutations Anarchistes.