Pour un logement de tous et toutes : Voisins, voisines, organisons-nous !

Publié le par la Rédaction

 

Dans la société capitaliste le logement n’a jamais été considéré comme un droit fondamental. Le droit au logement s’est imposé en France suite aux luttes nombreuses de locataires au début du XXe siècle. La participation importante de militants et militantes anarchistes au développement de ces luttes, a permis la diffusion de revendications en rupture avec l’ordre dominant et la proposition en actes de modes d’actions directes contre les propriétaires : grève des loyers et déménagement avant les termes, réquisition et occupation des logements laissés vides.


Aujourd’hui, le logement est toujours soumis à un rapport marchand et reste un miroir des inégalités sociales.


Le logement, vécu par le plus grand nombre comme une source d’inquiétude, est plus que jamais remis en question dans son accès et la garantie de conditions dignes.


D’un côté l’État favorise de plus en plus l’accès à la propriété (parfois en contrepartie de dettes interminables) et les riches propriétaires : l’ensemble des politiques de défiscalisations des revenus des propriétaires et les aides directes pour la mise en location de leurs biens représentaient 15 milliards d’euros en 2009.


De l’autre, les habitants paient des loyers de plus en plus chers. Pour les familles les plus humbles, le loyer représente la moitié du salaire, du jamais vu auparavant. Elles sont contraintes d’accepter sans autres alternatives des logements de plus en plus insalubres. L’avenir s’assombrit toujours plus pour les locataires, qui en 2009 étaient 3,5 millions de personnes à être très mal-logés ou pas logés du tout. En tout, ce sont 10 millions de travailleurs et de travailleuses à être dans une situation de mal-logement et de grande précarité.


L’État, en «renonçant» à construire les 900'000 logements sociaux indispensables, organise la pénurie de logements qui engendre la flambée des loyers.


Pour permettre la libération et l’émancipation de toutes et tous, il est nécessaire de lutter contre ces logiques capitalistes qui prônent la marchandisation de nos conditions de vie. L’accès au logement ne doit plus être soumis au gré des spéculations des classes possédantes, sources d’inégalités. Le droit à un logement en fonction de ses besoins doit être affirmé face à la propriété. Ce serait un premier pas vers l’égalité économique et sociale.


Pour imposer notre rapport de force face aux propriétaires qui spéculent et à l’État qui les soutient, nous avons dans nos mains de nombreuses armes de solidarité et de luttes : rassemblement contre les mairies qui permettent les expulsions, contre les régies qui nous exploitent, grève des loyers, réquisition et expropriation des logements vides.


Pour mettre en action ces modes de luttes, il est nécessaire de se réunir, habitantes et habitants d’un même quartier, en comité de lutte et de se coordonner avec les quartiers voisins. S’unir ainsi et échanger nos pratiques de luttes permet à la fois de réagir efficacement aux urgences (expulsion, absence de toit), tout en menant une lutte permanente contre la montée des prix et l’insalubrité.


Un logement pour tous et toutes,
c’est ensemble que nous l’obtiendrons !


L’Égalité économique et sociale, avril 2010
Feuille du groupe lyonnais de la CGA.

 


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