Pour sortir de l'impasse, quelle stratégie syndicale ?

Publié le par la Rédaction

Construire l’interpro ?

Quel bilan tirer des appels quasi-rituels des organisations syndicales ces dernières années, qui, en plus de cloisonner et réduire une lutte à un secteur bien précis, apparaissent souvent sous la plume des journalistes comme des coups d’éclat (pas très reluisants dailleurs) dune minorité de salariés qui refuseraient les sacrifices nécessaires en période de crise ?

Le dernier exemple en date dans l
’Éducation ressemblait à une journée test. Test pour des syndicats qui semblent faire le bilan de leur (im)puissance actuelle et test pour le Ministère qui se félicite finalement que si peu denseignants soient en dehors des clous.

Dans ce contexte, on peut se demander quel est l
intérêt de la grève, au risque de tomber dans le fatalisme ambiant. Sil sagit de se retrouver entre personnes convaincues et de se compter ; peut-être serait-il suffisant de se limiter à des réunions de secteurs et advienne que pourra…

Le 24 novembre aurait pu être l
occasion de commencer à construire quelque chose de plus large, loccasion dentrer en contact avec des collègues ou avec dautres secteurs dactivité. Au lieu de ça, on a pu entendre que finalement la convergence de la Maternelle à l’Université était caduque et inutile. On a même réussi sur Lyon à éviter brillamment nos compagnons de grève postiers !

Il semblerait que la journée annoncée du 15 décembre soit calibrée pour ressembler à cette journée du 24 novembre. Un appel intersyndical à une journée d
action qui sinscrit dans une vague de mouvements au mois de décembre (transport SNCF, RATP, TCL, France Télécom…) mais qui ne propose à ce jour aucun outil pour construire un mouvement plus large et interprofessionnel.

Or il est évident que le seul moyen de construire un rapport de force et de gagner est de créer des liens entre les différentes luttes. Bien sûr un tel mouvement ne se décide pas, ni ne s
improvise en un jour, bien au contraire il se construit dans le temps. Or le temps file dune journée daction à lautre sans que rien ne se construise ni ne se décide. Car lors de ces journées la volonté de coordonner, de tisser des liens entre secteurs est totalement absente.

Il est donc aujourd'hui nécessaire daller à la rencontre des autres dans un cadre syndical, mais aussi de manière plus pragmatique sur leurs lieux de travail. Partir des collectifs existants et aller soutenir des salariés en grève, faire connaître et échanger sur les attaques dans chaque branche est la seule alternative à la tendance actuelle qui consiste à défendre son pré-carré. Cest en sunissant pour résister que nous parviendrons à repousser les attaques et à imposer un projet de société décidé par nous tous.

Tartagueule à la récré no 77, décembre 2009
Bulletin de la CNT Éducation du Rhône.


Publié dans Éducation

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miettou 15/12/2009 19:01


pour sortir de l'impasse, quelle stratégie syndicale ?

Vous vouliez dire "antisyndicale" ?

commencer par combattre les syndicats, ce serait déjà un bon début non ? Etant donné leur nature fondamentalement contre-révolutionnaire.

La CNT aussi ne peut que prendre acte de son impuissance. Un syndicat révolutionnaire : quel bel oxymoron de l'époque !

Quel dommage que tant de personnes valeureuses s'enlisent dans les contradictions et les illusions d'un résidu de syndicalisme révolutionnaire impuissant et mort depuis longtemps. Quelle énergie
gaspillée à produire toujours les mêmes textes et communiqués insignifiants, toujours les mêmes discours, les mêmes erreurs. Dommage.

Vivez au lieu de militer ! c'est comme ça que nait la subversion : de la recherche d'une vie authentique !