Policiers contre syndicalistes dans le Nord : la justice condamne

Publié le par la Rédaction

Retraites : Deux syndicalistes condamnés

 

Deux délégués syndicaux nordistes ont été condamnés à des peines de principe ou d'amendes pour avoir heurté des policiers avec leurs véhicules lors des manifestations contre la réforme des retraites en octobre à Calais et Dunkerque, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

 

Christian Muys, responsable du syndicat Sud-Collectivités territoriales à Dunkerque (Nord), a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de la ville pour violences à 500 euros d'amende, un euro de dommage et intérêt et devra prendre à sa charge les 200 euros de frais de justice engagés par la partie civile. Le syndicaliste était poursuivi pour avoir heurté un policier alors qu'il tentait de rejoindre la manifestation dunkerquoise du 22 octobre au volant de sa voiture chargée de drapeaux. Il a annoncé son intention de faire appel et de porter plainte contre le policier concerné pour «faux procès verbal et fausses déclarations».

 

Un militant CGT a de son côté été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) à six mois de prison avec sursis, 9 mois de suspension du permis de conduire et 500 euros d'amende pour avoir blessé deux policiers lors de la manifestation du 19 octobre à Calais. Il devra également verser 1.000 euros de dommages et intérêts aux deux plaignants. L'homme, qui présentait un taux d'alcoolémie de plus d'1,5 g/l de sang au moment des faits, avait fait marche arrière et renversé les deux fonctionnaires, qui s'étaient vu prescrire deux jours d'ITT. Le tribunal a en revanche accédé à la demande de la défense de ne pas inscrire cette condamnation à son casier judiciaire. La CGT locale avait menacé de bloquer le port de Calais dans le cas contraire.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 5 janvier 2011.

 

 

Déclaré coupable de violences sur un policier, le syndicaliste Christian Muys ne désarme pas

 

Hier matin, le tribunal correctionnel de Dunkerque a rendu sa décision dans «l'affaire Christian Muys», ce délégué syndical poursuivi pour des violences sur un policier. Il a rendu un jugement de culpabilité envers le syndicaliste de SUD (Solidaires), assorti d'une peine symbolique : 500 € d'amende, 1 € de dommages et intérêts et 200 € au titre des frais de justice à verser au policier plaignant.

 

Rappel des faits : le 22 octobre, en se rendant à une manifestation devant l'usine Valdunes à Leffrinckoucke, Christian Muys tombe sur un barrage de police. Dans sa voiture remplie de drapeaux militants, il demande aux policiers l'autorisation de passer, comme il en a l'habitude, et continue à rouler au pas vers le rassemblement. C'est là que l'affaire s'enclenche : les policiers déclareront que la voiture a heurté par deux fois un de leurs collègues, ce que Christian Muys nie farouchement. Mais qui lui vaudra d'être poursuivi pour violence sur un policier.

 

Lors de l'audience correctionnelle, le 10 décembre, l'ambiance avait été bien plus chaude que dans toutes les manifestations contre les retraites de l'automne. Alors que le procureur de la République réclamait une condamnation de principe (500 € d'amende), une trentaine de militants syndicaux étaient venus soutenir Christian Muys, qui dénonçait «un procès politique».

 

Bobigny en référence

 

Sa déclaration de culpabilité, hier matin, l'a conforté dans cette optique : «C'est un exemple de criminalisation du syndicalisme et d'un syndicaliste», ressentait-il juste après l'énoncé d'un jugement qui, à ses yeux, porte atteinte à son intégrité et le discrédite.

 

«La justice n'est pas indépendante, elle soutient sa police», grinçait encore Christian Muys, qui estime que les juges n'ont pas tenu compte des preuves qu'il a apportées. Hier matin, il déplorait aussi l'absence à la barre du policier qui l'a mis en accusation.

 

Un policier et ses collègues contre lesquels, aujourd'hui, Christian Muys compte bien se retourner. Faisant référence à la récente affaire de Bobigny, dans laquelle sept policiers ont été condamnés pour de fausses déclarations, le syndicaliste annonçait hier vouloir faire appel du jugement, d'une part, et porter plainte contre les policiers présents lors de l'incident à Leffrinckoucke «pour faux procès-verbal, fausse déclaration de violences et déclarations mensongères sur de fausses accusations de violences».

 

La plainte devrait être appuyée par l'union locale Solidaires Dunkerque, le MRAP, MNLE Nord - Pas-de-Calais (Mouvement national de lutte pour l'environnement), associations auxquelles adhère Christian Muys, et qui ont annoncé leur intention de se constituer partie civile. Affaire à suivre.

 

Leur presse (Annick Michaud,
La Voix du Nord), 4 janvier.

 

 

Un de leurs représentants condamné à Dunkerque : les syndicats dénoncent un «procès politique»

 

À Dunkerque, le monde syndical est en émoi. Le tribunal correctionnel vient de condamner un syndicaliste pour des violences envers un policier.

 

L'affaire remonte au 22 octobre. Christian Muys, 56 ans, délégué local du syndicat SUD-Solidaires, se rend à une manifestation contre la réforme des retraites organisée devant l'usine Valdunes à Leffrinckoucke. Sa voiture chargée de drapeaux, il se retrouve face à un barrage policier.

 

Fort d'une coutume qui veut que les forces de l'ordre laissent passer les syndicalistes, Christian Muys se signale et avance doucement. Les policiers ne l'entendent pas de cette oreille et lui demandent de s'arrêter. Ils dénonceront l'attitude du syndicaliste qui, disent-ils, a heurté à deux reprises un de leurs collègues avec sa voiture.

 

Le différend ne s'arrête pas à quelques centaines de mètres de la manifestation. Il va en justice : le syndicaliste est poursuivi pour des violences sur un policier.

 

Appel et dépôt de plainte

 

Jugé le 10 décembre, Christian Muys s'est défendu d'avoir heurté le policier. Et a estimé être victime d'un «procès politique», quand le procureur de la République réfutait la thèse de la répression syndicale pour dénoncer le «manque de sang-froid» de Christian Muys le jour des faits.

 

La thèse du parquet a été retenue par le tribunal correctionnel de Dunkerque, puisqu'il a déclaré le syndicaliste coupable de violences sur un policier. Et a prononcé une condamnation de principe (500 € d'amende, 1 € de dommages et intérêts et 200 € de frais de justice à verser au policier plaignant). De principe, mais qui suffit largement à attiser la colère de Christian Muys et de ses amis : «C'est un exemple de criminalisation du syndicalisme et d'un syndicaliste», fulmine l'intéressé.

 

L'affaire ne s'arrêtera pas là. Faisant référence à la récente affaire de Bobigny dans laquelle des policiers ont été condamnés, Christian Muys a décidé de faire appel et de porter plainte contre les policiers pour «faux procès-verbal, fausse déclaration de violences et déclarations d'auditions mensongères sur de fausses accusations de violences».

 

Leur presse (Annick Michaud,
La Voix du Nord), 5 janvier.

 

 

Pendant une manif, il avait foncé sur des policiers avec sa voiture : six mois avec sursis

 

Lors d'une manifestation calaisienne contre la réforme des retraites, un militant CGT de 40 ans, éméché, avait foncé sur un groupe de policiers. Deux fonctionnaires avaient été blessés aux jambes. L. C., agent d'exploitation, a été condamné hier par le tribunal de Boulogne.

 

Le 19 octobre dernier, à Calais, les manifestants défilent contre la réforme des retraites. Au moment où le cortège se sépare, ne restent plus que des lycéens et des militants. «L'atmosphère était particulièrement houleuse, rappelle le président. Les manifestants lançaient des projectiles, les policiers répliquaient avec des gaz lacrymo.» Soudain, ça dégénère. L. C., militant CGT, monte dans sa voiture, stationnée à proximité, et démarre en marche arrière vers le cordon de policiers. Deux d'entre eux sont percutés au niveau des jambes. Blessés, ils se verront chacun octroyer une ITT de deux jours.

 

Le prévenu est interpellé quelques minutes plus tard. À la barre, il tente de s'expliquer : «Ce n'était pas un acte volontaire. J'ai présenté mes excuses aux deux policiers, et je les réitère.» L'homme prétend avoir «mal évalué la distance». Il avait 1,8 g d'alcool par litre de sang : «J'avais bu quatre ou cinq Ricard, mais je pensais avoir toutes mes facultés».

 

«Le véhicule est passé une première fois à notre hauteur, le conducteur nous a insultés, raconte l'un des policiers blessés. Il s'est arrêté discuter avec un militant. Puis il a donné des coups d'accélérateur avant de repartir en marche arrière. On était en première ligne, en plein milieu.» «Je pensais que cet homme voulait juste nous impressionner», complète son collègue.

 

Les policiers cherchaient à évacuer le rond-point des Abattoirs. «On n'a pas eu le temps de reculer quand cette voiture est arrivée à vive allure, explique un témoin, capitaine de police. Je n'avais jamais vu ça.» Me Debeugny, avocat des parties civiles, n'émet aucun doute sur «le caractère volontaire des faits. Les victimes ne doivent leur salut qu'à leurs collègues, qui les ont tirés vers l'arrière.» «La prise de risque était maximum, estime la procureure. Ce véhicule a été transformé en voiture-bélier.» Pour l'avocate du prévenu, «on veut le faire passer pour un fou furieux ! Il a certes eu un geste inconsidéré en reculant, mais rien ne prouve son intention de foncer sur le cordon.»

 

L. C. écope de six mois de prison avec sursis. Il devra payer une amende de 500 € et indemniser ses victimes (1000 € chacune, une expertise médicale est demandée pour l'un qui aurait des séquelles). Son permis est suspendu pendant neuf mois.

 

Leur presse (Céline Rudz,
 La Voix du Nord), 5 janvier.

 


Commenter cet article