Police au collège : le CA vote contre

Publié le par la Rédaction

 

Vaulx : le collège des Noirettes vote contre la permanence policière

 

Les enseignants des Noirettes ont organisé un «référendum» : 89% des votants ont réclamé le départ du policier référent. Une motion votée et approuvée par le Conseil d’administration


Depuis la rentrée, le collège des Noirettes de Vaulx-en-Velin [
Pour cause de travaux, le collège des Noirettes est actuellement hébergé à Villeurbanne, dans les locaux de l’ancien collège Jean-Vilar.] teste un nouveau dispositif : la permanence d’un policier-référent une après-midi par semaine (lire nos éditions du 13 octobre). Une présence qui suscite doutes et interrogations chez les enseignants. Pour en avoir le cœur net, ils ont organisé en salle des professeurs les 22, 23 et 24 novembre un référendum, où pouvaient voter les 40 professeurs titulaires et plus globalement l’ensemble du personnel (une petite centaine de salariés). Sur les 35 votes exprimés, 31 se sont prononcés en faveur du texte qui demande «la fin de la présence de ce policier». Forts de ce vote, les enseignants ont lu le texte quelques jours plus tard au Conseil d’administration, et ont souhaité qu’il y ait un vote sur cette motion. Les membres de la direction ont refusé de prendre part au scrutin à bulletin secret. Les élèves, les parents et les enseignants qui se sont exprimés ont donné une courte majorité au texte, qui dénonce un «dispositif contraire aux missions de l’école».

 

Ces deux votes, sans vraie valeur officielle, ne changeront rien. mais ils en disent long sur les débats qui agitent le collège. «La présence d’un policier dans l’école est de plus en plus mal perçue. Et les collègues qui étaient plus hésitants que nous au départ, se rendent bien compte maintenant qu’il serait bien plus utile dans la rue», affirme Marc Jampy, enseignant (Snes). «C’est un changement philosophique qui n’est pas anodin. Et derrière ce mélange des genres, il y a des enjeux terribles. On préférerait avoir un surveillant supplémentaire. Ou mettons un policier dans le bus qui dessert le collège : on sait que c’est du grand n’importe quoi dans ce bus et qu’il y a du vol, du racket, des bagarres. Beaucoup d’élèves évitent de le prendre», affirme Jeanne Navarro, enseignante. «Il y a de gros problèmes de violences dans le bus, et on nous dit que ce n’est pas son travail. Une partie des parents se demandent pourquoi elle est là. Et franchement, moi, une arme à l’intérieur du collège, ça me dérange», affirme Christèle Lairy, parent d’élève élue au CA. De nombreux parents sont plus partagés, et pensent que le dispositif doit être essayé.

 

«Elle travaille surtout dans le cadre de la prévention, et on est en train de construire sa place», explique la Principale, Mme Béjean. «Elle a un bureau et se tient disponible pour les relations avec les personnels et les élèves. Elle participe au Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté et nous lui demandons de faire des rappels à la loi, pour certains élèves.»

 

Laurence Loison

 

À Rillieux, «une présence acceptée» ? 
Le collège P.-É.-Victor de Rillieux est le deuxième établissement du département à intégrer ce dispositif. Ici, c’est un gendarme de la brigade locale qui occupe un bureau mis à sa disposition une demi-journée par semaine. Objectif : «Instaurer un climat de confiance avec la communauté éducative», rappelle le lieutenant-colonel Fabre, commandant adjoint du groupement du Rhône. Le militaire en question n’est pas un inconnu puisqu’il était depuis 2004 le «correspondant sécurité» de l’établissement et avait déjà noué des contacts avec la direction. «Il est à l’écoute et peut recevoir des professeurs et des élèves. Il apporte aussi des conseils sur l’amélioration de la sécurité dans les bâtiments. Mais il n’intervient pas sur les questions internes de discipline qui sont du ressort de l’Éducation nationale», précise l’officier. D’après lui, «la présence du gendarme a été globalement acceptée. Même s’il peut y avoir des réticences.» Jointe hier, la FCPE du collège n’a pas souhaité faire de commentaires, indiquant simplement : «Le dispositif nous a été imposé, nous n’avons pas eu le choix». Ces derniers mois, certains parents d’élèves s’étaient toutefois interrogés sur l’opportunité d’une telle présence, en réclamant plutôt un renfort de professeurs et de surveillants. Le conseil d’administration du collège s’est d’ailleurs abstenu il y a quelques jours lors du vote prévu pour attribuer une salle au gendarme.

 

Leur presse (Le Progrès), 8 décembre 2010.

 

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