Poitiers : Liberté !

Publié le par la Rédaction

Liberté immédiate pour les Cinq de la Fête de la musique et abandon des poursuites ! Abandon des poursuites envers Alain !

 

C’est une habitude bien établie dorénavant à Poitiers. À chaque manifestation, y compris festive, la police et la «Brigade anti-criminalité» provoquent, photographient, filment, harcèlent les jeunes militants pour réussir à en arrêter quelques-uns à la fin. Pour faire du chiffre mais aussi et surtout pour isoler les militants et casser le mouvement social. Cest ce qui sest encore passé lundi, à Poitiers. Ce fut une Fête de la musique complètement morte parce quinstitutionnalisée, avec ses rues vides, ses rares concerts choisis, une présence policière massive : cocktail détonnant qui fait de Poitiers une ville tétanisée où règnent lennui et lintimidation. Les policiers, sous la direction omniprésente de M. Papineau, directeur départemental de la Sécurité publique (devenu célèbre pour attirer vers lui des petits objets aussi divers quune pile, un briquet, un caillou … sans jamais être en rien blessé), nont pas lâché la quinzaine de têtes connues de certains jeunes militants. Jusquà ce quils entendent, diront-ils, une menace et que, selon leurs déclarations, le même scénario se reproduise : une bouteille atterrisse aux pieds de M. Papineau. Résultat : cinq policiers «blessés» et six arrestations.

 

Nous mettons «blessés» entre guillemets car les syndicats de police se sont plaints que les policiers nont pas pu obtenir des ITT de la part du CHU, ce qui voudrait dire que ce nétait pas si grave quils le prétendaient… Et comment se fait-il que sur douze policiers sur-entraînés et dont cest le métier, cinq se fassent «blesser» par six jeunes plutôt fluets dont deux filles (des militants dont on a vu létat physique bien amoché au tribunal) ? Manque dentraînement ? Maladresse ? Désir de passer pour «victimes» ? Les policiers de la BAC, fragiles ? Qui veut croire à cette fable sinon le Préfet qui s’est empressé de porter plainte au nom de l’État et quelques personnes à l’affût du moindre fait divers.

 

 

Selon le Comité anti-répression il ne sagirait que de méthodes de répression policières des mouvements sociaux, méthodes déjà expérimentées dans les quartiers puis un peu partout : harcèlements, suivis de tabassages, darrestations, de gardes à vue prolongées et de procès. Que faisaient donc la police et la Bac à la Fête de la musique, des heures durant ? Nétaient-ils pas là pour provoquer et en découdre ? Et le maire nétait-il pas au courant de leur omniprésence et de leurs projets ?

 

Comment donc les juges pourraient-ils encore faire confiance à M. Papineau, un homme qui fut, le 10 octobre, tout à la fois la victime, le témoin, celui qui arrête, celui qui interroge, celui qui enquête … lhomme orchestre de la répression quoi ! et tout cela sans lombre dune seule preuve… Un talent rare qui devait être réutilisé ? Comment les juges ne sapercevraient-ils pas que cest cousu de fil blanc : plus de trente policiers au procès mercredi 23 juin, douze se portant partie civile, et le chef des RG présent. Et encore : un policier avec une attèle qui peine à faire semblant de boiter ? Sans oublier un commissaire Papineau sur son 31, faisant une entrée et une sortie spectaculaires ! Bref il ne manquait plus, comme le dira dailleurs une avocate, que la venue du ministre de lIntérieur, et la pièce du 10 octobre était rejouée. Farce sinistre.

 

Pourtant, les juges ne croient pas toujours aux fables de la BAC. Même si le parquet sest pourvu en cassation, Nina a été relaxée, au début de lannée, sur demande de lavocat général lui-même. Tous les policiers ne semblent pas y croire non plus. Qui pouvait envoyer, il y a quelques mois, la note de M. Papineau — lettre étonnante et fort instructive dans laquelle il mettait en cause le Comité anti-répression et la presse —, à cette même la presse locale sinon lun des policiers destinataire ?

 

Outrage, rébellion et violence sont cités en chefs dinculpation contre les six jeunes militants qui, heureusement, décident de ne pas accepter la comparution immédiate, ce sinistre outil de la justice pour annihiler toute possible défense. Le procès a donc été renvoyé au 8 juillet, mais, en attendant, cinq jeunes militants sont en détention provisoire à la prison de Vivonne et la dernière est placée sous contrôle judiciaire.

 

Que les forces de l’«ordre» se sentent aussi libres dans leurs façons d’agir n’est que la traduction d’un rapport de force en leur faveur. Grévistes, jeunes militants, sans papiers, «radicaux» en font les frais depuis trop longtemps. Plus que jamais nous appelons à ce que la peur change de camp.

 

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux appelle à un premier rassemblement en même temps que le rassemblement de soutien à Alain (convoqué le lendemain par la juge d’instruction du TGI de Paris pour «outrage») lundi 28 juin à 18h devant le Palais de justice.
  Liberté immédiate pour les Cinq de la Fête de la musique et abandon des poursuites ! Abandon des poursuites envers Alain !
Rendez-vous devant le Palais de Justice de Poitiers le 7 juillet à 18h et soutien le jour du procès le 8 Juillet à 16h.

 

Comité poitevin contre la répression
des mouvements sociaux, 25 juin 2010.

 

 

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 Répression à Poitiers

 

On pensait que le climat s’était un peu calmé à Poitiers depuis les vagues qui avaient agité la ville (voir ci-dessous) doctobre à février. Bah cest reparti.

 

Durant la Fête de la musique, six camarades ont été interpellés suite à une bagarre avec la maréchaussée. Un échange de coups a eu lieu et six policiers auraient été blessé (la bonne blague, un des mecs qui courait comme un lapin lundi soir sest présenté au procès avec une atèle).

 

À lorigine (selon la presse locale et donc à peu près aussi fiable que lhoroscope de Madame Irma), une personne aurait vu le désormais célèbre commissaire Papineau qui patrouillait (par hasard) dans les rues. Sur ce elle aurait crié : «Papineau, on aura ta peau». Ce slogan était apparu sur les murs de Poitiers à la suite du 10 octobre et de la répression qui sen est suivie (comme par hasard). Ensuite la personne (ivre bien sûr) aurait jeté une bouteille sur le groupe de flics. Il se trouve que cette personne évoluait dans le milieu «anarcho-autonome» (ça fait énormément de hasards dis donc). Rappel : «Anarcho-autonome» pour les flics cest à peu près tous les militants révolutionnaires extra-orga, partant de là cest vaste.

 

Il est quand même formidable de penser quun militant révolutionnaire aurait lidée dinsulter un commissaire, puis de lui jeter un projectile à la gueule à visage découvert. Autant vous dire que ça sent le bidonnage.

 

Après une course poursuite (la personne était apparemment très ivre mais tout de même capable de faire courir les flics un demi kilomètre sans se faire prendre avant datteindre la place du marché) la personne sest faite arrêter. Puis, les amis de celle-ci (des militants politiques, quel surprise !) se sont jetés sur les keufs pour la libérer. Évidemment les flics ont rameuté tout le monde et hop ! au comico !

 

(Il sagit ici de la version de la presse toujours, il ny a rien de clair.)

 

Quoi quil en soit, les six ont fait 48 heures de GAV. Cest long. Visiblement ils ont été frappés (on ne sait pas si cela a été fait en GAV ou durant la bagarre mais il paraît que cest pas beau à voir).
Je n
étais pas au procès. Je ne peux pas dire comment ça sest passé. Juste ils ont refusé la comparution immédiate et le procès a été renvoyé au 8 juillet.

 

En attendant, cinq des six personnes écrouées ont été emmenées à la tristement célèbre prison de Vivonne. La sixième est soumise au contrôle judiciaire (pointage tous les deux jours au commissariat).

 

À bas la répression ! À bas la justice de classe !

 

Indymedia Nantes, 23 juin.


Plus d’infos : Fête de la musique : La police travaille à Poitiers



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Poitiers, létat de siège

 

Nouvelle répression ce lundi soir 21 juin, il y a des gens en prison et un appel à manifester au moment du futur procès le 8 juillet à 16h devant le palais de Justice (?) de Poitiers.


Cela n
a échappé à personne, la ville de Poitiers est en proie à une agitation inhabituelle ces derniers mois. Bien sûr il y a eu la manifestation anti-carcérale du 10 octobre qui a suscité une certaine effervescence dans la ville et sur aussi sur la Toile. La répression sest ensuite abattue sur les militants ayant eu le malheur de se retrouver dans les pattes de la justice. Huit personnes ont été condamnées, trois à de la prison ferme.

Suite à cette répression aveugle, un mouvement très large de contestation s
est établi, une manifestation se déroule le samedi suivant regroupant 800 personnes. Là encore, elle est réprimée par le commissaire Papineau, le sbire du préfet Tomasini qui vient lui-même épauler ses hommes dans linterpellation de militants pourtant très calmes.

Le lundi 19, une manifestation contre la répression rassemble 1000 personnes. À partir de là, rien ne sera plus comme avant.

Pas un rassemblement,
pas une manifestation qui ne soit encadrée par les «forces de lordre» en nombre disproportionnées (comme lors de lappel des procès du 10 octobre).

Parallèlement la répression quotidienne s
abat sur les militants poitevins. Les méthodes utilisées, de type soviétique (écoutes téléphoniques prouvées, suivi par des flics en civil jusque sur le pas de porte de sa propre maison, contrôles didentité permanents…) se généralisent.

Mais cette répression a franchi un cap ces deux dernières semaines :

Le 26 janvier,
un camarade est victime dun faux témoignage laccusant davoir «arraché une publicité» alors que les policiers le suivaient de retour dune soirée.

Le 6 février, la manifestation de soutien aux sans-papiers, pourtant pacifiste et droit-de-l
hommiste est violemment chargée par la police (des témoignages et des coupures de presse ici).

Enfin, le 8 au soir,
des militants sont une nouvelle fois contrôlés par la police municipale pour un collage daffiches.

Face à cela des réponses ont été apportés. Depuis juin 2009 et le début des intimidations policières contre les étudiants, le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux s
’évertue à lutter contre ce qui semble être devenu un passe-temps pour la Préfecture de police. Le comité cherche à développer à travers des textes une stratégie antirépressive offensive, refusant la position victimaire et tentant dapporter politiquement une réponse à la violence d’État (avec notamment la mise en place dun forum contre la répression en décembre)

Solidarité avec les réprimés poitevins !
À bas la répression des mouvements sociaux !

 

Indymedia Nantes, 23 juin.

 


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