Poitiers : Bidasses, hors de nos RU - 23 novembre

Publié le par la Rédaction

 

Ce mardi 23 novembre, un stand de l'armée françouèze a fait intrusion dans un restaurant public du campus universitaire, dans le but affiché (à la sauce «devenez vous-mêmes con») de recruter des étudiant-e-s pour leur fond de commerce charcutier, partenaire officiel (depuis pfiuh… Foccart ? Ferry ?) des multinationales des matières premières métallifères, radioactives et mazoutières — porteuses des idéaux universels de la patrie des droits de l'homme riche.

 

 

Le groupe Pavillon Noir (Fédération anarchiste 86) et une quinzaine d'individus sont entrés dans le R.U. pour montrer leur refus pacifique mais néanmoins déterminé d'une présence de la soldatesque franchouillonne, aussi bien en Afghanistan ou en Afrique que dans ce restaurant universitaire. Annonçant le menu par une banderole rouge et noire «Pas de guerre entre les peuples-s Pas de paix entre les classes», tenant une appétante affiche culinaire «L'armée recrute… Elle te tend la main», ils ont invité les affamé-e-s à leur prendre la recette détaillée d'un tract antimilitariste.

 

Le sergent-chef, pardon le «responsable» du restaurant, leur a assez rapidement ordonné de sortir du restaurant, en leur assénant que la présence de «militants politiques» était interdite ici (rien que de très courant dans un campus, lieu éminemment apolitique), sans permission de sa «chef», et qu'il allait devoir appeler les poulets. Les individus ont refusé, arguant que le «public» c'était tout autant eux que n'importe qui d'une part (on y tolère bien une chef et des militaires) ; qu'ils n'affichaient rien d'autre part, sinon eux-mêmes portant du matériel d'expression libre ; et qu'il était étrange, enfin, que ce chef restaurateur ne cherche point querelle aux «militants» vendeurs de brochures sauvages de Lutte Ouvrière, par ailleurs bien présents à deux mètres de là, sans la moindre «permission» non plus — ah les fripons.

 

En somme : les viandards avec permis de chasse oui, les nanarchiss', non !

 

La colonelle, pardon la «directrice» du CROUS, est intervenue dix minutes après, pour d'un martial aplomb sommer les dangereux partisans de l'abolition de toutes les guerres, de sortir immédiatement de «SON» établissement, en menaçant de nouveau de faire donner de la volaille (certifiée label tricolore).

 

Ils ont décliné son invitation, avec le même argument extrémiste de défendre la liberté d'expression face à l'occupation militaire ; soutenus en cela par des étudiant-e-s gastronomes de passage. Après l'heure du repas, les empêcheurs de massacrer en rond sont sortis auprès des repu-e-s pour faire un discours digestif, relatant les généreuses interventions humanitaires de l'armée française en pays alimentairement carencés, en Afrique et ailleurs.

 

À bas toutes les armées !

 

Pavillon Noir - Fédération Anarchiste 86, 24 novembre 2010.

 

 

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