Pique-nique anticarcéral à Lausanne

Publié le par la Rédaction

Prison du Bois-Mermet : Manifestation de solidarité avec les détenu-e-s et contre la violence d’État

 

Hier, à l’appel du collectif anti-carcéral, une quarantaine de personnes ont manifesté devant la prison du Bois-Mermet à Lausanne.

 

Les manifestant-e-s ont exprimé leur solidarité avec tout-e-s les détenu-e-s et dénoncé la violence d’État qui a fait récemment trois victimes en Suisse : Joseph Nduaku Chiakwa, requérant d’asile nigérian mort lors d’une tentative dexpulsion à Kloten, Skander Vogt que ses gardiens ont laissé mourir asphyxié dans sa cellule en feu au pénitencier de Bochuz, et Sébastien-Umüt jeune passager d’une voiture volée abattu à la mitraillette sur une autoroute.

 

Alors que les manifestant-e-s tentaient de s’installer tranquillement à l’entrée du chemin conduisant à la prison, elles et ils ont immédiatement été bloqué-e-s par des dizaines d’anti-émeutes qui les ont obligé-e-s à reculer. En dépit d’un dispositif policier totalement disproportionné, les manifestant-e-s n’ont pas réagi à cette provocation et ont lu leur communiqué et scandé des slogans. Des détenus ont entendu la manifestation et ont salué les manifestant-e-s depuis l’intérieur de la prison. Ce contact avec les prisonnier-e-s est une fissure dans un mur de silence qui voudrait couper les voix sélevant de lintérieur des prisons. Rapidement, les anti-émeutes ont ensuite encerclé les manifestant-e-s et interpellé une vingtaine de personnes.

 

Alors que la seule «réponse» politique à la «crise» des prisons est d’augmenter le nombre de places et de matons, à celles et ceux qui dénoncent la violence meurtrière de l’État on répond par la répression. Mais de nouvelles mobilisations continueront de dire le refus dun système fondé sur la violence d’État et linjustice sociale.

 

Violence d’État BASTA !
Brique par brique, mur par mur, détruisons toutes les prisons !

 

Collectif anti-carcéral
Lausanne, le 14 juin 2010
Indymedia Suisse romande.



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 Mini-manif, gros déploiement policier

 

Une petite trentaine de personnes a organisé dimanche à 16 heures un «pique-nique anticarcéral» devant la prison de Bois-Mermet. La police s’est déployée en force. Aucun incident à déplorer.

 

«Brique par brique, mur par mur, détruisons toutes les prisons.» Une petite trentaine de personnes a fait le déplacement, aujourd’hui à 16 heures à proximité de la prison de Bois-Mermet pour dénoncer «la violence d’État», suite à l’affaire Skander et celle du fuyard tué par un policier sur l’A1.

 

Les policiers, venus plus nombreux que les manifestants, ont très vite repoussé le petit groupe, l’empêchant de s’approcher de la prison. La route des plaines du Loup a été ainsi été interdite à la circulation pendant une petite demi-heure.

 

Dès 17 heures, les manifestants ont subi un contrôle d’identité. Contrairement à la manifestation de samedi à Fribourg, aucun incident n’est à signaler.

 

Leur presse (24 Heures), 13 juin.

 

 

 

 

La Suisse tue !

Résistance face à la violence d’État !

La violence d’État a fait trois nouvelles victimes en Suisse : Joseph Nduaku Chiakwa, requérant d
asile nigerian, mort lors dune tentative d'expulsion à Kloten le 17 mars 2010, après avoir été ligoté des pieds à la tête, le détenu Skander Vogt que ses gardiens ont laissé mourir, pendant plus d’une heure, asphyxié dans sa cellule en feu au pénitencier de Bochuz, et Sébastien-Umüt, un jeune Lyonnais de 18 ans, passager dune voiture volée, abattu à la mitraillette sur une autoroute bouclée, par un policier qui a repris ses fonctions deux jours plus tard.

Cette violence meurtrière est une fois de plus banalisée et l
’État légitime les actes de ses sbires et leurs mensonges, relayés par des médias qui taisent les vraies causes politiques de ces morts. Tout est fait pour maintenir lillusion dun univers parfait composé de gentil-le-s citoyen-ne-s qui nauraient rien à craindre de l’État, alors que celles et ceux sur qui sabat la répression sont criminalisé-e-s et déshumanisé-e-s (délinquants, illégaux, fous dangereux, racaille étrangère, dealers, petites mains du grand banditisme, terroristes…).

Personne ne cherche à connaître les raisons pour lesquelles Skander a mis le feu à son matelas, quelles sont les conditions de détention dans les prisons surpeuplées, comment est appliqué l
article 43 (transformation des peines en mesures dinternement à durée indéterminée) qui valait à Skander dêtre enfermé depuis 12 ans, alors quil avait été condamné à 20 mois.

 

Personne ne remet en question le rétablissement de la peine de mort sans jugement pour des jeunes non armés de 18 ans, d’autant plus sils viennent de lautre côté de la frontière et quils sen prennent à «nos» voitures.

 

Personne ne questionne le fondement dune politique migratoire qui assassine pour exécuter des renvois et emprisonne des personnes étrangères durant des mois pour la seule raison d’avoir eu le malheur de venir en Suisse et de n’avoir pas les bons papiers.

Des voix s'élèvent pourtant de l
’intérieur des murs des prisons : révolte de prisonniers du Bois-Mermet le 27 avril à Lausanne en solidarité avec Skander. Mais tout a été fait pour étouffer ces voix, en interdisant notamment leur contact avec la presse et en niant toute charge subversive au refus collectif des détenus de réintégrer leur cellule. Par contre, la répression, elle, na pas lésiné sur les moyens en mobilisant plus de deux policiers par détenu, en appliquant des transferts disciplinaires et des mesures de cachot. Refus des prisonniers de réintégrer leur cellule, cette fois à Champ-Dollon, à Genève, le 24 et le 25 mai, afin de protester contre leurs conditions de détention. À la prison administrative de Frambois, un gréviste de la faim proteste contre sa détention. La presse mentionne la surpopulation carcérale qui bat tous les records à Champ-Dollon, mais invariablement les articles se terminent par des projets de construction de nouvelles prisons. La réponse ultra-répressive de l’État face à certains comportements qualifiés comme criminels (ceux des pauvres, essentiellement) n’est jamais questionnée. Les mêmes qui il y a peu s’indignaient des bonus des grands patrons ou du renflouement de l’UBS avec les fonds publics ont vite oublié que les prisons ont des hauts murs pour que les petits voleurs qui sont dedans ne voient pas les grands voleurs qui sont dehors.

Hors des murs la répression s
exerce elle aussi à lencontre de celles et ceux qui dénoncent la violence meurtrière de l’État. Le 6 mai dernier, une centaine de personnes rassemblées à saintFrançois en solidarité avec les prisonniers-ères et pour dénoncer la mort de Skander, Joseph et Sébastien se sont vus encerclé-e-s par un dispositif policier digne dun contexte de guerre, une soixantaine de personnes ont été interpelées et les médias taisent les raisons de notre colère.

Contre ce blocage policier de nos actions et la censure médiatique de notre indignation, nous nous mobilisons à nouveau pour dire notre refus d
un système fondé sur la violence d’État et linjustice sociale.

 

En solidarité avec les détenus du Bois-Mermet et tou-te-s les prisonniers-ères, nous organisons un pique-nique le dimanche 13 juin. Rendez-vous à 16h, aux terrains de foot de la Blécherette, après le parking du Vélodrome, vers les vestiaires.


Solidarité avec les détenu-e-s !
Non aux exécutions !
Pas de sanctions contre les détenus en résistance !
METTONS FIN AU SYSTÈME CARCÉRAL !


Collectif anti-carcéral - Lausanne
Indymedia Suisse romande, 1er juin.

 


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