Petit résumé de la situation en France au 22 octobre

Publié le par la Rédaction

 

Petit résumé partiel de la situation en France au 22 octobre (initialement destiné à nos camarades du monde entier, mais pouvant être utile à tous), à diffuser massivement, compléter, actualiser, traduire… par un militant anarcho-syndicaliste de Besançon.

 

Secteurs en grève reconductible à l'échelle nationale ou dans un nombre significatif de villes :

— Raffineries : La quasi-totalité des travailleurs des 13 raffineries françaises sont en grève, et organisent la pénurie d'essence (au moins 20% des stations service sont vides). Le gouvernement a ouvert l'utilisation des stocks stratégiques et ordonné la réquisition de travailleurs à la raffinerie de Grandpuits, mais un tribunal a déclaré cette action illégale suite à un recours de la CGT (syndicat majoritaire, réformiste) pour atteinte au droit de grève. La CGSP, un syndicat belge, a prévenu qu'elle appellerait à la grève si du carburant était exporté en France pour contourner le blocage. 
— Chemins de fer : Les cheminots sont en grève sur tout le territoire, le trafic est fortement perturbé. 
— Ports : Les dockers de plusieurs ports (Le Havre, saintNazaire, Marseille…) sont en grève contre la réforme des retraites mais également contre une réforme portuaire. Des dixaines de navires sont bloqués aux abords des ports. 
— Éboueurs : Dans plusieurs villes (Marseille, saintBrieuc, Toulouse, Rodez…) le ramassage des ordures n'est plus assuré. À Marseille des militaires ont été réquisitionnés pour remplacer les éboueurs. 
— Transports routiers : Les camioneurs sont entrés dans le mouvement, se mettent en grève et organisent des «opérations escargot» et des actions de blocage. 
— Lycées : Plusieurs milliers de lycées sont bloqués, les lycéens sont très mobilisés, des manifestations spontanées ont lieu presque tous les jours, durement réprimées. 
— Universités : Une dizaine de facs sont bloquées, mais généralement les administrations décrètent le lock-out immédiatement. 
— D'autres secteurs subissent des grèves mais de manière moins étendue : métallurgie, centrales nucléaires, électriciens, enseignants, chauffeurs de bus, postiers, employés des collectivités territoriales, des impôts, convoyeurs de fonds… 
— Les travailleurs des entreprises privées ont plus de difficultés à faire grève, mais beaucoup participent aux journées nationales d'action, et certains organisent des débrayages de quelques heures ou des grèves tournantes. Même chose pour les travailleurs sociaux et dans les hôpitaux. 
— Dans certaines villes ouvrières, la grève est presque totale (Le Havre, saintNazaire, Marseille…), et même des petits villages sont très touchés.

 

Actions de blocage et autres :

 

Impossible de faire une liste exhaustive. Blocages de voies ferrées, de dépôts de carburant, d'axes routiers et autoroutiers, de plateformes logistiques, d'aéroports, de zones industrielles, de centres de tri postaux, de dépôts de bus, blocage des poids lourds à la frontière franco-belge… Actions symboliques, occupations (et plus rarement saccages ou dégradations) dans des locaux du MEDEF (organisation patronale), de l'UMP (parti de droite au pouvoir), dans des grands magasins et boutiques de luxe, des chambres de commerce et d'industrie, agences Pôle Emploi… Coupures de courant ciblées et temporaires. Actions «péage gratuit», «bus gratuit», «essence gratuite». Manifestations sauvages, quelques émeutes, les tags et slogans révolutionnaires refleurissent…

 

Répression :

 

Plus de 2000 arrestations liées aux manifestations, de nombreux blessés (lycéens, ouvriers et autres), dont certains gravement. Peines de prison ferme pour des délits dérisoires. De nombreuses manifestations sont chargées par la police (gaz, flash-balls, hélicoptères). Les flics sont très provocateurs, de nombreux affrontements éclatent, et ne concernent pas que des «jeunes», «casseurs» (clichés médiatiques habituels). Les médias relatent l'arrestation de «quarante anarchistes» à Paris le 12 octobre. Plus généralement les médias minimisent l'impact de la grève, dénigrent souvent les grévistes, accusés d'être minoritaires et de «prendre en otage la population». Le 22 octobre, à Rouen, une manifestation appelée par l'intersyndicale a été interdite par la préfecture.

 

Position du gouvernement et de ses «alliés d'opposition» :

 

Toujours inflexible, il rêve d'une victoire à la Thatcher et a accéléré la procédure parlementaire d'adoption de la loi. Certains maires PS se disent «solidaires» de la mobilisation, mais envoient leurs flics municipaux réprimer les manifestants (Lille, Besançon…). Le maire PS de Marseille a appelé le gouvernement à débloquer la grève par la force… Drôles de «socialistes».

 

Action des syndicats réformistes :

 

L'intersyndicale nationale refuse toujours d'appeler à la grève générale illimitée, et se contente de journées de grève et de manifestations (prochaines : 28 octobre et 6 novembre). Les syndicats les plus réformistes (CFDT, CFTC, UNSA, CGC) menacent d'abandonner le mouvement une fois que la réforme sera adoptée au parlement, par respect de la démocratie parlementaire. La CGT est tiraillée entre sa base souvent déterminée et combative et le désir de «respectabilité» de ses dirigeants. SUD (dominé par des trotskystes) est favorable à la grève générale (position politique de surenchère vis-à-vis des autres syndicats), mais pas assez puissant pour l'organiser. Les manipulations des syndicats bureaucrates sont dénoncées (drapeaux brûlés à Besançon, Unef expulsé d'une AG à Montpellier).

 

Solidarité interprofessionnelle :

 

Des caisses de grève refont leur apparition, il n'y en avait plus depuis de nombreuses années.

 

Des assemblées interprofessionnelles (ou populaires), souvent appelées par les syndicats SUD, les anarcho-syndicalistes et les libertaires ont lieu dans quasiment toutes les villes importantes et sont souvent à l'initiative d'actions de blocage et de solidarité (repas collectifs, collectes de fonds pour les grévistes). Ceux qui luttent s'y approprient leur combat et décident collectivement des actions à mener. Qu'elles remplacent les intersyndicales !

 

Plus d'informations sur :

engreve.wordpress.com (site animé par un groupe marxiste), 
cnt.ait.caen.free.fr/forum/index.php (forum de la CNT-AIT de Caen), 
le réseau indymédia, 
juralibertaire.over-blog.com 
et bien d'autres sites ;

Soyons nos propres médias ! 

 

CNT AIT Besançon (contact), 23 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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