Perturbation à la grande messe de la basilique de Koekelberg (Bruxelles)

Publié le par la Rédaction

 

La grande messe qui se tenait ce jeudi 24 juin à eu l’honneur dune petite visite originale.

 

Ce jeudi, la grande messe qui se tenait à la basilique de Koekelberg et qui avait lhonneur daccueillir une délégation de 70 prêtres a été quelque peu perturbée. Larchevêque Monseigneur Léonard ne pouvait malheureusement pas faire partie de cette grande fête mais cela na pas empêché un petit groupe de personnes de venir interférer un moment le défilé solennel et silencieux de leucharistie, instant rituel de communion avec Dieu. Des préservatifs remplis de shampooing sont jetés à travers les bancs de fidèles, de la teinture rouge vient colorer leau sacrée dun bénitier, des slogans sont gueulés et, au moment de quitter lassemblée hostile à lintervention, deux alarmes suspendues à des ballons dhélium senvolent vers les hauteurs de la basilique. Elles vont se nicher contre le plafond et feront résonner leur douce mélodie bien après cette apparition furtive.

 

Le texte qui suit est également dispersé dans les airs au-dessus de la foule :

 

Mon corps, je veux le sentir et le satisfaire, écouter ses besoins, ses désirs et ses cris de détresse. Car ce sont les miens.
Et si j’ai faim, je ne me prosternerai pas, je ne prierai pas pour la rédemption, je n’attendrai pas le paradis. Je déteste la faim, le froid et la souffrance et c’est pourquoi je volerai des magasins, des églises, des riches.
Si je me sens attiré vers quelqu’un du même sexe, alors je n’irai pas confesser et expier, je n’aurai pas de honte pour mon amour et mon envie. Non, moi je jouirai et je goûterai avec volupté de mon corps et de celui de mon amant.
Si je ne veux pas de bébé et je me retrouve quand-même enceinte, je ne me sentirai pas coupable. Je n’essayerai pas de me cacher aux yeux d’un quelconque Dieu. Non, moi, si je le veux, j’enlèverai le fruit de mon corps et vivrai en harmonie avec ma décision sur mon futur.
Non, je ne supplierai pas, je ne prierai pas, simplement parce que je ne veux ni merci ni pardon. Ma vie, je la tiens dans mes propres mains et personne n’est digne que je m’agenouille devant lui.
Car j’ai une tête, et avec ma tête je peux réfléchir. J’ai un corps, et avec mon corps je peux sentir. Je peux être moi-même, développer mes propres pensées, frayer mon propre chemin. J’ai mis le feu à la Bible, à tous les livres saints et aux codes légaux avec le soufre de mon individualité.
Et par là, je suis maintenant capable de rêver et je combats tout ce qui étouffe mes songeries. Je peux jouir de mon corps et de mon imagination érotique. Je ne veux pas me marier, jamais. Mais je veux embrasser et baiser, beaucoup. Développer des relations basées sur la liberté, fondées sur une connaissance réciproque de désirs et d’idées et pas sur les barreaux d’une union obligatoire et éternelle.
Aujourd’hui je suis venu ici. Je suis venu ici pour bloquer vos mots. Parce ce que je n’accepte pas vos mensonges sur des dieux, des diables et des paradis. Je n’accepte pas la maladie meurtrière que vous prêchez ; les chaînes que vous forgez ; l’hypocrisie avec laquelle vous étouffez vos actes et ceux de vos congénères ; le pouvoir dont vous vous usez et profitez ; le sang avec lequel vous bâtissez des églises et des palais ; les innombrables guerres que vous avez menées et que vous continuez à mener au nom d’un Christ mort et d’un Dieu autoritaire. Je n’accepte pas les fables qui sont utilisés pour encager et détruire des gens.
Oui, je pèche, et je le crie haut et fort. Ce n’est pas le Diable qui me séduit, mais bien le sang chaud qui bouillonne dans mon propre corps ; et mes propres pensées auxquelles je donne jour après jour forme avec ce que je vois, ce que j’expérimente, entends, lis et sens. La religion est le coup mortel pour la vie, toutes les religions et tous leurs prédicateurs en sont responsables.
Si je viens aujourd’hui, c’est pour cracher à la gueule d’un de ces prédicateurs, le Monseigneur L. Car c’est bien son haleine vénéneuse qui répand la soumission de la femme dans des livres, qui renforce les choix des pieux contre l’avortement, qui est aujourd’hui à la tête de cette institution patriote.
Je n’ai pas peur pour les mots de ce type misérable et mesquin. Je ne me résignerai pas face aux agressions de mon être, ni quand elles proviennent des religions, ni quand elles proviennent de ce monde en permanence porteur d’oppression. Je refuse de jouer ce jeu. Et ainsi, je danse sur le rythme de ma vie, le rythme de la révolte qui méprise les symphonies de la mort.
Au nom de moi-même.
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Mijn lichaam wil ik voelen en bevredigen, luisteren naar zijn noden, zijn verlangens en zijn kreten van nood. Want het zijn de mijne.
Als ik honger heb, zal ik niet knielen en niet bidden om verlossing, zal ik niet wachten op het paradijs. Ik verafschuw de honger, de koude en het lijden en daarom zal ik stelen, uit de winkels, uit de kerken, van de rijken.
Als ik me aangetrokken voel tot iemand van hetzelfde geslacht, dan zal ik niet gaan biechten en gaan boetedoen, zal ik me niet schamen voor mijn liefde en mijn lust. Maar ik zal genieten en in geilheid proeven van mijn lichaam en van dat van mijn geliefde.
Als ik geen baby wil en toch zwanger ben, zal ik me niet schuldig voelen en me proberen te verbergen voor de ogen van één of andere god. Maar ik zal, als ik dat wil, de vrucht van mijn lichaam verwijderen en in harmonie leven met mijn beslissing over mijn toekomst.
Neen, ik zal niet smeken, ik zal niet bidden, simpelweg ik wil geen genade noch vergeving. Mijn leven, ligt in mijn eigen hand en niemand is mijn vernedering waardig.
Want ik heb een hoofd, en daarmee kan ik denken. Ik heb een lichaam, en daarmee kan ik voelen. Ik kan mezelf zijn, mijn eigen gedachten vormen, mijn eigen weg bepalen. Ik heb de bijbel, al de heilige boeken en wetteksten in brand gestoken met de zwavel van mijn individualiteit.
Een daarmee kan ik nu dromen en vecht ik tegen alles wat mijn zinnebeelden verstikt. Ik kan genieten van mijn lichaam en mijn erotische fantasie. Ik wil niet trouwen, nooit. Maar ik wil wel kussen en vrijen, veel. Relaties aangaan gefundeerd op vrijheid, die berusten op een wederzijdse kennis van verlangens en ideeën, niet op de tralies van de verplichte eeuwige verbintenis.
Vandaag ben ik hier gekomen, om uw woorden te blokkeren. Omdat ik uw leugens over goden, duivels en paradijzen niet aanvaard. Ik aanvaard de dodelijke ziekte niet die u verspreidt, de ketens die u smeedt, de macht waarvan u zich bedient en profiteert, de hypocrisie waarmee u uw daden en die van uw soortgenoten toedekt, het bloed waarmee u kerken en paleizen bouwt, de talloze oorlogen die u voerde en blijft voeren in naam van een dode christus en een autoritaire god. Ik aanvaard geen verzinsels die anderen gebruiken om mensen te kooien en te vernietigen.
Ik ben vandaag gekomen om één van deze prekers, monseigneur L., in het gezicht te spuwen. Want het is wel degelijk zijn giftige adem die de onderwerping van de vrouw verspreidt in boeken, die het gelovige koor tegen abortus versterkt, die nu aan het hoofd staat van deze rottende institutie.
Ja, ik zondig, en ik schreeuw het uit. ’t Is niet de duivel die me ertoe verleidt, doch wel het hete bloed dat in mijn eigen lichaam kookt, en mijn eigen denken dat ik elke dag weer vorm met wat ik zie, ervaar, hoor, lees en voel. Religie is een doodsteek voor het leven, àlle religies, en al haar verspreiders zijn er verantwoordelijk voor.
Ik ben niet bang voor de woorden van een zielige smerige vent. Zal me niet neerleggen bij deze agressies op mijn zijn, niet vanuit religies, noch vanuit deze wereld die permanent zwanger is van onderdrukking. Weiger dit spel te spelen. En zo dans ik op het ritme van mijn leven, het ritme van de revoltie die de symfoniën van de dood veracht.
In naam van mezelf.

 

Centre de médias alternatifs de Bruxelles, 25 juin 2010.



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Perturbation d’une messe à Bruxelles

 

Un prêtre de Belgique me livre ce témoignage :

«Deux personnes qui ont participé, ce jeudi 24 juin, à la messe en présence des reliques du Saunt Curé d’Ars à la Basilique nationale du Sacré-Cœur Koekelberg (Bruxelles) viennent de me raconter le déroulement de celle-ci, en présence du Nonce apostolique, Mgr Giacinto Berloco. Mgr André-Joseph Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, qui devait présider la célébration, était retenu à Malines en raison des perquisitions effectuées au palais archiépiscopal par des enquêteurs qui sont allés jusqu’à violer la tombe des cardinaux Suenens et Van Roey à la Cathédrale Saint-Rombaut. 
À un moment de la messe, un groupe de pertubateurs, la face masquée par un foulard noir, sont entrés dans la Basilique. Ils ont hurlé des slogans en flamand et lancé des préservatifs à la volée. Il ont aussi lâché plusieurs ballons à l’hélium, munis de sirènes. Ceux-ci se sont calés au sommet des voûtes. Les manifestants ont disparu assez rapidement, mais la célébration de la messe a dû se poursuivre avec, en fond, le bruit des sirènes attachées aux ballons qui se campaient dans les voûtes !
En Belgique, on perturbe les messes à la Basilique nationale, les pouvoirs publics violent la tombe des archevêques à l’Église métropolitaine… De tristes relents de la vindicte révolutionnaire d’un passé que l’on croyait révolu.»


Leur presse (Michel Janva, Chrétienté Info), 26 juin.

 

 

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Koekelberg : un office perturbé

 

Un hommage au Curé d’Ars a été perturbé, le 25 juin, à Koekelberg. Un commando de choc anti-Léonard ou des étudiants-potaches ?

 

L’incident est rare à ce jour en Belgique mais il a ému des catholiques à en juger par les messages reçus à «La Libre». Le jeudi 24 juin, à l’occasion de la clôture de l’année sacerdotale, la basilique de Koekelberg avait accueilli la relique du cœur de saint Jean-Marie Vianney, le fameux Curé d’Ars.

 

Après une conférence du P. Karlo Tyberghien, le chapelain du sanctuaire d’Ars, était programmée une eucharistie solennelle qui devait être présidée par Mgr André-Joseph Léonard entouré pour la circonstance par 70 prêtres.

 

Les perquisitions menées ce jour-là à Malines ont fini par empêcher la présence de l’archevêque et celui-ci a donc dû être remplacé, au pied levé, par le nonce apostolique, Mgr Berloco. Après la messe, les prêtres ont vénéré la relique du cœur du saint avant de repartir en procession. La vénération s’était prolongée, dans la prière, jusqu’à minuit.

 

Une belle célébration donc mais on ignorait que son déroulement avait été perturbé au moment de la communion par un petit groupe de perturbateurs, cagoulés de noir.

 

Selon certains témoins, des préservatifs remplis de shampooing furent jetés à travers les bancs des fidèles, de la teinture rouge fut immergée dans un bénitier alors que des slogans hostiles à l’Église furent scandés.

 

Enfin un tract anonyme aux accents libertaires et anarchistes et au contenu virulemment anticlérical, visant surtout Mgr Léonard fut également jeté sur les participants. Un texte signé simplement «Au nom de moi-même».

 

Repoussés par les fidèles, les membres du commando ont quitté la basilique non sans lâcher deux alarmes suspendues à des ballons d’hélium qui se sont envolés vers les hauteurs du bâtiment.

 

Du côté de l’Église de Belgique, l’on précise qu’il n’y a pas eu de réaction après l’incident pour la bonne raison que sa hiérarchie se remettait encore de «l’opération Calice» menée à Malines quelques heures auparavant.

 

Comme Mgr Léonard semblait visé dans le tract, il n’y a sans doute pas de lien de cause à effet entre les deux événements. Et d’aucuns y verraient bien plus une blague d’étudiants-potaches fêtant la fin de l’année académique qu’une agression contre l’Église catholique. Il nous revient cependant que des chahuteurs s’étaient déjà présentés à la cathédrale de Bruxelles lors de la messe d’accueil de Mgr Léonard, fin janvier. La présence des forces de l’ordre avait cependant pu empêcher qu’ils mènent leur action.

 

De son côté, le P. Marc Leroy, responsable de l’unité pastorale qui comprend Koekelberg n’entend pas exagérer la portée de l’incident mais n’en insiste pas moins sur la liberté d’expression qui doit aussi pouvoir être celle de l’Église. «Il ne peut y avoir d’atteinte au droit des chrétiens à professer leur foi et la sécurité des responsables ecclésiaux doit, elle aussi, être assurée.»

Leur presse (Christian Laporte, La Libre Belgique), 3 juillet.

 


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