Pays Basque : "Leur jour de fête est notre jour de lutte"

Publié le par la Rédaction

 Le 14 juillet : «La fin de la monarchie absolue et le triomphe de la démocratie» dans l’histoire officielle française. Segi en a une tout autre vision et a manifesté à Biarritz (voir encadre) : «Ce que la République Française se garde bien de nous apprendre, dans ses écoles, est que le 14 juillet 1789 marque au contraire pour le Pays Basque labolition des anciennes coutumes démocratiques, des assemblées (les biltzar), mais aussi le début dune centralisation dont on ne peut que voir aujourdhui les effets néfastes : perte de la langue, de nos institutions et imposition de projets à linsu du peuple basque et du respect de sa terre (LGV, résidences secondaires, touristification…).» Segi propose aux habitants du Pays Basque «de ne pas renoncer à son mode de vie et identité, au profit dune république intolérante, corrompue et de plus en plus oppressante». Segi appelle «à reconquérir un futur qui ne nous appartient plus» par le biais dalternatives telles que Laborantxa Ganbara, Udalbiltza, les Gaztetxe ainsi que les collectifs anti-spéculation et anti-LGV.

 

«Ceci n’est pas la France ni l’Espagne

Ceci est le Pays-Basque»

 

Toujours à propos du 14 juillet, le groupe municipal Herri Berri de St-Jean-de-Luz affirme «quil assume sans ambages son identité républicaine, au sens philosophique du terme» mais quil nassistera pas aux cérémonies du 14 juillet regrettant «que les symboles civiques offerts à la population soient si chauvins et nationalistes». Le groupe sétonne davoir reçu coup sur coup, les invitations aux cérémonies de commémoration du mariage de Louis IV, et celle du 14 juillet.

 

Sous haute surveillance policière

 

Les rues de Biarritz étaient bondées hier, quand près de 200 manifestants ont démarré de la Place Clémenceau. Un parcours symbolique était prévu avec des arrêts considérés comme stratégiques par Segi, mais la police a empêché le déroulement prévu. Les jeunes ont pu cependant coller une affiche sur une banque où lon pouvait lire «Mort au capitalisme». À deux reprises, les CRS ont usé de gaz lacrymogènes, et de coups de matraques. Des flash balls auraient été aussi utilisés selon les organisateurs.

 

 

Les manifestants souhaitaient se rendre à la mairie, pour remettre une lettre au Sénateur-maire Didier Borotra, mais les rues étaient bouclées par la police. Le maire sest approché des manifestants qui lui ont remis la lettre, signée Segi, adressée à son intention et à son conseil municipal, en reprochant au maire la forte présence policière. La lettre explique le choix de Biarritz. Extraits : «Miarritze est lun des symboles de lassimilation et de loppression que nous subissons… Une ville inaccessible à la population locale, une ville qui a choisi de se vendre jusquà la moelle… L’État français et son système capitaliste sont au cœur du problème. Nous finissons notre visite devant lhôtel de ville, car vous aussi, vous êtes clairement responsables de cette situation.»

 

Béatrice Molle - Le Journal du Pays basque, 15 juillet 2010.

 


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