Pas de retraite, désertion à tous les échelons

Publié le par la Rédaction

FACE A

 

Au 1er mai dernier, on pouvait voir dans les rues de Paris une affiche du Front de gauche, des mains ridées se retenant aux barreaux d’une prison : «40 ans d’incarcération, un point c’est tout».

 

Pourquoi partons-nous à la retraite ? Pour rester à la maison avec quelques centaines d’euros par mois, à regarder la télé et à avaler des médocs… Pour finir jeté à la maison de retraite ou mourir pendant la canicule… Malgré tout, on trouve la retraite désirable parce que pendant 40 ans, on trime dans un boulot qui mange nos vies.

 

En s’attaquant une fois de plus aux retraites, le gouvernement nous offre la possibilité d’exprimer notre haine du travail et de l’exploitation. Et pourtant, tout sera fait pour que nous ne saisissions pas cette possibilité.

 

Depuis des mois, la CGT Goodyear, qui s’est montrée si combative il y a plus d’un an, demande le blocage des flux de marchandise. Les directions syndicales préfèrent jouer le jeu des négociations à la baisse. Aujourd’hui, les Goodyear ne font pas grève car «un jour seulement pour faire une promenade de santé», ça ne sert à rien.

 

Les perspectives ne sont pas de rester dans des revendications stériles, mais de tirer le maximum des patrons et du gouvernement — si possible qu’ils ne s’en remettent pas ! de développer des solidarités concrètes au sein des luttes et surtout tracer des routes qui sortent des compromis.

 

FACE B

 

Nous petits branleurs, enfants perdus, resquilleurs et squatteurs, on a déjà réglé la question des retraites et croyez-moi, on s’en sort bien. On l’a pas fait avec le travail, on a même pas pensé aux syndicats ou aux partis, il aurait fallu être benh braves ou un peu Troisième République. On occupe les maisons des bourgeois, on tire dans les supermarchés, on fait des récups. Bref, on s’organise. Mais ça ne nous suffit pas.

 

Les dispositifs marchands et policiers, la logique infâme du capital, l’abjecte idéologie du travail et du progrès impliquent pour être dépassées la constitution de conseils et le libre jeu des formes de vie entre elles. Conspirons hors du langage du pouvoir et de ses sbires pour l’émancipation sociale, subjective et objective !

 

Il n’y a pas d’alternative dans le Capital, seulement dans sa liquidation.

 

Cortège dissonant à la manif de Paris, 14h, rue Charlot près de la place de la République.

 

Courriel, 6 septembre 2010.

 

 

Publié dans Colère ouvrière

Commenter cet article

contrepoint 07/09/2010 20:50



"...on a déjà réglé la question des retraites et croyez-moi, on s’en sort bien."


 


Ah bon, sans allocs chômage, sans RSA, sans arrières familiaux non plus, sans prison, sans concurrence glauque entre "démerdards"



 


Cette "liquidation du capital" reste verbale, et pipote, le capital on y est pris et c'est pas ce pince nez au chiqué qui va éviter
que ça pue ; encore un effort...