Partout en France, le harcèlement quotidien du pouvoir économique et politique s'accélère

Publié le par la Rédaction

 

Renversement : aujourd’hui, c’est le patron de la CGPME qui pleure contre le «terrorisme économique»… Nous sommes donc enfin en train de partager avec l’adversaire notre pain — aïe ! — quotidien. Parfait. Encore. Persistons.

 

La mobilisation contre la réforme des retraites mais aussi contre l’ensemble des politiques anti-sociales, xénophobes et/ou liberticides s’accentue jour après jour, contrairement à ce que peut laisser entendre le gouvernement. En accélérant autoritairement le processus législatif, en multipliant les communiqués de presse, les passages à la télévision taisant la réalité du mouvement («Il n’y a pas de pénurie de carburant», «La mobilisation baisse»…), ce gouvernement montre clairement sa crainte quant à l’augmentation du nombre de pôles de contestation mais surtout quant au caractère intercatégoriel de la lutte en cours. La population n’est pas aveugle, elle voit et soutient au quotidien, les actions menées par les différents secteurs en lutte.

 

Localement, nous pouvons tou-te-s participer à la lutte en cours !!!

 

Depuis le mardi 12 octobre dans le Calvados, plusieurs secteurs et travailleur-euse-s, dans le public ou le privé, se sont mis-e-s en lutte : les pompiers, les cheminots de la SNCF, les salarié-e-s du CHS et du CHU, de l’éducation nationale, de la CAF, des Impôts, de la poste, des collectivités territoriales, de Valéo, de RVI, de Bosch, des routiers… Les lycées puis l’université ont rejoint depuis la lutte. C’est sans précédent ! À Caen, lors des journées nationales, plus de 40.000 manifestant-e-s se sont réuni-e-s. Chaque secteur, chaque AG (sectorielle, intersyndicale ou intercatégorielle) ont toutes organisé, quotidiennement, des actions de blocage économique avec diffusion massive d’information : blocage du dépôt de carburant en non-stop pendant plusieurs nuits et jours, blocages de flux de circulation, blocages de zones d’activités commerciales, de la Banque de France… Même les pharmacies refusent leur tour de garde en soutien et sont réquisitionnées. Ces actions ont fédéré et confirmé la volonté du passage à l’action afin de renverser les injustices prônées par le gouvernement. Nous encourageons et participons à ces actions mais nous remarquons également que le contexte national est bien plus fort !

 

Un contexte national explosif !

 

L’ensemble des 12 raffineries restent encore aujourd’hui en grève (pas vu depuis 1968 !) et les 6 de Total sont à l’arrêt complet, malgré la réquisition autoritaire des salariés en lutte (atteinte au droit de grève, reconnu par exemple, par le juge du tribunal administratif en Seine-et-Marne), ayant pour conséquence la fermeture ou la rupture de stock dans 3929 stations essence sur environ 13'000. Plusieurs dépôts de carburants sont eux aussi bloqués troublant ainsi grandement la redistribution du carburant. Le recours aux forces de l’ordre a eu lieu pour dégager les blocages ; mais la détermination reste la même et des reblocages ont lieu un peu partout…

 

Après une mobilisation tirée par le secteur public (SNCF, Éducation, EDF…), nous assistons à une tâche d’huile qui se répand autant dans le public que le privé : GDF-Suez, transports urbains, une vingtaine d’usines de caoutchouc/pneumatiques (Goodyear, Michelin, Paulstra…), une trentaine d’usines chimiques (Rhodia, l’Oréal, Basf…), dans les usines du verre (saintGobain, Isover, Baccarat…), dans la métallurgie (Dura, Astral…), dans l’industrie pharmaceutique et alimentaire (700 en grève le 19 octobre), dans les centrales nucléaires (Chinon, Civaux, Tricastin, Flamanville…), les convoyeurs de fonds (Brink’s, Loomis), les éboueurs (Marseille, Toulouse, Nantes…), de nombreuses cantines… La liste est longue et s’allonge !

 

Passage généralisé à l’action !

 

De la Capitale aux petites villes (Lorient, Abbeville, Feyzin…), en passant par les plus grandes villes (Rennes, Strasbourg, Marseille, Lyon…), des actions se multiplient renforçant la détermination. Pour répondre aux grèves des raffineries, des blocages de dépôts de carburant ont eu lieu un peu partout, des aéroports ont été bloqués, des grands axes de circulation ont connu des opérations de ralentissement ou de blocage, des péages gratuits ont été organisés, des blocages de zones d’activité économique, de centres de tri et de gares, des dépôts de transport, des conseils municipaux ont été annulés. La rage sociale s’exprime allant jusqu’au saccage des locaux du MEDEF ou de l’UMP. Le pouvoir ne peut plus nous museler.

 

La répression, comme seule réponse étatique !

 

Pour les lycéen-ne-s, le ministère de l’Éducation, relayé par les rectorats et proviseurs, exercent une pression pédagogique et administrative (menaces verbales, lettres aux parents, colles, exclusion…) pouvant même être en illégalité ! Dans de nombreux blocages de lycées, les forces de l’ordre débloquent (Cherbourg…) ou sont présents devant les portes. Pourtant, l’engagement légitime des lycéen-ne-s ne se tait pas.

 

Pour les universités, des pressions arrivent sur les étudiant-e-s et les directions propagent des mensonges sur le nombre de facs mobilisées. Ils vont même jusqu’à porter atteinte au droit de réunion, comme à Poitiers où les forces de l’ordre ont empêché la Coordination nationale de s’y réunir (elle est donc maintenant au Mans).

 

Plus grave encore, les grévistes des raffineries sont réquisitionnés (5 ans de prison et 10.000 € s’ils ne se plient pas aux ordres donnés par le gouvernement), les salarié-e-s sont frappé-e-s par les CRS (Grandpuits, Amiens, Lyon…), des affrontements explosent un peu partout en France (Paris, Lyon…)… Rhétorique habituelle du gouvernement : «Il faut punir les casseurs». Ces «casseurs» sont des salarié-e-s, chômeur-euse-s, lycéen-ne-s ou étudiant-e-s. Les peines pénales sont sans précédent pour un mouvement social français : 4 mois (dont 2 avec sursis) pour un docker de 41 ans ; à Lyon, une lycéenne de 18 ans a pris 5 mois ferme pour avoir enflammé une poubelle, à Lyon un étudiant a pris 3 mois avec sursis pour avoir jeté un sac de feuilles mortes… Même un syndicat de la Protection Judicaire de la Jeunesse (PJJ) déplore «la communication gouvernementale caricaturale voire mensongère» qui présente les manifestant-e-s comme des «délinquants chevronnés». Depuis le 12 octobre, il y a eu 2257 interpellations dont 288 pour la journée du 21 octobre. La répression illégitime s’amplifie mais la détermination du mouvement également comme à Rennes où l’intervention policière pour débloquer un dépôt de bus, pris par des étudiant-e-s, fut extrêmement violente et les salarié-e-s de cette entreprise se sont alors mis également en grève ! Nous assistons à une multiplication des pratiques policières illégales (tirs tendus, norme de distance pour flash-ball, intimidations en garde à vue…).

 

Nous ne plierons pas ! Face à la répression, la solidarité est notre arme.

 

Nous appelons tout le monde à diffuser l’idée juste et légitime de cette lutte et des actions au sein de vos lieux de travail, de votre famille, de vos amis…

 

De nombreuses actions sont déjà programmées localement, notamment par l’intersyndicale interprofessionnelle locale et complété par l’AG intercatégorielle de lutte :


Éteignez vos télés et rejoignez les piquets !!!

 

L’Assemblée Générale étudiante - Caen.
CIP-IDF, 24 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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