Parents en lutte : C'est pour tout le monde que chacun se bat !

Publié le par la Rédaction

À Montreuil il y a des enseignants qui ont reconduit la grève, des animateurs et des Atsem également. Dans certaines écoles il n’y avait ni accueil, ni centre de loisir, ni goûter. Nous aurions pu souhaiter qu’ils soient plus nombreux, nous sommes déjà quelques uns à ne pas avoir mis nos enfants à l’école mardi 12 octobre, pouvant ainsi, par exemple, aller à la manif avec eux. En tout cas nous trouvons insupportable que règne une espèce de normalité dans les écoles, comme si quelques instituteurs étaient seulement absents, alors qu’ils sont en lutte.

 

Nous voulons soutenir ceux qui se mobilisent encore, c’est difficile et courageux d’aller à la bataille, surtout quand tous n’y vont pas. Nous entendons également jouer un rôle par rapport aux autres parents en faisant entendre un discours qui s’oppose aux râleries contre la grève. Il est important de faire entendre, contre les discours et logiques du service minimum qu’il n’est pas normal, dans les transports, dans l’éducation ou ailleurs que les gens travaillent ; ce ne sont pas des esclaves, et quand ils font grève, ce n’est pas un désagrément dans notre organisation quotidienne, c’est le signe que d’habitude nous fonctionnons avec leur travail. C’est le fruit d’un refus, la volonté de se battre, de ne pas se laisser faire, c’est le début de quelque chose de possible.

 

De plus on sait tous que sur les retraites, comme sur les conditions de travail et de salaire, beaucoup de choses ne vont pas et s’aggravent continuellement. Par exemple les profs qui depuis la loi de 2003 ont déjà perdu 20% de retraite, en perdrait encore 20% avec cette nouvelle loi. Qui peut accepter de cesser le travail de plus en plus tard pour être payé de moins en moins. Cela veut dire que personne ne pourra partir à la retraite avec un taux plein, cela veut dire que les revenus seront, de loi en loi, de plus en dérisoires. Qu’en sera-t-il alors pour les chômeurs, les smicards, les rmistes…

 

Si le retrait du projet de loi est gagné, la grève aura été «rentable», ce qui n’empêche pas, au contraire, de penser, en son sein, comment vivre au jour le jour lorsqu’elle se prolonge, caisse de solidarité, pot commun, initiative en vue du financement de la grève etc.

 

Nous proposons une école déserte, avec grève des parents, jour où l’on ne présenterait pas les enfants à l’école. Il serait possible de se concerter et de s’organiser pour garder les enfants de ceux qui travaillent, qui ne sont pas en grève et qui sont d’accord avec ce mode d’action. Nous voulons peser dans cette bataille. Et là c’est à la fois un soutien aux grévistes et si ça fonctionne, une école bloquée sans perte de salaire pour ceux qui travaillent.

 

Lundi 18 et mardi 19 octobre : journées école déserte 
Ce lundi 18 octobre nous appelons à ne pas mettre les enfants à l’école, pour appuyer les grévistes en reconductible, faire la jonction avec la mobilisation du mardi et entrer dans la lutte. Nous organisons cela sur des écoles du haut Montreuil, si vous voulez rejoindre cette mobilisation, organiser cela pour une autre échéance, profiter des retours de cette première tentative n’hésitez pas à nous contacter.

 

Des parents d’élèves de Montreuil (contact)

 

Rentable ? Partout, tout le monde, chacun cherche à s’organiser pour perdre le moins de jours de salaires, être en mesure de coûter le plus cher possible aussi longtemps que la situation l’exige et le permet. La grève tournante, catégories de salariés par catégories, comme au port de Marseille, ateliers par ateliers, les arrêts maladie, parce que le temps rendu disponible pour la lutte est du temps que le patron n’aura pas, les caisses de grève, les piquets mobiles, comme à Brest et Rennes, par exemple, permettent de marquer des points quotidiennement.

 

CIP-IDF, 20 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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