Padoue (Italie) : Communiqué du CPO Gramigna sur l'expulsion du 23 mars 2011

Publié le par la Rédaction

Mises sous séquestres et démolitions n'arrêteront pas la lutte !

 

Le matin du 23 mars, la Digos, la police et les carabiniers ont expulsé le CPO (Centre populaire occupé) Gramigna en exécutant l'ordonnance d'expulsion de la commune de Padoue et de sa junte de corrompus et mafieux comme le maire entrepreneur Zanonato (PD - Parti démocratique, centre gauche). Les locaux et le jardin ont été placés sous séquestre et l'immeuble où il y avait l'école élémentaire a été détruit. 
En plus, six compagnon-e-s ont été arrêté-e-s pour occupation abusive et résistance à ordre public.

 

Ce n'est pas un hasard que le CPO Gramigna ait été expulsé.

 

À un niveau local, un endroit politique qui n'était pas modelé par les logiques institutionnelles était dérangeant et l'enracinement du centre populaire dans le quartier, qui depuis toujours est une base électorale du PD, faisait peur. En outre, ils ont expulsé justement au moment où le Gramigna était en train de devenir un lieu de retrouvailles et d'agrégation. Ces derniers mois se sont instaurés des contacts avec de nombreuses réalités citadines, et pas seulement militantes, comme avec les habitant-e-s du quartier ou les communautés d'étranger-e-s avec lesquel-le-s on voulait créer un parcours de partage d'espaces et de sociabilité. En considérant l'évolution de la situation à un niveau national et international, cette expulsion se place à l'intérieur d'une logique de contrôle et de répression, justement parce qu'en cette période le Gramigna pourrait représenter un lieu de critique, de confrontation et d'organisation de la lutte.

 

Les révoltes des pays arabes sont trop proches et la possibilité de leur «contamination» fait peur à tous les spéculateurs, aux patrons, aux entrepreneurs et aux institutions. Les villes sont toujours plus militarisées, il n'y a pas de rue sans patrouilles de militaires ou de policiers en train de contrôler et de faire semblant de protéger les braves et honnêtes citoyens.

Les politiciens se remplissent la bouche de belles paroles comme «démocratie», «liberté», «solidarité avec les peuples» en révolte, «justice», mais ce sont des choses qu'il ne peuvent dire qu'aux personnes exploitées, esclaves du système même.

C'est la même pratique que, depuis qu'existe l'expérience du Gramigna (1987), les juntes communales de droite ou de gauche ont toujours mis en avant. La dégradation règne encore du centre aux périphéries, comme le démontrent les nombreux endroits desquels nous avons été expulsés et qui sont toujours abandonnés à eux-mêmes.

 

Face à la spéculation immobilière, aux logiques du profit et à la répression, nous ne pouvons répondre qu'avec la lutte et la réouverture d'espaces de sociabilité !

 

LA MAUVAISE HERBE NE MEURT JAMAIS !

POUR CHAQUE EXPULSION UNE BARRICADE !

 

CENTRE POPULAIRE OCCUPÉ GRAMIGNA 
Squat!net, 27 mars 2011.

 

 

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