Out of control! Rencontres activistes en Allemagne en novembre

Publié le par la Rédaction

Groupe activiste de travail contre les «architectures de sécurité en Europe»
Du 19 au 22 novembre 2009, Allemagne


Les politiques de sécurité en Europe ces vingt dernières années ont permis d’augmenter prodigieusement la puissance du contrôle social de l’État. Les nouvelles technologies, législations, techniques et doctrines ont été établies par l’appareil judiciaire, policier et militaire. Les forces de contrôle se regroupent, tandis que les fronts de luttes se multiplient.

Les conflits n’ont pas manqués bien sûr. Du voisinage populaire vers la vidéo-surveillance, le contrôle des frontières physiques et numériques, les bases de données, le contrôle des télécommunications, les nouvelles technologies de fichage ADN — ou biométrique, les satellites et les drones volant dotés de caméras, le blocage des sites web, la répression des militants, des migrants, le «contrôle des foules» pour des protestations lors des sommets ou la répression des cultures alternatives telle la freeparty, la mainmise de l’État s’étend.

Mais la résistance est trop ponctuelle, localisée et spécifique pour atteindre le succès. Des manifestations aux actions directes, des meetings aux procédures judiciaire, des discours aux émeutes, rares sont les initiatives qui ont su trouver une résonance durable dans la population et arrêter la marche qui nous mène à une société de sécurité.

Il y a beaucoup de luttes et beaucoup d’acteurs dans ces luttes, mais il y a peu de place pour la rencontre et trop peu de convergence. Il y a pourtant un grand besoin de travailler à une compréhension commune des changements qui affectent l’architecture européenne de sécurité.

Surveillance et contrôle glissent vers une répression préventive, proactive et prévoyante. Les nouvelles législations, directives et traités devraient aider l’Union Européenne à devenir un État en elle-même avec plus de pouvoirs et plus d’institutions, tels que le «traité de Lisbonne» ou le «programme de Stockholm», qui développeront les directives pour les prochaines cinq années de politique de sécurité européenne. L’UE veut mettre en place une nouvelle stratégie de sécurité.

Ainsi va le paradoxe du sujet sécuritaire lorsqu’on aborde les questions qui le concernent — nouvelles technologies, répression, contrôle des migrants et liberté publique, l’attaque est transversale mais la résistance est aussi généralisée qu’elle est divisée.

Nous en appelons à la création d’une convergence des résistances au travers de rencontres et de campagnes politiques. Nous voulons faire se rejoindre les luttes de différents pays et de différentes natures.

Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que cela va prendre du temps : synthèses, compréhension et implication. Nous regardons donc ce projet comme un processus à long terme pour rendre claire la vision du système de contrôle européen et de la résistance à son encontre.

Nous proposons quatre niveaux d’ateliers :

Les moyens & les outils

Nous voulons faire des recherches sur les nouvelles tehcnologies qui sont utilisées pour la surveillance proactive et le contrôle des bases de données et des réseaux (SIS, VIS, Europol-IS, Eurosur), les logiciels utilisés pour traiter ces données et «prévoir les comportements déviants», les satellites utilisés par la police et les services de renseignement, les drones de vidéo-surveillance, les armes non-létales, le contrôle des frontières, la robotique, la surveillance et contrôle Internet, hacking gouvernemental, contrôle des foules. Nous voulons étudier les nouvelles directives et nouveaux traités, comme «l’initiative suédoise», «le traité de PrUm», «le traité de Lisbonne» et «le programme de Stockholm».

Les idées et les concepts

Après les recherches sur les moyens de contrôle et de restriction des libertés, nous voulons comprendre les stratégies et théories sur lesquelles repose la société sécuritaire. Les approches possibles sont la militarisation de la société à travers «l’esprit de défense», la doctrine de «la guerre révolutionnaire» pour le contrôle des populations, la création d’une «société de bases de données» ou les politiques proactives et prévoyantes contre les «comportements déviants» et pour une normalisation et standardisation.

Les acteurs

Considérant les changements de paradigmes des politiques intérieures de sécurité en Europe, nous voulons comprendre qui les ont initiés, pour le compte de qui et quels sont leurs objectifs. Les acteurs sont par exemple : des partis politiques, des compagnies fusionnées de défense et de sécurité (Siemens, EADS, Finmeccanica, Thalès, SAP ou Nexter), think tanks, armées, corporations internationales comme l’OTAN, l’UE et le G8, mais aussi des institution comme Europol, Eurojust ou Frontex.

Comment lutter contre la dérive totalitaire de nos sociétés européennes

Le moment est venu de regarder nos actions avec un esprit critique. Nous ne suggérons pas d’établir l’une des nombreuses luttes «prioritaires» ou transversales, ni appeler les autres à le faire. Nous voulons nous demander, collectivement, quelles sont les pratiques effectives contre le nouvel ordre sécuritaire européen. Notre tâche est d’échanger sur les expériences passées, mais plus encore d’établir des actions communes et convergentes. Les luttes actuelles, à un niveau européen (campagnes nationales et européennes contre Frontex, rétention de données, bases de données ou «programme de Stockholm»), peuvent nous aider.

Le meeting devrait faciliter le networking extra-territorial parmi les activistes.

Nous voulons organiser ce meeting des convergences pour comprendre les stratégies et logiques en œuvre au niveau européen et les interactions entre les 27 États. Si nous arrivons à dégager une vue d’ensemble plus claire, nous sommes persuadés de pouvoir évoluer du stade de la compréhension et de l’analyse à celui de la structuration et de l’organisation de la résistance.

Le meeting a lieu du 19 au 22 novembre 2009 au Sud de l’Allemagne. Contactez-nous pour plus d’information.
Les organisateurs prennent en charge les places pour dormir, la nourriture, matériel — papiers, stylos, board… et une proposition de structure (les dépenses pour la nourriture devront être partagées par les participants).
Nous avons quelques fonds pour aider ceux dont le prix du trajet est trop élevé, aussi n’hésitez pas à venir de toute l’Europe !
Contactez-nous pour participer et dites nous vos besoins en place pour dormir, aide pour le trajet ou propositions ou souhaits.

Plus d’info sur la politique intérieure de sécurité en Europe :
Turn off the Stokholm programme! et Monitoring European Police!

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