On aime le douanier grillé à Tlemcen

Publié le par la Rédaction

CaveCanem-05.JPGUn jeune tué, 317 véhicules incendiés dans un parc de saisie des douanes - Une course-poursuite tourne au drame à Boukanoun (Tlemcen)

 

Avant-hier vers 20h30, Amine Boulouiz, un étudiant âgé de 19 ans, résidant dans la commune de Bab El Assa, à 100 km du chef-lieu de la wilaya de Tlemcen, a trouvé la mort après une course-poursuite engagée contre lui par les éléments de la douane de Boukanoun, sur la RN7A. Selon le groupement de la Gendarmerie nationale de Tlemcen, la victime, qui était à bord d’une Renault Express en provenance du territoire marocain, n’avait pas obtempéré à l’ordre de s’arrêter lancé à son endroit par les éléments de la brigade de lutte contre la contrebande. Ceux-ci se sont alors lancés à sa poursuite.

 

Alertés, leurs collègues ont dressé un barrage près du village de Bab El Assa. Et c’est là, selon la même source, que le jeune, qui roulait à vive allure, est entré en collision avec un véhicule douanier qui barrait la route. Le jeune Boulouiz décède sur le coup, tandis qu’un douanier a été blessé et évacué en urgence à l’hôpital de Maghnia. Selon des témoignages, les tuniques grises auraient embouti le véhicule du fuyard, causant sa mort.

 

Aussitôt la nouvelle répandue, un millier de jeunes en colère de Bab El Assa, selon des recoupements, se sont déplacés à Boukanoun, 3 km plus loin, pour s’en prendre aux deux parcs automobiles de la douane. Bilan : 309 véhicules stationnés dans le parc des saisies et quatre des services de la douane et quatre voitures particulières ont été complètement incendiés. Dans la foulée, l’incendie s’est propagé au siège de la police des frontières, situé à proximité de celui de la douane, qui prendra feu à son tour. Les jeunes en furie criaient à la vengeance et ont obstrué la route nationale, créant une panique générale dans le périmètre. Appelés en renfort, les éléments de la Gendarmerie nationale ont réussi à disperser les émeutiers et à maîtriser la situation vers les coups de minuit, mais la région est restée en alerte pendant de longues heures.

 

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées jusqu’à hier par la gendarmerie qui poursuit ses recherches pour appréhender les auteurs des troubles. Cet incident tragique survient quelques semaines seulement après la mort par balle du jeune Benchour, tué par des gardes-frontières marocains alors qu’il roulait sur le tracé frontalier. Il y a deux ans, un autre jeune de Souani a été tué dans les mêmes conditions par des gardes-frontières algériens. Enfin, il y a quelques mois, du côté de Zouïa, dans la localité de Beni Boussaïd, un jeune a été également tué par balle par un soldat algérien, au niveau d’un poste avancé.

 

Leur presse (C. Berriah, El Watan), 24 mai 2010.

 

 

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Troubles en Algérie : plus de 300 voitures brûlées

 

La mort accidentelle dun jeune homme en fuite, à Tlemcen, prés de la frontière marocaine, a déclenché des troubles au cours desquels plus de 300 voitures ont été incendiées, rapporte ce lundi la presse algérienne.

 

Selon le journal Al Watan, le chauffeur du véhicule, âgé de 19 ans, en provenance du Maroc, a refusé de se soumettre à un contrôle douanier et a été pris en chasse en milieu de soirée, samedi, près du village frontalier de Boukanoun, par des véhicules de la douane. Sa voiture a heurté de plein fouet un véhicule des douanes qui lui barrait le chemin. Son conducteur est mort sur le coup tandis quun douanier a été blessé dans cette collision. Il a dû être hospitalisé.

 

Après la course-poursuite mortelle, près dun millier dhabitants de cette région, doù est originaire la victime, ont attaqué dans la nuit de samedi à dimanche deux parcs automobiles de la douane, incendiant au total 317 voitures : 309 véhicules stationnés dans le parc des saisies, quatre des services de la douane et quatre voitures particulières. Dans la foulée, l’incendie s’est propagé au siège de la police des frontières, situé à proximité de celui de la douane. Une vingtaine de personnes, soupçonnées davoir pris part à ces incidents, ont été arrêtées par la gendarmerie.

 

 

La frontière algéro-marocaine est considérée, de part et dautre, comme perméable au trafic de marchandises entre les deux pays, notamment de drogue, la zone ayant toujours été marquée par des incidents.

 

En novembre 2009, un trafiquant de drogue avait été tué et près de 90 kg de cannabis avaient été saisis dans la région de Tlemcen, lorsque le conducteur dun véhicule transportant la drogue avait tenté de forcer un barrage des gardes-frontières.

 

Leur presse (Le Parisien), 24 mai.

 

 

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La mort d’un jeune contrebandier enflamme Maghnia : 300 véhicules brûlés dans un dépôt des douanes

 

Les agressions violentes répétées contre les services des douanes ont pris une tournure inquiétante, ces deux dernières années, causant d’énormes dégâts aux infrastructures de ce corps et à ses agents.

 

Les contrebandiers n’hésitent pas à s’attaquer aux douaniers et ne reculent devant rien, allant jusqu’à recourir aux armes de guerre pour faire passer frauduleusement leurs marchandises mal acquises ou leur drogue. C’est dire que la tâche est rude pour ces hommes en uniforme gris qui ne sont malheureusement pas «protégés» puisqu’au moindre écart, ils sont traduits devant la justice. L’un des plus graves incidents s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche dans la région de Boukanoune à Tlemcen, quand plus d’un millier de personnes ont investi et incendié le parc et le siège de la brigade mobile des douanes et même le célibatorium de la Police des frontières (PAF) de la ville. Bilan : 306 véhicules saisis dans le cadre de la lutte contre la contrebande ont été incendiés, 4 véhicules de service de marque Toyota Station ainsi que 4 autres véhicules personnels des douaniers. Un agent a été même blessé à la tête par un jet de pierres, mais son état est hors de danger.

 

L’incident est survenu, selon notre source, à la suite de la mort d’un jeune dans la nuit de samedi vers 20h40 après avoir été repéré à bord de son véhicule de marque Renault Express par les éléments de la douane en patrouille sur une piste frontalière. Le jeune conducteur a refusé de s’arrêter aux sommations de la patrouille. Une course-poursuite s’est alors engagée et le contrebandier a fini par perdre le contrôle de son véhicule. Ce dernier a dérapé et a fait plusieurs tonneaux. Le conducteur est décédé sur le coup. Il s’agit d’un étudiant âgé de 19 ans et natif de Bab El-Assa. Le corps a été transféré à la morgue de l’hôpital de Tlemcen pour autopsie afin de déterminer les causes du décès.

 

La nouvelle de sa mort s’est vite répandue et les émeutes n’ont pas tardé à éclater. Environ 1000 personnes habitant les villages frontaliers de Souani, Bab El-Assa, Benkrama, Sellam, Boukanoune, Marsa-Ben-M’hidi, Sidi Boujenane et Souahlia ont assiégé la localité tout en incendiant le véhicule du jeune universitaire. Les assaillants ont pénétré en premier lieu dans le parc de la recette des douanes, où ils ont incendié 306 véhicules, selon un bilan en notre possession, avant de s’attrouper dans la rue pour demander que la lumière soit faite sur la mort du jeune. Il a fallu l’intervention des éléments du GIR relevant du groupement de la gendarmerie de la wilaya de Tlemcen pour calmer les esprits et maintenir en même temps l’ordre. L’enquête est toujours en cours pour identifier les auteurs de ces actes criminels et, selon les premiers éléments de l’enquête, le véhicule du contrebandier aurait été trafiqué. Hier, un important cordon de sécurité a été déployé pour pallier d’éventuels incidents, et ce n’est pas le premier que connaît la région, puisque les éléments de la division des douanes de Maghnia, ville frontalière, ont déjà connu ces dépassements à leur encontre dans la lutte contre la contrebande allant jusqu’à l’assassinat. On se souvient à Maghnia de ce jeune douanier sauvagement assassiné par arme blanche par des contrebandiers et 4 autres ont été brûlés vifs à Tébessa.

 

Plus de 21 agressions ont été enregistrées durant l’année 2009 contre ces hommes en uniforme gris par des contrebandiers et narcotrafiquants qui n’hésitent pas à chaque saisie de marchandises à soulever la population et à créer une instabilité pour intimider les services de sécurité n’hésitant pas même à s’attaquer aux barrages et infrastructures de l’État, au moment où ces douaniers ne peuvent utiliser leur arme pour se protéger.

 

Leur presse (Liberté), 24 mai.

 

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