Occupations à Paris : des braises couvent encore

Publié le par la Rédaction


Le 17 mars à Paris, après la condamnation à des peines de prison ferme entre 8 mois et 3 ans contre les inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes, une trentaine de personnes a décidé de ne pas laisser ce jugement sans réponse.

Quelques heures après, l’agence Air France (expulseur privilégié de sans-papiers) de Bastille a été bloquée. Tandis qu’une banderole «Liberté pour tous, avec ou sans papiers» barrait sa porte, ses ordinateurs étaient débranchés et elle était recouverte, à l’extérieur comme à l’intérieur, d’affiches «Sabotons la machine à expulser» et «Solidarité avec les inculpés de la révolte de Vincennes». Au même moment, des tracts étaient distribués aux passants et à l’intérieur toujours, il était fortement conseillé à Air France d’arrêter les expulsions (on y croit !) et de retirer leur plainte suite à l’occupation de l’agence Opéra le 27 janvier dernier. Enfin, pour être sûr que l’activité ne reprenne pas tout de suite, plusieurs boules puantes ont embaumé l’air mortifère de cet expulseur.

Une heure plus tard rue de Belleville, une boutique SNCF (coorganisateur de rafles et expulseur de sans-papiers) s’est fait occuper. Après que les clients soient partis (dont plusieurs solidaires avec ce qui se passait), la boutique a entièrement été taguée dedans comme dehors : «La SNCF collabore aux expulsions de sans-papiers», «Non aux rafles», «Feu aux CRA», «Solidarité avec les inculpés de Vincennes». Le même scénario qu’à Air France s’est répété, avec collage d’affiches, banderole, tracts… En passant, la boutique SNCF couverte de tags est restée fermée toute la journée du lendemain. Juste après, le gérant du magasin Bouygues (trop fameux constructeur de prisons en tout genre) qui observait jusque là l’occupation de la SNCF en se marrant, a commencé à rire jaune lorsque les manifestants se sont dirigés vers son enseigne. Il s’est vite enfermé dans ses murs pendant que sa vitrine se faisait recouvrir de tags («Bouygues construit des taules», «Feu à toutes les prisons»).

La cavalerie n’est pas arrivée assez vite, et le joyeux petit groupe a descendu toute la rue de Belleville sous le regard complice des passants. Bloquant la circulation, il a déambulé derrière la banderole aux cris de «Liberté pour tous, avec ou sans papiers», «Pierre par pierre, mur par mur, détruisons toutes les prisons», «Feu feu feu aux centres de rétention», «De l’air, de l’air, brûlons les frontières»…

Solidarité avec les inculpés de la révolte de Vincennes
Destruction des centres de rétention
Liberté pour tous, avec ou sans papiers.

Pour continuer, parmi d’autres initiatives, rendez-vous samedi 20 mars à 15h30 devant le centre de rétention du Mesnil-Amelot.

Indymedia Nantes, 18 mars 2010.

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