Occupation d'Altedia Pôle Emploi

Publié le par la Rédaction

18h11
Suite à l’occupation d’Altedia Pôle Emploi, est actuellement en cours un contrôle d’identité de tous les occupants.


15h20
Communiqué des occupants dAltedia Pôle Emploi, Paris

Nous sommes aujourd’hui une quarantaine de chômeurs, précaires, intermittents à occuper les locaux d’Altedia, 22 rue de Clichy à Paris dans le IXe arrondissement, propriété d’Adecco, qui entre autres conseille les entreprises dans leurs plans de licenciements, accompagne et contrôle les chômeurs dans leurs recherches obligatoires d’emploi (sous peine de radiation). Jeu à gain multiple pour Altedia qui palpe le beurre, l’argent du beurre, la vache laitière et tous ses petits veaux : une fois en se faisant rémunérer pour dégraisser, une deuxième fois — comme sous-traitant de Pôle Emploi — en forçant ces fainéants de licenciés économiques à bouger leur cul pour trouver un travail qui n’existe pas, une troisième fois en organisant le travail précaire par le biais de l’intérim.

Nous sommes ici collectifs de précaires, chômeurs, intermittents et autres venus chercher un peu de chaleur dans une action collective pour demander que l
argent versé à Altedia pour nous suivre nous soit plutôt versé directement — on se suivra nous-mêmes.

Nous exigeons :
— De rencontrer la direction dAdecco, propriétaire dAltedia, société dintérim responsable de nombreux accidents liés aux conditions déplorables du travail imposé ;
— De rencontrer M. Charpy, directeur du Pôle Emploi ;
— La liste des entreprises dont Altedia prépare la restructuration afin d’informer les salariés sur le sort qui les attend ;
— De connaître la somme exacte perçue par Altedia pour chaque chômeur suivi.

Après bientôt quatre heures d
occupation, aucune réponse na été apportée à nos exigences.

Cette action s
inscrit dans une campagne nationale dactions et doccupations (mairies occupées à Brest, Rennes, Morlaix, Quimper ; Pôles Emploi occupés à Paris, Montreuil, Argenteuil, Rennes, Toulouse, Marseille, Bordeaux…) menée par des chômeurs, précaires, intermittents.

Nous appelons aux différentes manifestations qui auront lieu samedi 5 décembre à Paris, Rennes, Lyon, Marseille, Bordeaux et ailleurs dans une trentaine de villes.
À Paris retrouvons-nous à 14 heures place Stalingrad.


14h48
Pôle Emploi nous dit «Ton droit, tu nous le doit !»,
L’intérim, c’est «Trime et tais-toi !»,
Ne nous laissons pas faire !


Aujourd’hui 2 décembre 2009, nous occupons depuis 12h30 Altédia Pôle Emploi, 22 rue de Clichy à Paris 9e.

Ici sont physiquement réunis trois rouages de la machine à précariser : Pôle Emploi, une société de conseil aux entreprises et l’intérim. Cette machine à précariser sert les intérêts des employeurs, et en particulier des entreprises d’intérim. L’une d’elles, Adecco, détient le capital de Altédia (100 millions de chiffres d’affaires en 2008), fondée par le conseiller social de la présidence de la République, Raymond Soubie.

En 2005 le chiffre d’affaires de l’intérim en France a atteint 19 milliards d’euros. Les marchés qui viennent de leur être attribués par Pôle Emploi sont de l’ordre de 468'000'000 euros en 2009.

Des restructurations et de leurs licenciements, des mesures de conversion au coaching des chômeurs et RSAstes, cette entreprise prospère en organisant licenciements et mise au travail, et maintenant le suivi et le contrôle de chômeurs toujours menacés de radiations, culpabilisés et traçables. Nous ne voulons pas des prestations que l’on cherche à nous imposer sous peine de perdre une maigre allocation. Nous ne voulons pas de ces «trajectoires emploi» pour lesquelles sont financées ces «sous-traitants» de Pôle Emploi (mais qui sous-traite pour qui ?), car nous ne voulons ni rendre des comptes, ni mimer la motivation à chercher les rares emplois sous payés disponibles. Nous ne voulons ni du «contrôle du train de vie» des pauvres ni de l’assistance permanente aux entreprises. Nous ne voulons pas plus être gouvernés par l’argent et la concurrence de tous contre tous que par la bureaucratie kafkaïenne qui les maintient.

La majorité des chômeurs et précaires sont non indemnisés. Aujourd’hui, même le journal économique Les Échos admet que le RSA n’offre aucun gain aux travailleurs pauvres et autres précaires qui en dépendent.

Le budget alloués aux entreprises d’intérim et autres sous-traitants de Pôle emploi, tout comme celui des exonérations de cotisations sociales doit être attribué aux précaires, directement et sans attendre. L’explosion des inégalités, la stigmatisation des pauvres, la course au cachet, au CDD, nous n’en pouvons plus et nous allons le faire savoir. Le refus de cette situation est l’affaire de tous : nous invitons tous les concernés à rejoindre les collectifs existants et à en créer de nouveaux.

Des marches contre le chômage, la précarité et pour de nouveaux droits sociaux, ponctuées par des occupations de mairies (Brest, Lannion, Rennes), de Pôle Emploi et de CAF, des échanges avec des salariés en lutte, avec ou sans papiers, ont commencé. Chômeurs, précaires, intermittents, travailleurs pauvres, restructurés, ne restons pas seuls, organisons-nous, désarmons Police emploi !

Comme dans plusieurs villes en France, manifestons contre la précarité et le chômage, pour de nouveaux droits, samedi 5 décembre à 14 heures place Stalingrad

Pour des informations sur les initiatives en cours, voir le site de la Coordination des intermittents et précaires.

Publié dans Chômeurs - précaires

Commenter cet article