Nouvelles journées d'offensive étudiante en Grande-Bretagne - 24 & 25 novembre

Publié le par la Rédaction

25 novembre

Sit-in et occupations dans plusieurs universités britanniques

 

Des étudiants poursuivaient jeudi leur sit-in et occupations de locaux dans plusieurs universités britanniques, à Londres, Oxford et Cardiff, au lendemain d'une journée de manifestation, selon les universités jointes par l'AFP.

 

Une cinquantaine d'étudiants ont ainsi passé la nuit «dans le calme» dans le bâtiment central de UCL (University College London), selon les reponsables de l'université. Une poignée d'étudiants sont aussi restés la nuit dans le dome de la vénérable bibliothèque d'Oxford, la «Bodleian library».

 

 

Mercredi, les étudiants avaient organisé leur deuxième grande journée de manifestation contre la hausse des frais d'inscription en fac, après celle du 10 novembre émaillée de violences, dans la capitale. Quelque 10.000 étudiants ont manifesté mercredi sur plusieurs sites à Londres et 3.000 dans les autres villes universitaires du pays. Quelques incidents ont eu lieu : une estafette de police a été renversée à Londres, les vitres de plusieurs bus brisées, des graffitis portant les mots «révolution» et «réforme sociale» dessinés sur les murs des ministère des Affaires étrangères et du budget. La police a procédé à une trentaine d'arrestations. Aaron Porter, président de l'Union des étudiants a déclaré sur la BBC jeudi matin à propos du mouvement étudiant que «ceci n'est que le début» tout en condamnant fermement les violences qui sont, selon lui, le fait de «fauteurs de troubles professionnels». Les étudiants protestent contre les coupes budgétaires et l'augmentation des frais d'inscription en fac.

 

Leur presse (Belga), 25 novembre 2010.


 

24 novembre

 Manifestations en Grande-Bretagne : 13 blessés, 15 arrestations à Londres

 

Tout avait commencé dans le calme, mais la situation a dégénéré…

 

 

 

Les étudiants britanniques sont de nouveau descendus dans les rues ce mercredi, pour manifester contre la hausse des frais de scolarité universitaires.

 

Des milliers de personnes ont manifesté, dès 11 heures (midi, heure de Paris) ce mercredi à Londres et dans toutes les grandes villes du pays. Des collégiens et lycéens se sont joints à cette journée d'action. Et, si les différents cortèges ont défilé dans le calme, la situation a commencé à dégénérer vers 13 heures, heure locale, rapporte le Guardian.

 

Deux agents de police blessés

 

Ainsi, dans le centre de Londres, alors que des milliers d’étudiants étaient contenus par la police, des manifestants sont montés sur un fourgon de police, en ont détruit le pare-brise, et l’ont tagué, selon les images transmises par les chaînes d'information en continu. Des pancartes en feu ont aussi été jetées vers les agents de police.

 

 

 

 

 

 

Au total, onze personnes ont été blessées dans la capitale, trois ayant été hospitalisées pour des blessures mineures, selon le London Ambulance Service cité par le Guardian. La police métropolitaine a en outre indiqué au quotidien britannique que deux agents avaient été blessés dans la capitale, l’un deux avec un bras cassé, l’autre ayant perdu conscience. Le porte-parole a ajouté que quinze personnes avaient été arrêtées pour vol et atteinte à l’ordre public durant la manifestation.

 

Des échauffourées à Bristol

 

Ce mercredi soir, la situation était toujours tendue, avec des milliers de manifestants bloqués dans le centre de Londres par des cordons de police.

 

Des échauffourées entre manifestants et policiers ont également éclaté à Bristol, après que des manifestants ont forcé un cordon de sécurité visant à éloigner le cortège du centre-ville.

 

Leur presse (20 minutes), 25 novembre.

 

 

 

 

Des milliers d'étudiants manifestent à Londres

 

Dans plusieurs villes anglaises, ils ont protesté contre la hausse des frais d'inscription universitaires. Ils se sont heurtés parfois violemment à la police, très présente cette fois.

 

Les organisateurs avaient présenté leur projet de manifestation à Londres comme «un carnaval de résistance» contre le projet d'augmentation des frais d'inscription à l'université. Le «carnaval» s'est rapidement transformé en face-à-face parfois violents avec la police devant les bâtiments des ministères à Whitehall.

 

Contrairement à la première manifestation du 10 novembre qui avait rassemblé 50.000 étudiants dans les rues de la capitale et s'était terminée par des violentes attaques contre le siège du Parti conservateur, les manifestants étaient cette fois moins nombreux, et ils ont agi de manière dispersée dans l'ensemble du pays. Des milliers d'étudiants ont arrêté les cours et se sont rassemblés dans les grandes villes universitaires comme Bristol, Cambridge, Liverpool et Manchester. Des universités ont été occupées à Birmingham et Plymouth.

 

À Londres, les manifestants avaient l'intention de porter au siège du Parti libéral-démocrate une lettre destinée au vice-premier ministre Nick Clegg, très critiqué pour avoir renoncé à sa promesse d'abolir les frais d'inscription universitaires. Mais la police métropolitaine, blâmée il y a quinze jours pour son manque de préparation lors des violences, était cette fois présente en force pour éviter les débordements et avait totalement barricadé les abords du parlement et du siège des libdems.

 

Décidés à en découdre

 

Si une bonne partie des 2000 à 3000 étudiants qui se sont rassemblés à Trafalgar Square à midi avant de marcher vers Westminster étaient des étudiants, le cortège était emmené par quelques centaines d'anarchistes et de militants d'extrême-gauche, clairement décidés à utiliser la force pour faire passer leur message.

 

Dès qu'ils se sont retrouvés bloqués par la police au bout de Whitehall, au coin de la place du Parlement dominée par la tour de Big Ben, les premiers accrochages ont commencé. Un petit groupe, le visage masqué par des foulards et des capuches, a pris d'assaut une camionnette de police, laissée vide au milieu de la rue, brisant le pare-brise et les vitres à coup de barre et recouvrant la carrosserie de graffitis.

 

 

Comme lors des manifestations dans la City durant le G20 en 2009, les policiers, très visibles avec leurs gilets jaunes fluorescents et leurs casques antiémeute, ont rapidement encerclé les manifestants afin de les empêcher de se disperser et de provoquer d'éventuels troubles à d'autres endroits. Lors du face-à-face qui s'ensuivit pendant tout l'après-midi et jusque dans la soirée, plusieurs accrochages violents ont éclaté. Deux policiers ont été blessés — l'un d'entre eux a eu le bras cassé — et une dizaine de jeunes ont été arrêtés par les forces de l'ordre. Le ministre de l'Éducation, Michael Gove, a déclaré à la BBC qu'il maintenait le projet de réforme des frais universitaires, regrettant que «des extrémistes anarchistes et des membres du Parti socialiste des travailleurs tentent de détourner le mouvement étudiant pour semer le ­chaos». Nick Clegg a, lui, «regretté énormément» d'avoir trahi une de ses promesses, mais a confié qu'il avait appris à ne pas s'émouvoir outre mesure face aux manifestations étudiantes.

 

 

Leur presse (Cyrille Vanlerberghe,
Le Figaro), 24 novembre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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