Nouvelles des personnes arrêtées hier en Italie pour leur engagement contre les centres de rétention et la liberté d'installation et de circulation

Publié le par la Rédaction


Quelques nouvelles d’Italie, avec tout d’abord l’adresse des camarades emprisonnés et apparemment mis en isolement. Vous pouvez leur écrire même en français (ou en anglais ou en espagnol… ou en italien), ça participe à montrer qu’ils ne sont pas seuls et ça fait sans doute toujours du bien quand on est en prison :
Luca Ghezzi – Via Pianezza 300, 10151 Torino,
Andrea Ventrella – Via Pianezza, 300 10151 Torino,
Fabio Milan – Via Pianezza 300, 10151 Torino.

Hier une soixantaine de personnes se sont rassemblées devant le CIE (centre d’identification et d’expulsion) de Turin. Les nouvelles de l’intérieur, des résistances aux expulsions, des résistances à l’enfermement dans les CIE continuent d’être diffusées. De toute façon, dedans comme dehors les luttes continuent !


Sinon, voilà ci-dessous un condensé de divers articles de presse qui ont tous des titres plus aguicheurs les uns que les autres (Exemples : «Plus de 60 actions reprochées aux anarchistes», «Deux années de raids et de violence, opération contre les anarchistes», «Derrière les révoltes d'immigrés»…) :

1) Concrètement il est reproché aux camarades arrêtés deux ans et demi de lutte contre la politique d’immigration du gouvernement italien et contre les centres de rétention.

Pêle-mêle sont évoqués :
— Les occupations de la Cgil, de la Croix Rouge (sur la Croix Rouge et la Cgil, gros syndicat de gauche italien, voir cet article en français), de la Lega Nord, d’un musée égyptien, du consulat de Grèce où fut négocié l’envoi de fax de solidarité.
— Les rassemblements réguliers devant le CIE de la via Brunelleschi (qui dans les bouches de l’État, de la police et des journalistes se transforment en «assauts» ou «attaques» des CIE).
— Les actions contre des entreprises qui collaborent au fonctionnement des CIE (la Croix Rouge encore).
— Les manifestations dans des lieux publics telles celle au resto bio Eataly où pendant une grève de la faim une intervention avait été faite avec distribution de tracts.
— La petite action au très chic resto «Il cambio», lieu fréquenté par les politiques et journalistes de droite de Turin où, toujours pendant une grève de la faim des retenus du CIE, des excréments avaient été lancés dans la salle.

2) Est suggéré le fait que derrière les révoltes il y aurait ces gens qui se battent contre les centres de rétention, les prisons… Certains journaux, se basant sur des extraits d’écoutes téléphoniques, relatent ainsi des extraits de conversations au téléphone entre des camarades et des retenus remontant à juillet 2009, disant que par ces coups de fil à l’intérieur les retenus étaient incités à la révolte. Comme si les gens, que dis-je, les étrangers sans titre de séjour, étaient sans doute trop cons et trop contents de leur sort pour penser tous seuls à se révolter… Il y avait eu la même chose à Vincennes où lors de la révolte qui a conduit à l’incendie, les gens et associations qui manifestaient dehors avaient été accusés d’incitation par divers responsables politiques.

Pour rappel plusieurs des camarades interpellés retranscrivaient des témoignages de retenus en lutte via la radio ou internet.

3) Dans la logique policière, il y a des chefs, ils les présentent, les exposent, les mettent en photo dans le journal, ce sont deux des trois personnes incarcérées.

4) Concernant les perquisitions à Radio Blackout il est dit que l’investigation ne concerne que la partie qui s’occupait des luttes dans les centres de rétention et concerne aussi des infos transmises sur la radio mais aussi par sms pour prévenir des contrôles de police. Dans le dossier d’instruction beaucoup d’enregistrements d’émissions où on entend notamment s’exprimer les gens inculpés dans cette histoire puisque certains participaient à la radio.

5) Il est précisé que les «investigations» contre cette figure de l’ennemi intérieur qu’en Italie ils appellent «anarchiste insurrectionnaliste» continuent.

Solidarité et liberté pour tous
avec ou sans papiers
en Italie comme ailleurs !

Courriel, 24 février 2010.


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