Nouvelle audience pour les camarades lillois interpellés lors du camp No Border

Publié le par la Rédaction

3 février 2010 : Nouvelle audience pour les camarades lillois interpellés lors du camp No Border

Le contexte

Du 23 au 29 juin 2009 s’est tenu à Calais un camp No Border qui a réuni plusieurs centaines de personnes dans l’objectif de dénoncer les politiques de gestion des flux migratoires, qui entraînent à travers toute l’Europe toujours plus d’atteinte aux droits et à la dignité humaine, de violences et de morts. De la Grèce à l’Angleterre, mais aussi en dehors des frontières européennes, par le biais d’une externalisation toujours plus évidente du contrôle et de la répression à l’égard des personnes migrantes, l’Europe commet un crime que des millions de personnes réprouvent et que nous sommes des milliers à combattre au quotidien.

À Calais nous sommes témoins depuis trop longtemps du harcèlement des migrants en transit par les autorités et de la violence qu’elle engendre de la part des flics. Nous avons vu récemment combien les solutions proposées par l’État s’apparentent à un nettoyage dont les méthodes rappellent parfois de tristes souvenirs : rafles, séparation des familles, enfermement, déportation… Ce sont des hommes, des femmes et des enfants que l’on traine dans la boue, que l’on brise et que l’on renvoie dans des pays qu’ils fuyaient pour des raisons légitimes.

C’est au regard de toutes ces infamies que nous étions réunis à Calais fin juin pour protester et alerter la population du drame qui se joue sous ses yeux.

Les faits

Le 25 juin 2009 à Calais, alors que le camp No Border faisait l’objet d’un impressionnant et lamentable blocus policier, accompagné dans les médias d’une psychose sans précédent, assimilant les militants No Border à de dangereux criminels, une partie d’entre nous a souhaité contourner l’embargo fait à la liberté d’expression pour tenter de manifester au centre-ville, au contact de la population locale, avec pour seul objectif de défiler avec banderoles et tracts.

Rendez-vous avait été donné sur une place a proximité du centre à 16 heures. Chacun savait qu’il fallait faire vite pour échapper aux forces de police, c’est pourquoi la manif est partie dans un délais de cinq minutes après le rendez-vous, pour rejoindre les grands axes du centre-ville. Il a fallu moins de temps qu’il n’en faut pour le dire pour que, coincés entre deux rangées de policiers, à 16h15 une partie des manifestants soit interpellée.

Les deux porteurs de la banderole de tête ont alors été plaqués au sol, maîtrisés et menottés, tandis qu’ils continuaient de scander «Liberté de circuler, liberté de manifester», «Liberté d’expression, liberté de circulation». Leur volonté de ne pas se taire, et alors qu’ils n’ont fait preuve d’aucune résistance physique, leur vaut une inculpation pour «résistance violente à agent dépositaire de l’autorité» (rébellion). L’un des deux, ayant fait l’objet de violences (pression des mains sur le visage, étranglement, utilisation de lunettes coincées entre les dents pour le faire taire) en a fait mention dans sa déposition, ce qui lui vaut une plainte de la part de l’agent de la BAC qui l’a interpellé.

Le procès

Nous dénonçons dans ce procès un moyen pour l’État de condamner l’initiative du camp No Border et de réprimer encore une fois la contestation quelle qu’elle soit. Nous y voyons l’expression de la toute puissance de l’État policier et de l’impunité de ses flics. Nous voulons que ce procès, basé sur le mensonge des agents de police, soit celui de l’institution policière et des autorités. Nous contestons le blocus policier et la répression accrue à l’égard des militants présents lors de ce camp No Border. Nous contestons la violence policière de l’État et la répression qui l’accompagne, ainsi que la dérive totalitaire de la démocratie actuelle, aussi bien dans ses politiques d’immigration que dans ses politiques (a)sociales. Ne les laissons plus gagner !

Les deux camarades sont passés en procès le 14 octobre 2009 pour se voir annoncer un report d’audience. Les policiers n’étaient ni présents, ni représentés. La substitut de procureur avait demandé un complément d’information, notamment l’ajout d’une carte de Calais représentant les zones d’intervention et de contrôle des forces de police.

Les deux camarades sont reconvoqués ce mercredi 3 février 2010 au tribunal de Boulogne-sur-Mer.
Ils invitent donc toutes et tous à venir les soutenir le jour de l’audience.

Pour que cesse le chaos policier !
Pour une véritable justice sociale
et contre les violences d’État !

Courriel, 29 janvier 2010.

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