Notes pour un appel à l'Orient

Publié le par la Rédaction


L
es États arabes meurent. Où pourraient mener leurs politiques nationales, fondées sur la misère de leurs peuples ?

Il n’y a pas eu de révolution égyptienne. Elle est morte dès les premiers jours ; elle est morte avec les ouvriers du textile fusillés pour «communisme». En Égypte on endort la foule en lui montrant le canal de Suez. Les Anglais ne s’en iront pas loin : seulement jusqu’en Jordanie ou en Libye.

L’Arabie Saoudite fonde sa vie sociale sur le Coran et vend son pétrole aux Américains. Tout le Moyen-Orient est aux mains des militaires. Les puissances capitalistes dressent des nationalismes rivaux, et en jouent.

Il faut dépasser toute idée de nationalisme.

L’Afrique du Nord doit se libérer non seulement d’une occupation étrangère, mais de ses maîtres féodaux. Nous devons reconnaître notre pays partout où règne une idée de la liberté qui nous convienne, et là seulement.

Nos frères sont au-delà des questions de frontière et de race. Certaines oppositions, comme le conflit avec l’État d’Israël, ne peuvent être résolues que par la révolution dans les deux camps. Il faut dire aux pays arabes : Notre cause est commune. Il n’y a pas d’Occident en face de vous.

Mohamed Dahou
Potlatch no 6, 27 juillet 1954.

Publié dans Debordiana

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