Non à l'intervention militaire en Libye ! / Contre la dictature de Kadhafi et contre le militarisme occidental

Publié le par la Rédaction

Non à l'intervention militaire en Libye !


L’intervention des pays soi-disant démocratiques alliés aux monarchies pétrolières n’a pas pour but philanthropique de venir en aide au peuple libyen pour aboutir à son émancipation sociale et politique.

 

 

L’enjeu n’est pas tant de capter les ressources pétrolières libyennes, que de montrer la capacité de ceux qui gouvernent le monde de stabiliser une situation régionale à leur avantage. En enrôlant le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, les Occidentaux confortent ces régimes tyranniques dans leur intervention militaire contre l’insurrection bahreïnie, et légitiment ainsi par avance les futures répressions sanglantes dans tous les pays de la péninsule Arabique et au-delà si besoin est. De plus, la Libye de Kadhafi jouait vis-à-vis de l’Europe le rôle de verrou contre l’immigration africaine, comme le lui avaient demandé ses amis Sarkozy et Berlusconi. Il est donc nécessaire pour les États européens de s’assurer que Kadhafi soit bien remplacé par un pouvoir à leur service.

 

Le soulèvement populaire du peuple libyen est l’opportunité attendue par les oligarchies occidentales pour reprendre la main dans une région où la multiplication des soulèvements populaires n’a cessé d’inquiéter les «démocrates patentés». L’humanitarisme affiché pour «venir en aide» au peuple libyen n’est qu’hypocrisie et cynisme, car depuis quarante-deux ans ce peuple subit le joug de son «Guide» et se fait massacrer dans le silence à défaut de pouvoir s’exiler sans espoir de retour ; et, ces dernières années, les États et les entreprises de ce même Occident acceptaient les capitaux du régime libyen et se précipitaient en rangs serrés à Tripoli pour lui vendre des armes, et même lui proposer une centrale nucléaire !

 

Le peuple libyen est aujourd’hui pris en otage entre son dictateur et les puissances occidentales soucieuses d’abord de leurs intérêts économiques et géostratégiques.

 

Le prix à payer par le peuple libyen pour cette tentative d’émancipation sociale sera élevé en raison

• De la guerre de ce jour ; 
• De la perpétuation éventuelle du régime de Kadhafi ou de ses héritiers sur tout ou partie de ce territoire ; 
• Ou du diktat de l’exploitation capitaliste par les bourgeoisies venues asseoir militairement une nouvelle tyrannie.

 

Le courage des peuples arabes qui ont osé dire ça suffit, qui nous montrent le chemin d’autres présents possibles, est admirable. Le courage du peuple libyen debout pour ses libertés appelle respect et solidarité.

 

Nous sommes sensibles au sort des victimes, mais ne nous laisserons pas aveugler par une émotion consensuelle. Notre solidarité n’est pas de nous associer au chœur des pseudo-philosophes, aussi larmoyants que va-t-en-guerre, et des médias aux ordres de l’idéologie capitaliste, mais de continuer le combat pour l’émancipation sociale et politique contre nos bourgeoisies complices de ces massacres.

 

Organisation Communiste Libertaire, 20 mars 2011.

 

 

Contre la dictature de Kadhafi et contre le militarisme occidental

 

Vendredi 18 mars 2011, le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté la possibilité de frappes aériennes contre l’armée de Kadhafi. Alors que les bombardements et les massacres continuent autour de Benghazi, que l’armée de Kadhafi a quasiment repris le contrôle du pays, une intervention militaire occidentale aérienne ne serait en rien un soutien à la population de Libye contre la dictature.

 

Sans revenir sur les interventions militaires en Afghanistan et en Irak, où plus personne ne croit qu’elles avaient pour but de défendre la «liberté», les «droits humains» ou la «démocratie», tout le monde sait que les armes de Kadhafi ont en grande partie été achetées à des capitalistes français. Ainsi, c’est le 18 février 2011, que finalement le Quai d’Orsay décidait de suspendre la livraison de matériel militaire à la Libye, avouant ainsi que depuis des années et des années le gouvernement français vendait à Kadhafi les armes nécessaires pour maintenir sa dictature. Interrogé par Public Sénat, loin des déclarations et résolutions hypocrites de l’ONU et des gouvernements occidentaux, Serge Dassault avait justement indiqué : «Quand on vend du matériel, c’est pour que les clients s’en servent». Et effectivement, comment s’étonner ou feindre l’indignation que la dictature de Kadhafi utilise les armes qu’elle a achetées aux capitalistes occidentaux ?

 

L’Arabie Saoudite, d’ailleurs, après qu’elle soit intervenue militairement pour écraser dans le sang la révolte à Bahreïn, est susceptible de «fournir des moyens» à des frappes militaires aériennes sur la Libye. Ce simple exemple montre toute l’hypocrisie de ceux qui parlent de frappes aériennes au nom d’un soutien au soulèvement contre la dictature.

 

Une intervention militaire, que ce soit par des frappes aériennes ou une autre forme d’intervention, sous l’égide des grandes puissances, n’a en aucun cas pour but de «libérer» qui que ce soit et surtout pas la population libyenne. Au mieux, il s’agira de remplacer la dictature de Kadhafi par celle de ses anciens ministres qui dirigent aujourd’hui, après avoir été des cadres du régime, le «Conseil de Transition». Que ce soit en Libye ou ailleurs, les régimes bourgeois n’interviennent jamais pour le bien des populations, mais seulement pour leurs propres profits.

 

Initiative Communiste-Ouvrière, 19 mars.

 


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