No Border Bruxelles : La rafle

Publié le par la Rédaction

 

Afin de sensibiliser un maximum de personnes aux traitements inhumains que subissent les sans-papiers dans l’enceinte de la forteresse Europe, NoBorder avait lancé un appel à manifester vendredi 1er octobre 2010, à la gare du Midi de Bruxelles.

 

Cette action nétait pas autorisée, certes, mais diffusée avec une publicité telle quil était évident, quune nouvelle fois, il serait question dun rassemblement pacifique désireux déveiller les consciences.

 

«Nos  camarades travailleurs» en uniforme, sans uniforme et infiltrés jusquà lintérieur du camp, sont dailleurs en connexion 24h/24 avec les activistes…

 

Sil sétait agi dune quelconque intention de violence, pensez-vous sérieusement quun groupe dangereux organisé aurait opéré de cette manière ?

 

De fait, cétait là, la dernière opportunité pour la propagande étatique de justifier ses dépenses mirobolantes en matière de sécurité, et de démontrer au pauvre peuple belge en danger lefficacité des forces de police, gardiennes de la paix, et la nécessité de réduire le respect de la vie privée : Ne craignez rien, lÉtat veille sur vous !

 

 

Gare du Midi, 19h10 (désolés pour le retard, on avait un autre rassemblement, autorisé celui-là).

 

Nous, observateur et communicateur, remarquons que le périmètre est bouclé : 14 personnes arrêtées assises en rang doignons, 1 car déjà presque plein, 5 combis, 6 voitures, environ 60 uniformes et une vingtaine en civil… et ce, pour une sortie de la gare…

 

 

 

 

Les passants sont systématiquement fouillés, 3 personnes hurlant leur douleur sont face contre terre, genou de flic bien appuyé dans le dos ; une jeune fille est plaquée au sol même technique : 3 flics la maintiennent en appuyant bien le genou dans le dos…

 

Nous nous approchons pour recueillir des infos, on nous demande de «circuler» : refus dobtempérer, embarqués !

 

 

 

 

 

Nous sommes environ 200 personnes raflées et transférées à la caserne dEtterbeek. Parmi nous, 20 mineurs dâge, des touristes parisiens, des fêtards liégeois, ardennais, bruxellois…

 

On ne peut plus parler darrestations administratives «préventives», terme apparemment accepté docilement par les médias et lopinion publique, mais dune rafle !

 

La première fouille sur place mapprend que mon marqueur indélébile et mes gouttes ophtalmologiques sont des preuves de culpabilité…

 

Nous sommes une cinquantaine dans la cage des femmes, dautres arrivent au compte-gouttes…

 

Au bout de deux heures, les fouilles et prises didentités commencent.

 

Deux flics mextirpent brutalement de la cellule. Je demande en néerlandais scolaire quon me parle en français, ils refusent et deviennent très agressifs. Ils aboient et la fouille au corps abusive et dégradante est clairement destinée à provoquer une réaction de ma part… self-control, je gère.

 

Je refuse de signer une déclaration qui signale un trouble de la tranquillité publique et la possibilité qui maurait été offerte de prévenir quelquun à lextérieur. Aucune femme na signé dailleurs !

 

Ils memmènent dun pas rapide rejoindre mes nouveaux quartiers, je ralentis la marche, mon calme les énerve, la volaille femelle essaie de me mettre le bras dans le dos, la pauvre ny arrive pas et de rage menfonce ses ongles dans la peau… Mon bras est toujours bleu, mais cétait jouissif de les voir faillir…

 

Deux jeunes filles brutalisées arrivent en pleurs dans la cage, une autre camarade a été plaquée sur la table, pantalon descendu…

 

À 1 heure du matin encore, dautres raflés continuaient darriver. Nous sommes restés prisonniers pendant 9 heures (excepté les mineurs dâge relâchés vers 1h30), accédant une seule et unique fois aux toilettes au bout de 4 heures (certaines ont été contraintes duriner par terre), avec 2 bouteilles deau de 33 cl pour 27 détenues (dans notre cellule), sans manger, sans même un mouchoir en papier, nous crevions de froid (ils avaient pris pour la plupart nos vestes), et nous navions aucun moyen de prévenir un flic si un malaise ou autre survenaient.

 

La police dAnvers (ou escadrille fasciste réquisitionnée pour les basses tâches) nous a relâchés vers 5h du matin aux abords du camp.

 

Japprendrai par la suite, que les hommes ont eu le plaisir de recevoir la visite du gardien Vandermachin accompagné dune dizaine de majorettes. Celui-ci leur proposait tour à tour soit de sortir avec lui pour un remake de Rocky, soit pour leur enfoncer… bien profondément !

 

Admettez que sa verve poétique pourrait être publiée, et devenir le nouveau mouvement artistique en vogue de cet État policier.

 

Nous pensons pourtant que la solution pour lui serait une thérapie de couple. En effet si Mme Vandermachin refuse la sodomie, ce nest pas une raison pour profiter de son autorité sur la population livrée à sa merci.

 

Lautre option, cest le coming-out. Nous vivons dans une démocratie, empreinte dégalité et de tolérance ; lhomosexualité au sein de la police ne devrait pas poser de problème.

 

Allez, courage !

 

NathD/mediActivista
Indymedia Bruxelles, 3 octobre 2010.

 

 

Manif NoBorder, we’ll be back!

 

Malgré l’État policier en liesse (mais oui, pour eux cétait le summum de la jouissance), la menace dinsécurité propagée na pas eu de prise sur la population : 2000 personnes (et non pas 300 comme indiqué par nos «camarades» de la presse officielle, nous réitérons nos compliments pour le formidable travail accompli pendant cette semaine riche en abus de pouvoir et emploi de méthodes dictatoriales) ont rejoint ce joli cortège à travers les rues de Bruxelles… “Say it loud, say it clear, refugees are welcome here!”

 

 

La quarantaine de flics en civil, et les robocops dissimulés et débusqués par les ressortissants du Clownistan nont pas empêché la participation de dizaines de sans-papiers. Les gens alentour ont pu constater que NoBorder était un mouvement de paix qui, envers et contre tout, voulait dénoncer la politique ultra-libérale des pays «développés» qui nous endoctrine.

 

Au gouvernement belge (enfin, on en est où ? jai pas suivi) à présent, de justifier le déploiement militaire aux frais du contribuables, de lachat de caméras 360° qui coûtent la survie de plusieurs familles pendant un an, et des frais qui seront engendrés pour les multiples plaintes qui vont suivre !

 

NathD/mediActivista
Indymedia Bruxelles, 3 octobre.

 


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