No Border Bruxelles : Deux témoignages
Bonsoir,
Pour la manif de samedi NO-BORDER, nous étions en arrivant sur la place de la Bourse, environ 2200 à 2500 minimum de camarades, et certainement pas 400 comme ci-dessous en jaune !!!
Nous disposons de films qui le prouvent avec des prises de vues faites d’en haut des marches de la Bourse. Au sujet des 80 personnes interpellées, il y en avait en réalité plus de 155, c’est pas la même chose.
Attention 400 et 80 c’est les chiffres de la police et de la presse bourgeoise, ne jamais les reprendre comme étant une référence fiable, car c’est une intox qu’il ne faut surtout pas propager.
Nous étions entre 70 et 75 camarades (plus une compagnie minimum et visible de policiers soit une centaine de mâles et de femelles), plus des civils ce matin au rassemblement devant le palais de l’injustice de Bruxelles, afin de soutenir nos 4 camarades prisonniers et injustement interpellés au pif alors qu’ils se promenaient dans la rue au moment de l’attaque du poulaillier de vendredi soir. Devant le palais, il y a eu un habitant de Bruxelles qui a été interpellé, fouillé, contrôlé, alors qu’il venait faire tout simplement ses démarches administratives, ils pensaient qu’il allait commettre un délit, il a été ensuite libéré.
C’est vraiment n’importe quoi, il y a eu des dizaines de Bruxellois qui ont subi le même sort, alors qu’ils n’avaient strictement rien avoir avec les NO-BORDER.
La paranoïa gagne du terrain chez la police, mais aussi chez nous-mêmes.
Les interpellations dépassent bien largement les 600 personnes en 6 jours, et des dizaines et des dizaines de blessés parfois très graves et de cela la presse bourgeoise n’en parle même pas, et quand 3 policiers sont blessés, elle en fait ses choux gras.
En clair c’est l’hécatombe, une très grosse saignée dans nos rangs, je dirais même plus une véritable hémorragie que nous avons subi.
Franchement, nous avons pris un sacré GRAND coup dans la gueule, certains ont eu la peur au ventre, en gros nous avons subi de très lourdes défaites, nous avons même du mal à nous en remettre.
Cette répression policière nous a aussi radicalisé, mais néanmoins elle nous a aussi un peu ruiné le moral.
Les flics belges, c’est pas de la tarte, ils nous ont mis des flics locaux donc bruxellois et des flics flamands réputés très à droite de la droite, des radicaux de chez radicaux.
De bons petits fachos «fascistes de tous les pays unissez-vous», cela doit être leur devise !!!
C’est l’équivalent de nos CRS FRENCH en PUISSANCE 10, ils ne discutent même pas car ils sont complètement démunis de la moindre particule de cervelle, ils obéissent comme des chiens galeux à leurs maîtres, et ils le font avec un zèle inimaginable.
Mercredi, il y a eu entre 350 et plus de 400 camarades interpellés lors de la manif intersyndicale, nous avons tous constatés sur la vidéo que les syndicats n’ont pas soutenu les NO-BORDER, ce qui démontre de facto une collaboration nauséabonde entre polices et syndicats et ceci en parfaite osmose. Et c’est pas moi qui le dit, ce sont les films vidéos et les syndicalistes qui disent «laissez faire la police, ce sont des travailleurs», et les intérpellés ; c’est quoi ? des extraterrestres ?
Bruxelles, c’est comme New York, des sirènes de flics toutes les 10 minutes 24/24, des dizaines de flics à chaque coin de rue, prêts à fignoler leur sale besogne en toute impunité. Un hélicoptère, bien souvent en permanence, le jour et un peu la nuit au dessus du camp, c’est un État en guerre ! Les barrières en bois ou en fer près des endroits sensibles, sont en forme de X serties de barbelés avec des lames de rasoir ou plutôt en métal ressemblant à des lames de rasoir, comme dans une base des USA en Iraq ou à Guantanamo.
«Demain on rase gratis», c’est le slogan de la police belge !!!
Je vous prépare un CR détailé de tout NO-BORDER, qui ne s ’ est jamais arrêté dimanche 3 octobre.
La lutte permanente continue, il y a des petites actions tous les jours depuis dimanche malgré le peu d’effectifs qu’il nous reste sur place.
La population de Bruxelles est très sympathique, et malheureusement il n’y a pas de moules frites à chaque coin de rue de Bruxelles.
Salutations rêves…olutionnaires.
Céline-Mémèd, 6 octobre 2010.
ZPAJOL - liste sur les mouvements de sans-papiers.
Salut,
Je viens de rentrer de Bruxelles ce soir en ramenant deux Nordistes.
Nous sommes arrivés vendredi soir 1er octobre dernier à la gare de Bruxelles-Midi au rassemblement No Border qui en fait n’était pas permis à cet endroit-là ; ce que nous avons appris après coup. Le trafic intense nous a retardé d’un quart d’heure ; c’est ce qui nous a évité de nous faire intercepter par la police belge en grand nombre qui avait bouclé complétement le secteur.
À pied, nous n’avons pu qu’assister impuissants à l’arrestation musclée de militant-e-s No Border pour mieux témoigner au repas du soir dans un immense entrepôt désafecté au nord-ouest de la ville, où nous avons appris que la police belge avait tout fait pour interdire puis séparer (ce qu’elle a réussi) les militant-e-s No Border des autres militant-e-s à l’occasion de la grande manif européenne contre l’Ecofin le 29 septembre à Bruxelles qui avait réuni près de 100'000 participant-e-s.
Des photographes et journalistes ont rapporté à leur rédaction des situations alarmantes d’autant plus que le chef de la police de Bruxelles-Ixelles s’est vanté dans les médias belges d’avoir arrêté PRÉVENTIVEMENT à peu près 80 militant-e-s No Border tel-le-s des délinquant-e-s soupçonné-e-s de préparer un mauvais coup…
Le droit de manifester est inscrit dans la constitution belge. C’est pourquoi, le président de la LDH belge est monté au créneau en déclarant qu’«on n’arrête pas les gens préventivement» qui fut le titre d’un article du Soir de Bruxelles, un des deux grands quotidiens nationaux avec La Libre Belgique.
J’ai entendu des témoignages édifiants des conditions des garde-à-vues des militant-e-s arrêté-e-s ; provocation systématique bien sûr, tabassage, coups, humiliations (ex. : militantes mises en petite culotte devant des policiers-hommes alors que le droit belge oblige que cela se fasse devant des policiers-femmes d’ailleurs plus nombreuses en Belgique qu’en France paraît-il).
Ce soir, des militant-e-s No Border sont encore détenu-e-s dans les differents dépôts de la police de la communauté bruxelloise.
Par contre, la manif (permise) comptant 400 participant-e-s environ de samedi 2 octobre s’est déroulée sans problème dans la capitale européenne avec un point d’orgue devant la Bourse, symbole du capital.
Voilà en résumé le week-end très chaud que je viens de passer à Bruxelles.
À plus.
Antoine - Lille, 3 octobre.