Nique la France coloniale

Publié le par la Rédaction

Pourquoi j’ai tagué la plaque commémorative du cimetière du sud à Lille

 

Droit de réponse aux brèves parues le 22 septembre dans  20 minutes  et sur le site internet de Nord éclair.

 

 

Détail parmi tant d’autres, inscription rageuse parmi toutes celles qui s’étalent sur les murs de la métropole, mon cri de colère à l’encontre de la vieille France coloniale semble avoir ému la mairie de Lille et la presse régionale. Plusieurs titres de «presse» (Nord éclair, 20 minutes et Métro, pour ce qu’il m’a été donné de voir) se sont en effet empressés de parler d’un tag «insultant» à l’égard des «morts», sans oublier de mentionner ce que prévoyait la loi à l’encontre de ce genre de geste (1 an d’emprisonnement et 15'000 euros d’amende, il me semble). Encore un peu et l’on comparait mon geste à celui des nazis allant profaner des sépultures.

 

Au lieu de relayer la version policière des faits, ces «journalistes» devraient se demander ce qu’une plaque rendant hommage aux morts de «l’Afrique du Nord» et ayant pour contours la silhouette de notre si bel hexagone, peut avoir d’«insultant» dans un quartier comme celui de Lille-Sud. Car comprenez bien que les valeureux morts en question avaient pour la plupart la peau blanche et tous, en tous cas, se battaient pour maintenir le joug colonial sur ce que l’on nommait alors l’Afrique «française». Il n’est pas question, pas une seule seconde, de rendre hommage aux hommes et aux femmes qui sont morts, parfois sous les coups de la torture [Parfois adressés par ces mêmes «morts» qu’il conviendrait aujourd’hui d’honorer.], pour reprendre la liberté que les intérêts politiques et économiques de l’État français leur avait délibérément confisqué.

 

Il faut également être atteint de cécité pour ne pas voir que la «France coloniale» a aujourd’hui encore une actualité ravageuse. Les nouvelles nous le rappellent tous les matins : que ce soit sur le plan extérieur, avec le désastre humain, sanitaire et écologique organisé par AREVA au Niger, ou, à l’intérieur de nos frontières, à travers la guerre raciste menée à l’encontre des immigrés (que ce soit par l’intermédiaire de la BAC ou des bureaux de la préfecture), que les autorités compétentes n’hésitent pas à doubler d’une stigmatisation honteuse des populations musulmanes [Et n’oublions pas non plus les sommets de la «France-à-fric», le soutien militaire aux dictateurs corrompus, le discours de Sarkozy à Bamako, le débat sur l’identité nationale ainsi que les petites phrases des différents ministres.].

 

Tout cela, nos «journalistes» de la presse régionale l’oublient vite, mais quand on vend de l’information comme on vend une publicité, nul doute que l’on soit frappé d’amnésie. Le résultat est là : tout acte de résistance se trouve systématiquement soupçonné de «terrorisme», s’exposant de la sorte à la flicaille ou à l’intervention des militaires, comme au Niger.

 

Sur le plan politique, il n’est pas étonnant que la «gauche» municipale réagisse si violemment pour une simple «salissure» qu’elle est d’ailleurs parvenue à effacer en à peine 24 heures. En dehors des intérêts électoralistes certains qu’il y a à ménager les associations d’anciens combattants, je n’oublie pas que son représentant le plus charismatique de ces 30 dernières années, le dénommé François Mitterand [Dont il n’est pas sûr que la statue trônant dans le Parc Matisse reste indemne très longtemps.], que seule l’ignorance la plus crasse peut aujourd’hui amener à encenser, a un jour dit : «La Méditerranée coule en France, comme la Seine coule à Paris». On connait, par ailleurs, sa responsabilité dans le génocide du Rwanda. Ce qui m’amène à dire que, plainte ou pas à mon égard, le Parti «Socialiste» est depuis longtemps l’ennemi des peuples colonisés.

 

C’est très simple, vous ne voulez plus de tags «insultants» sur votre mobilier de colons ? Retirez-le. Et d’ici là — parce que c’est tout de même plus beau —, Guerre à la France coloniale !

 

Un anonyme
Indymedia Lille, 29 septembre 2010.

 

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