Montpellier, La Crève : pas de nouvelle, mauvaise nouvelle...

Publié le par la Rédaction

Ils ont eu la Crève… mais on restera des Crevards…

Mercredi 17 mars, la St-Patrick est fêtée dignement à Montpellier comme un peu partout ailleurs. mobilisant les forces de l'ordre en nombre pour «assurer la sécurité», nous supposons être tranquilles le jour suivant… grossière erreur…
18 mars : le lendemain matin, 7 heures du mat, une trentaine de flics débarquent en mode vénèrs, nombreux, et vite fait bien fait (on est huit ce matin là).


Arrivant comme la dernière fois [Le 2 février, ils ont fait monter l’huissier par l’échelle pour nous remettre les assignations au procès.] par le balcon donnant sur la cuisine ils mettent dix bonnes minutes à défoncer nos trop maigres barricades…


Les copains montent sur le toit, nous pas le temps...les flics nous disent de descendre après contrôle d'identité mais une fois en bas, le premier à passer la porte se fait taper à terre, téléphone explosé en prime...on peut donc appeler personne dans l'instant…


Là haut les flics (pas une brigade formée pour intervenir sur des toits) défoncent les barricades par le balcon, ils essaient de défoncer le plafond au niveau de la trappe menant au toit mais n’arrivent pas à l’ouvrir, du coup quand ils accèdent finalement sur le toit ils sont bien remontés… Les copains se font choper la haut, manquant de tomber du toit, la tête contre les tuiles, gueules en sang…


Menottes aux poignets (un keuf : «On leur menotte les pieds aussi ?»), ils les font descendre au salon… Deux copains enfermés dans une pièce avec trois keufs, se font frapper gratis … genre : «Ha c’est toi qu’insultait nos mères l’autre fois», «Alors c’est qui qu’a gagné là ??» … bref règlement de compte de collégiens…


Finalement tout le monde descend et sort au compte goutte, ils nous laissent même récupérer quelques affaires. Personne en garde à vue, circulez, il s’est rien passé…


Faisant faire le tour du pâté de maisons aux passants, et ne laissant passer les voitures qu’entre chaque phase de l’intervention, il n’y a eu aucun témoin.


Pour fr3 et Midi Libre tout s’est passé sans incident, petit plan des maçons en train de murer la cuisine.


Trop fatigués pour réagir, on a dormi pendant trois jours, et pris le temps de panser nos blessures.


Les copains trop loin à ce moment là, personne avec l'envie d'écrire, de raconter, de dénoncer…

Mieux vaut tard que jamais, voilà ce court récit. Les Crevards prennent des vacances, moi-même je vous écris de loin.


À Montpellier les flics la jouent perso avec nous, on attend une énergie nouvelle pour recréer, réouvrir, re-agir…


La Crève salope, 8 avril 2010.



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Évacuation d’un squatt de Montpellier


L’immeuble situé dans le quartier Rondelet/Clémenceau était occupé, illégalement, depuis près de 4 mois.


L’opération s’est passée en début de matinée. Huit jeunes adultes ont été expulsés et orientés vers l’association CORUS qui organise un accueil de jour par des travailleurs sociaux pour écoute, conseils, réorientations, accompagnement social, hébergement.


En application de l’ordonnance du juge des référés du tribunal d’instance de Montpellier en date du 22 février 2010, Claude Baland, préfet de la région Languedoc-Roussillon, préfet de l’Hérault, a décidé d’accorder le concours de la force publique afin de procéder à l’évacuation d’un immeuble illégalement occupé, rue Ernest-Michel à Montpellier.



L’opération s’est déroulée, sans incident, le jeudi 18 mars 2010 de 7 heures à 8 heures, dans l’ancien centre d’action sociale, dans le quartier Rondelet à Montpellier. Occupé depuis décembre, les huit jeunes squatteurs avait mis de l’eau savonneuse sur le toit pour empécher l’opération. Opération qui s’est passée sans incidents, ni garde à vue.

L’intérieur du bâtiment se trouvait dans un état très délabré. Les inscriptions sur les murs et les grilles vont être effacées. Les portes et les fenêtres ont été murées.

Leur presse (Fabrice Dubault,
France 3 Languedoc-Roussillon), 18 mars.

 

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