Mercredi 6 avril, nouvelle agression fasciste à Lyon

Publié le par la Rédaction

 

Mercredi 6 avril 2011, après une diffusion de tracts à la sortie du Lycée Jean-Paul Sartre de Bron, des militants ont été très violemment agressés par trois fascistes armés. Communiqué du collectif 69 de vigilance contre l’extrême-droite.

 

Communiqué de presse

Nouvelle agres­sion par des jeunes fas­cis­tes, lors d’une dif­fu­sion de tracts appe­lant à la manifestation antifasciste unitaire de ce samedi 9 avril

 

Mercredi 6 avril 2011, après une dif­fu­sion de tracts à la sortie du Lycée Jean-Paul Sartre à Bron, des mili­tants ont été très vio­lem­ment agres­sés par trois fas­cis­tes armés.

 

Après les avoir arro­sés de gaz lacry­mo­gène, les nervis ont sortis des matra­ques téles­co­pi­ques, puis ils les ont visés et ont tou­chés l’un d’entre eux avec un gomme-cogne (arme de caté­go­rie 7, sorte de mini-fla­sh­ball très puis­sant). Cette nou­velle agres­sion prouve une fois encore que l’appel à la mani­fes­ta­tion anti­fas­ciste uni­taire du col­lec­tif de vigi­lance contre l’extrême-droite et à sa vio­lence (voir l’appel sur Rebellyon.info) n’est pas anodin.

 

Les dis­cours racis­tes du gou­ver­ne­ment, les pseudo-débats sur l’iden­tité natio­nale ou la laï­cité et la bana­li­sa­tion d’un FN tou­jours ancré dans des idées sécu­ri­tai­res et hai­neu­ses ne font que ren­for­cer les fas­cis­tes, qui n’hési­tent plus à atta­quer y com­pris à proxi­mité d’établissements sco­lai­res.

 

Les trois fas­cis­tes sont actuel­le­ment placés en garde-à-vue.

 

Il est inac­cep­ta­ble que de telles vio­len­ces, qui nous révol­tent, puis­sent se pro­duire et nous les condam­nons fer­me­ment. Leurs atta­ques ne nous feront pas flan­cher.

 

Toutes et tous à la mani­fes­ta­tion du 9 avril 2011 à 14h30 place Bellecour.
Le col­lec­tif 69 de vigi­lance contre l’extrême-droite

 

Pour com­pren­dre le contexte lyon­nais, voir Retour sur deux ans de lutte à Lyon contre l’extrême-droite et ses agres­sions.

 

Rebellyon, 7 avril 2011.

 

 

4 mois de sursis pour l’un des agresseurs néo-nazis de mercredi

 

Mercredi 6 avril, suite à l’agression de deux personnes qui diffusaient des tracts pour la manifestation antifasciste de samedi 9 avril, trois néo-nazis ont été arrêtés et placés en garde à vue.

 

Les néo-nazis étaient notamment armés d’un «gomme-cogne» [Voir par exemple ici], flingue tirant des balles de caoutchouc, nécessitant un port d’arme et impliqué dans plusieurs meurtres.

 

Les perquisitions menées chez les trois ont permis de découvrir la panoplie du parfait petit néo-naze, des drapeaux nazis, des portraits d’Hitler, armes telles que gomme-cogne, matraques télescopiques en grand nombre ou lance-pierre.

 

L’un d’entre eux, le seul majeur, Cédric L., est passé en comparution immédiate aujourd’hui. Résultat : 4 mois de prison avec sursis, 5 ans d’interdiction de port d’arme et obligation de suivre un «stage de citoyenneté».

 

Rebellyon, 8 avril.

 

 

L’extrême-droite radicale à Lyon : le retour de bâton

 

Le nombre d’agressions liées à la présence de membres d’une extrême-droite particulièrement violente est en augmentation. Au-delà, le phénomène de bandes proches des mouvements néo-nazis s’amplifie.

 

Un rassemblement lors des manifestations contre la réforme des retraites,

en marge des violences urbaines

 

«Sujet sensible.» À la préfecture du Rhône, l’extrême-droite est un sujet tabou. Pas de communication des responsables de la police départementale, pas de commentaires. Lyon porte un double héritage qui rend la question douloureuse. La capitale de la Résistance et le foyer d’une extrême-droite la plus radicale. C’était dans les années quatre-vingt-dix. L’époque des affaires Notin, Plantin, accusés de développer des thèses négationnistes dans leurs travaux universitaires.

 

Alors que l’on pensait le mal asphyxié, la plaie s’est à nouveau infectée. Car, selon nos informations, le nombre d’agressions liées à l’extrême-droite est effectivement en augmentation. Difficile néanmoins à quantifier. Plusieurs faits divers récents viennent rappeler que les franges les plus dures de l’extrême-droite ont repris du service. Le 15 janvier dernier, à Villeurbanne, c’est un couple qui s’est littéralement fait lyncher — et le terme n’est pas trop fort — par plusieurs individus armés de battes de base-ball. C’était à la sortie d’un concert. Ambiance anar. Le couple regagnait un parking quand subitement, sans un mot, ils ont été violemment frappés. La jeune femme recevra un coup de batte sur le crâne. Au moins 60 jours d’ITT. Le jeune homme qui l’accompagnait a tenté de la protéger. Il a été roué de coups de pieds, de poings, et là encore, de batte. Des expertises sont toujours en cours pour évaluer une incapacité qui pourrait être permanente pour l’une des victimes.

 

Les auteurs présumés, neuf au total, ont été interpellés par les services de police. Quatre ont été écroués. Des récidivistes, mis en examen pour violences aggravées, et qui risquent vingt ans de prison. À leurs domiciles, les policiers retrouveront des tracts explicites sur l’extrême-droite, une clef USB contenant des photos de séances de taggages dont les slogans ne laissent aucune ambiguïté sur leur caractère extrémiste. Par ailleurs, plusieurs clichés pris lors de manifestations permettent de reconnaître les individus arrêtés. Par ailleurs, trois d’entre eux ont, par le passé, été interdits de stade. Deux ont été condamnés pour des violences à caractère raciste. «Derrière la violence gratuite, commente Bertrand Sayn, l’avocat des victimes, on trouve une organisation. Ils se téléphonent, se retrouvent, et ont un dessein. Ils ont laissé leurs victimes dans une marre de sang.»

 

Dans ce dossier, les auteurs présumés ne reconnaissent pas tous l’agression : «Chacun se rejette la balle», commente Hervé Banbanaste, avocat de l’un des individus incarcérés. «Ce sont des jeunes qui ne sont pas encartés au FN, ils n’ont pas de structure idéologique très profonde.» Reste que la plupart de ces auteurs présumés ont été identifiés dans plusieurs manifestations associant l’extrême-droite. Ce qui démontre les connexions entre les différentes «familles». Lors des manifs contre les retraites, du kiss-in de Saint-Jean… les mêmes.

 

Cette agression n’est pas un cas à part. Le 6 avril dernier, des militants, qui diffusaient des tracts pour appeler à la manifestation contre l’extrême droite prévue cet après-midi, ont été pris à partie et frappés à la sortie du lycée Jean-Paul-Sartre, à Bron. Chez l’un des auteurs présumés de l’agression, les policiers ont retrouvé diverses armes (poing américain, 22 Long Rifle…), des talkies-walkies et un drapeau à l’effigie d’Hitler.

 

Ils seraient plus de 300 à Lyon à porter haut les couleurs brunes agglomérées autour des standards de la famille extrémiste : au programme, musique Oï, un style musical fédérant punks et skinheads, matchs de l’OL. Plusieurs sont issus des rangs des indépendants, ou encore du militantisme outrancier. Ils ont leurs codes vestimentaires, leurs coupes de cheveux réglementaires, parfois des tatouages, et des termes qui leur sont propres. Rarement des idéologues, ils sont le plus souvent issus de classes populaires, employés, chômeurs, voire étudiants ou lycéens. Et se radicalisent.

 

Manifestation aujourd’hui à 14h30 place Bellecour organisée par le collectif vigilance 69 contre l’extrême droite.

 

Leur presse (Geoffrey Mercier,
Le Progrès), 9 avril.

 


Publié dans Autodéfense

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