Manosque/Bersac : Mais pourquoi ont-ils tagué la cathédrale du Bourguet ?

Publié le par la Rédaction

 

"La lavande ça pue, on veut plus de Roms dans nos soirées, vive le Bersac". En guise de message anonyme, on a rarement connu plus incongru.

 

 

Surtout quand le tag en question est inscrit en lettres surdimensionnées, à la peinture à l’huile rouge, sur un édifice religieux. Dans la nuit de dimanche à lundi, des individus ont en effet tagué la façade de la cathédrale, longeant l’artère principale place du Bourguet.

 

Malgré les efforts des gendarmes chargés de l’enquête, de Christophe Castaner et de tous ceux qui ont eu connaissance de l’événement hier matin, le lien entre la lavande, les Roms et Bersac ne saute pas aux yeux. De quelles "soirées" s’agit-il ? "Plus de Roms" signifie qu’on n’en veut plus ou qu’on en veut davantage ? S’agit-il encore d’un rhum mal orthographié ?

 

"Vive Bersac"

 

Quant à Bersac, il faut s’y pencher plus sérieusement. Cette commune de 150 habitants, située dans le Buëch (05), entre Serres et Laragne a fait parler d’elle le 3 août dernier, dans nos colonnes notamment : une quarantaine de militants d’extrême gauche avaient alors créé un collectif pour empêcher la fermeture d’un foyer de personnes handicapées.

 

Y a t-il un rapprochement à faire entre l’acte de vandalisme et l’acte politique ? "Si c’est le cas, cela me dérange au plus haut point, indique Christophe Castaner, maire de Forcalquier. S’il y a une commune où la parole est libre, c’est bien ici et je mets un point d’honneur à échanger avec tout le monde, quelles que soient les idées politiques. Un acte anonyme n’est jamais acceptable." À plus forte raison lorsqu’il est inscrit sur un édifice religieux. "C’est pour nous une agression, car nous investissons beaucoup de temps et d’argent sur le patrimoine, qui se trouve ici insulté. Cet acte bête va coûter de l’argent à la collectivité. Une entreprise spécialisée a été contactée et va intervenir dès cet après-midi (ndlr : hier), afin de nettoyer la façade", confie le premier magistrat.

 

Reste à savoir si le mur a été choisi de façon symbolique ou si les individus l’ont simplement trouvé attrayant. Quoi qu’il en soit, "Ironie du sort, la veille, un jeune a été pris en flagrant délit de tag sur un abribus par les gendarmes. Des inscriptions sur les bâtiments et objets publics, c’est quelque chose de fréquent dans toutes les communes. Et Forcalquier n’y échappe pas." De là à taguer une cathédrale ! 

 

Leur presse (La Provence), 14 septembre 2010.

 


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