Manifs à Marseille et Montpellier contre les menées policières antikurdes

Publié le par la Rédaction

Manifestation sur la Canebière pour protester contre les exactions policières contre la communauté kurde

1500 manifestants principalement kurdes ont descendu le Canebière des Réformés au Vieux Port à l’appel de la Maison du Peuple Kurde et de la Ligue des Droits de l’Homme pour protester contre l’opération policière française dans plusieurs villes hier, et singulièrement à Marseille pour la seconde fois en un peu plus d’un an : perquisitions, arrestations et graves accusations mensongères portées contre la communauté kurde.

Les manifestants réclamaient une solution politique à la répression du Peuple Kurde par les différents états entre lesquels est partagé leur territoire et rappelaient que les réfugiés Kurdes n’ont jamais mené aucune activité «terroriste» en France et que le peuple kurde subit une répression sanglante en Turquie.

La banderole de tête portait : «Solidarité internationale : libérez nos camarades kurdes», d’autres «Droits de l’Homme = Kurdes en prison», «Il est temps de résoudre pacifiquement la cause kurde», «Justice française complice avec la Turquie».

Des premières pages de la Provence étaient barrées d’une croix noire pour protester contre «l’article» relatant l’«opération policière» d’hier uniquement inspirée par la sous-division antiterroriste.


Sur le Vieux Port ont eu lieu avant la dispersion de nombreuses interventions de responsables de la communauté kurde et de représentants de diverses organisations françaises.


Tract distribué pendant la manifestation


Comme en avril 2007 à Paris et en janvier 2009 à Marseille, ce matin 26 février 2010, la police a interpellé neuf personnes à Marseille en fracassant leurs appartements et en investissant la Maison du Peuple Kurde, boulevard Longchamp.
La neuvième personne convoquée à 16h à l’Évéché a été mise en garde à vue pour «terrorisme», donc susceptible d’être gardée pendant quatre jours, voire six et de ne rencontrer un avocat qu’après 72 heures.
Il sera transféré avec d’autres «gardés à vue» vers Paris pour être entendu par le juge antiterroriste.
D’autres arrestations ont eu lieu à Draguignan, Montpellier et en Italie. L’Europe, sous couvert du «terrorisme» monnaye les expulsions de Kurdes vers la Turquie.
En 2007 et 2009, en dépit de plusieurs mois d’incarcération, les Kurdes interpellés ont été remis en liberté sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre ces soi-disant «terroristes».
Nous dénonçons l’acharnement qui affecte ce peuple déjà persécuté par des dictatures en Turquie, en Syrie et en Iran, acharnement facilité par des procédures pénales d’exception en vigueur dans notre pays. Nous nous interrogeons sur le lien qui pourrait exister entre ces évènements et certaines discussions commerciales en cours entre la France et la Turquie.
Est-ce une poussée sécuritaire en période électorale ? Est-ce pour ternir l’image de ces Kurdes syriens malmenés par la police française qui ont ému les citoyens attachés à la tradition d’asile de la France ?
Le réglement de la question Kurde ne passera pas par des gesticulations médiatico-juridico-policière mais par une volonté politique respectueuse du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de manière démocratique et en accord avec les Droits de l’Homme.
Maison du Peuple Kurde et Ligue des Droits de l’Homme

Mille bâbords, 27 février 2010.

«Quelque 200 Kurdes ont manifesté dans les rues de Montpellier ce midi.»

Leur presse (Midi Libre), 27 février.


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