Manifestation / Grève à la TIRU : Heurs et malheurs des luttes sociales

Publié le par la Rédaction

 

Ce jour, mardi 2 novembre 2010, quelques centaines de manifestants se sont rendus à la TIRU - l’usine de traitement des déchets située au 43 rue Bruneseau, à Paris 13e, à l’appel des étudiants. Le cortège était en fait très composite, voire très contrasté… mais enfin, tous s’étaient sentis suffisament unis par ce projet.

 

C’était pas l’ambiance des grands jours, avec des manifestants plus énervés que vraiment dynamiques… La Gare d’Austerlitz, complètement occupée et bloquée par les keufs, faisait pourtant plaisir à voir ; un keuf avait poussé le zèle jusqu’à sceller une grille d’entrée de la cour de la Gare avec un étrange «bracelet» en plastique…

 

Une petite chaîne ridicule rassemblait deux battants d’une autre grille… Un camion Véolia, au chauffeur un tantinet rageur, fit les frais de la hargne des manifestants… blocage du camion quelques minutes… Derrière la Gare, un voyageur pressé tente de s’affronter aux manifestants ; plus de peur que de mal… Bureaux de Natexis ; deux manifestants rentrent à l’intérieur, suivis par un civil, mais pas par les manifestants… Les slogans fusent dans les hauts-parleurs, bien connus : «De l’argent, il y en a dans les poches du Patronat», ou bien «On veut la Retraite et de l’argent»… D’autres voix s’élèvent : «Ni travail ! Ni Retraite !» ; «La retraite à 20 ans !»…

 

 

Nous arrivons à la TIRU ; on aperçoit de nombreux employés derrière des vitres, au loin ; les deux cheminées ne crachent aucune fumée ; des grilles fermées, avec derrière quelques grévistes ; et devant, quelques autres pour nous acceuillir… Impossible de rentrer ! Un gréviste prend la parole et remercie chaleureusement les manifestants de leur déplacement et de leur soutien. Il est très heureux de voir les cheminées totalement arrêtées, et ce pour la première fois…

 

Il affirme avec force qu’ils luttent pas seulement pour les retraites, mais pour un meilleur salaire et de meilleures conditions de travail… Que leur lutte est destinée aussi à entraîner le maximum de salariés dans la grève et les revendications… Il invite ceux qui peuvent à participer à la caisse de grève. La lutte pour plus de justice est particulièrement nette ; pourtant l’ambiance reste morose, devant ces grilles closes, qui ne s’ouvriront jamais… Le délégué, dans son discours a fait allusion à une évacuation possible, si les manifestants rentrent…

 

Y a-t-il eu chantage sur les grévistes ? Par qui ? Ces grilles fermées aux manifestants qui sont venus de loin, n’ont-elles pas scellé une inévitable division ? Les Syndicats pourront-ils un jour sortir de cette division qu’ils créent parfois eux-mêmes, mais toujours au profit des mêmes détenteurs de pouvoir ?

 

RIMBE - Indymedia Paris, 2 novembre 2010.

 

 

Moins d’étudiants, pas moins motivés

 

À Paris, une manifestation était organisée entre Jussieu et l’incinérateur d’Ivry.

 

«Il n’y a pas de drapeaux, peu de syndicats, et c’est tant mieux !» hurle un étudiant dans le micro pour lancer le mouvement. Voilà une heure que les manifestants attendent à la sortie du métro Jussieu pour prendre la direction d’Ivry. Venus de plusieurs universités parisiennes (Tolbiac, la Sorbonne ou Nanterre), les étudiants s’apprêtent à faire route vers les travailleurs qui bloquent depuis des semaines la déchetterie du 13e arrondissement. Ils ne sont pas nombreux, mais croient en la portée de leur geste. «L’Unef et SUD appuient cette marche de solidarité avec les professionnels, même si les organisations préfèrent se concentrer sur la manifestation de samedi», explique Virgile, en licence d’anthropologie. «Il y a des dissensions internes car ils sentent que le mouvement prend une autre tournure, que beaucoup d’étudiants envisagent de passer à des actions plus localisées, plus radicales, et de plus en plus connectées avec les réseaux professionnels.»

 

Pierre, étudiant en philosophie, semble plus perplexe quant à la suite des événements. «On commence à connaître tous les visages, même ceux des flics, ce n’est pas bon signe», glisse-t-il, amer. «Heureusement que les lycéens font leur rentrée jeudi et qu’ils sont motivés pour reprendre de plus belle.» Chemin faisant, le cortège s’étoffe pourtant sensiblement, sous le regard bienveillant des retraités qui pointent leur nez au balcon entre deux pots de géraniums. «Ça n’est pas vous qui coûtez cher, leur crie la jeunesse depuis la rue. C’est le gouvernement, et les actionnaires !»

 

Leur presse (Flora Beillouin,
L’Humanité), 3 novembre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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