Occupation éclair de l'université, puis des rails - Le Mans, 9 novembre

Publié le par la Rédaction

Moins on est plus on se marre disait un penseur manceau.

 

Description de la situation globale au Mans puis plus précisément de l'occupation de la fac de la nuit du 08 au 09/11/2010. 
Et enfin comment 300 étudiants et lycéens ont réussi à occuper deux rails de train de la gare du Mans en déjouant la forte présence policière durant la matinée du 09/11/2010.

 

Le 09/11/2010 :

 

La situation est pas au beau fixe au Mans niveau possibilité de construction de la lutte chez les «djeunes».

 

L'université n'est plus bloquée et les lycées ont vu tous leurs piquets de grèves, le matin même, foutus en l'air par les administrations et/ou la police. Un commissaire a prévenu ce matin : «L'ambiance est en train de changer à la préfecture, alors jouez pas aux cons.»

 

 

 

Les syndicats ne sont plus lancés dans les mouvements de blocage économique de la Zone Industrielle Sud, ni même d'action symboliques. Il y a bien longtemps que les camions citernes vont et viennent librement au dépôt pétrolier, contrairement à ce qu'aurait pu laisser penser les promesses ultra-vénères de FO et des territoriaux de la CGT.

 

Le rythme semble se distendre entre chaque grosse journée nationale et le brave peuple manceaux a l'air de vouloir s'empresser de re-sombrer dans son train-train léthargique du tramway-boulo-dodo.

 

«On se vengera en 2012.» C'est qu'en plus ils y croient ces cons. Ou alors ils font bien semblant.

 

«C'est pas avec des actions radicales et minoritaires qu'on va gagner ! C'est en massifiant, en convainquant un à un tout le monde qu'on peut gagner et qu'il faut se mobiliser» rabâche le NPA, ce qui ne manque jamais de faire grincer des dents à ceux qui ont bien compris que personne de plus ne descendra dans la rue à ce stade et que la seule chose à faire est de se demander comment bloquer l'économie un maximum avec le nombre de gens qu'on a à disposition.

 

Ici, contrairement à Rennes, il n'y a pas de Maison de la Grève, ni d'AG inter-luttes. Les bastions ouvriers sont historiques, les centrales syndicales trop attachées à leurs pouvoirs «d'inter-pros», et le jeunisme trop fort…

 

On se bat entre jeunes, on porte des revendications jeunes, on suit des mots d'ordre jeunes, manifestations jeunes : gloire et louanges aux coordinations nationales étudiantes. Le Mans a accueilli la première de son histoire, c'est donc que l'évènement est forcément magnifique et digne d'intérêt. Tout le monde nous a complimenté sur l'organisation, on peut poser nos couilles sur la table en souriant bêtement.

 

De plus en plus les AG sont des simulacres d'oppositions où on joue au militant, on se prend pour un Robespierre. Les mot «massification» et «légitimité» sont rabâchés jusqu'à plus savoir ce qu'ils veulent dire à tout ceux qui ont le malheur de vouloir agir tout de suite et maintenant. «Ils ne comprennent pas, c'est des totos qui veulent détruire la grève en marginalisant le mouvement» peut-on entendre parfois dans la bouche des plus polis.

 

La société du spectacle s'insinue jusque dans ces AG où on laisse la droite et les anti-grévistes venir donner leur avis, pour plus de représentativité, pour plus coller à la «réalité», pour se prendre un déblocage dans la gueule.

 

Miraculeusement, sans qu'on sache trop pourquoi, le vote de l'occupation symbolique de la Fac est lui passé. En effet, zoom sur la nuit d'avant :

 

Dans la nuit du 08 au 09/11/2010 on reste donc dans l'Amphi 1 suite à la décision de l'AG. Peut-être la dernière occasion de situation avant le retour «à la normale».

 

Jusqu'à 22 heures on mange, on picole, on déconne, on fait aussi un peu de taff militant, mais pas trop.

 

Une syndicaliste râle : ça sert à rien votre occupation si c'est pour ça, y a du taff à faire.

 

Au contraire, la fête n'est pas une option, elle ne l'a jamais été, nous demandons à sortir de la rationalisation perpétuelle de la lutte, nous ne voulons pas combattre le travail pour le reproduire, mais combattre le travail en étant de vie, d'exultation, de joie. La «teuf-teuf» permet de lier les corps, les âmes, bien plus qu'un comité de mobilisation froid, dans lequel on se contente de differ des tracts sous la plus à 7h30 du matin comme des automates. Il est de notre devoir aussi de nous réapproprier les lieux, de les charger affectivement, de les détourner de leurs usages premiers. Alors oui, notre occupation sert.

 

À 23 heures une formation est faite sur les réflexes à avoir face aux keufs en manif et sur la protection des cortèges. Bon accueil. Vu l'action qui se dessine demain, va y en avoir besoin.

 

23h30 : jeux débat sur le féminisme : on argumente, on déconne, on rigole bêtement.

 

00h00 : concert d'un pote mobilisé : guitare et chant dans une lueur tamisée. Y a un comme un air de folk des USA sur la barricade. Ca tombe bien, un globe-trotteur américain est passé dans le coin pour voir ce que ça donne l'anarchie à la française. Au moins il comprend les paroles lui et hoche la tête d'un air approbateur entre deux prises de photos.

 

Vers 1 heure du matin un débat s'engage sur la lutte, l'utopie, la révolution, le monde de l'après et le rôle réformiste des syndicats. «Toi aussi tu t'rappelles quand il nous ont trahis cette année-là, et celle-là aussi, ah oui et c'coup-ci pareil.»

 

C'est comme ça jusqu'à 3 heures, y a une émulation, on communique des trucs dont on veut parler, on échange avec des cernes de 3 kilomètres sous les yeux.

 

Au final on n'est plus qu'une quinzaine à dormir sur place. Mais au moins on l'aura fait ! La presse était au courant de notre occupation, on l'a pas vu pointer le bout de son nez.

 

Quelques heures plus tard, vers 10 heures du matin. Une petite cinquantaine d'étudiants a rejoint environ 250 lycéens en ville, ceux qui malgré le déblocage de leurs lycées, les pressions policières et de l'administration restent motivés : direction la gare.

 

«Whouaw sont beaucoup les poulets.» Impossible donc de passer frontalement, il faut trouver un autre passage moins gardé.

 

C'est ce qui se fait par une grille préalablement ouverte par des lycéens qu'il n'y a plus qu'à pousser en courant. Le petit cortège va sur les rails tandis qu'un cordon humain fort des techniques apprises la veille se met en place pour protéger cette «entrée/sortie» improvisée de la vindicte policière.

 

 

L'occupation est éclair, la SNCF dit qu'ils vont envoyer les keufs, y a de la charge dans l'air, on a déjà accompli un truc grand vu notre petit nombre et là on n'a clairement pas le rapport de force pour rester plus longtemps.

 

On s'en branle, la mission est accomplie, la circulation est coupée sur cette voie, il leur faudra 3 heures pour la relancer.

 

On repart tous ensemble, suivis de près par une BAC qu'on garde à l'œil. Un dépôt de plainte est posé par la SNCF… effrayant de banalité.

 

 

On envahit un tram avec les lycéens. Direction l'université, car là-bas les flics peuvent pas entrer sans accord du président des lieux. Dommage. Ils sont arrêtés à un carrefour à nous regarder avec leur air de merlan frit.

 

«Nananèreeu nananèreuuu.»

 

Une coordination étudiante lycéenne a lieu.

 

Y a comme un vide… où sont les chômeurs, les précaires, les travailleurs, les retraités, bref… tous les autres ?

 

La conclusion syndicale et partisane est sans appel : il faut massifier et ne plus faire ce genre d'actions dangereuses car on n'a pas la légitimité pour les faire.

 

Du début à la fin du mouvement, ils n'auront eu que ces mots à la bouche, et dans la mienne : un goût amer.

 

Indymedia Nantes, 10 novembre 2010. 

 

 

200 lycéens sur la voie ferrée au Mans

 

Hier matin, des élèves ont occupé deux voies, à la gare SNCF. Ce blocage n'a quasiment pas perturbé le trafic.

 

 

 

Vers 8 heures, hier matin, des policiers en tenue de maintien de l'ordre ont débloqué le lycée Yourcenar, le lycée Sud et le lycée Montesquieu, indique la préfecture. Objectif : permettre aux élèves qui souhaitaient suivre les cours de pénétrer dans l'établissement. Après ces interventions, qui se sont déroulées dans le calme, près de 200 lycéens ont défilé dans les rues du centre-ville, en scandant des slogans contre la politique du gouvernement.

 

Vers 10 heures, le cortège a descendu l'avenue du Général-Leclerc. Direction la gare SNCF, où, malgré la présence de policiers, un groupe de quelques dizaines d'élèves a occupé les voies 1 et 2. Le service de sécurité de la gare a aussitôt placé des signaux d'alerte en amont et en aval, en donnant un ordre d'arrêt d'urgence.

 

Après une brève discussion avec un cadre de la SNCF, les lycéens ont levé le camp, pour repartir vers la place Washington. À la clé, huit minutes de retard pour un TER et deux TGV.

 

Leur presse (Ouest-France), 10 novembre.

 

 

Les lycéens ont bloqué deux voies en gare du Mans

 

Ce matin, 200 lycéens ont manifesté dans les rues du Mans pour protester contre la politique du gouvernement.

 

 

Ils ont notamment bloqué deux voies de chemin de fer de la gare SNCF. Ce blocage improvisé, qui n'a duré que quelques minutes, n'a pas vraiment perturbé le trafic. Mais a vivement inquiété l'équipe chargée de la sécurité de la gare : la circulation des TGV n'avait pas eu le temps d'être stoppée sur ces deux voies. Après une rapide discussion, les lycéens ont levé le camp.

 

Leur presse (Ouest-France), 9 novembre.

 

 

Les lycées manceaux débloqués par les CRS ce matin

 

8h30 ce matin, une cinquantaine de lycéens bloquaient le lycée Sud. Les CRS sont sur place pour permettre aux lycéens qui le souhaitent de pénétrer dans leur établissement.

 

Dès 8 heures ce matin, les lycées manceaux Yourcenar et Sud ont été débloqués par les CRS. Ils permettent ainsi aux élèves qui souhaitent suivre les cours de pénétrer dans les établissements. Ces actions se sont déroulées dans le calme. Des dizaines de lycéens bien décidés à maintenir la pression sur la réforme des retraites, restent aujourd’hui encore mobilisés. Vers 10 heures, les lycéens grévistes partiront chacun de leur établissement pour converger vers la préfecture.

 

Leur presse (Ouest-France), 9 novembre.

 


Publié dans Colère ouvrière

Commenter cet article

OdilonFeneon 13/11/2010 19:03



Chers amis, chers inconnus. Comme je suis de coeur à vous lire.  Agathe vous apporte ses seins sur un plateau, mais je ne vous en pris pas, laissez-là tranquille son drap. Peut être
éstempillé FO ou CGTterritoriaux, oui, son fichu tissu à tu les flammes et endormis la ville de nouveau. Si ici de lignée je me trompe, éspérons là tout autre chose qu'une tragedie, comique de
surcroit, anarchronisme. Du mans j'ai fuis pour quelques temps. Les sirènes à longueur de journées épuisent, quand on est seul pour les faire brûler, cela deviens un peu compliqué. Veuillez
brisez le sacro-saint centre économique plus directement, voyons, c'est simple comme brique. Pillez donc. Le nombre devrait s'étendre. Jouez. Pourquoi je ne trouve aucun camarade quand il s'agit
d'occuper cette cours si bien gardé? La meilleur façon de déjouer votre existance en numéro de série, c'est peut être de devenir de bon gros sérial problèmes. Pardonnez ce pathétique je de mot.
Voyons plus en dessous, tout en bas. Il n'y a pas d'auteur en lutte. Seulement des éléments perturbatteurs. Il y'a des tuyautries à désinguer, des alarmes à déclancher, des herses à
confectionner, donnez le chewing gum aux portes, donnez le destop bouillonné partout, le feu aux rampes. Il n'y aucun pouvoir qui puisse contenir le jeu. Il y a des fêtes ou l'on ne s'amuse plus
vraiment vous savez.


à bientot



L'auteur en lutte 13/11/2010 11:31



Paix Diogène! 


Agathon, l'objet est très beau et je suis bien content de voir une telle réponse. Je suis de plus d'accord avec un certains nombre de tes propos contrairement à ce que tu sembles penser, ce qui
est soit la preuve d'une interprétation erronée de mon article ci dessus, ou de ce que j'ai pu dire ou faire au cours de ce mouvement.


Encore une foi des accusations personnelles sont lâchées. Je trouve le domaine trop bas pour daigner y répondre. Aussi pour tenter une défense je le ferai sur le mode du "nous". Ce
nous étant désigné comme ceux avec lesquels je suis régulièrement d'accord.


Ce qui me déplaît le plus est l'accusation de parasitage. En effet c'est tout d'abord dire que nous n'avons  rien fait de ce mouvement (le commentaire précédent portait déjà cette
idée avec ce truc du 14H), que nous n'avons jamais diffés de tract, participé aux "commissions" etc.  Je ne sais même pas comment vous pouvez tenir ces propos objectivement, c'est une
désinformation ou transformation de la réalité ahurissante.


Que je condamne l'absence de situation dans une diff de tract à 7H30 ne veux pas dire que ce n'est pour autant pas utile et nous - comme les autres - avons participés à ce genre d'évènements.


Ensuite il y a quelque chose d'ahurissant, vous tenez rigueur à des gens qui n'étaient jadis pas activistes OU qui avaient cessés de l'être pour une durée plus ou moins longue de le
(re)devenir. Ainsi du fait qu'au début de ce mouvement ils n'avaient pas encore repris "du service" (si je puis dire) vous dévaluez leur valeur et les voyez en parasites. 


L'effort de construction du mouvement fournit par votre orga sur la fac du Maine est indéniable et personne ne l'a jamais contesté. Même si encore je pense que ces choses sont conjoncturelles et
qu'il n'y a aucune raison de s'en vanter, si cela n'avait pas été vous ça en aurait été d'autres. Comme jadis Sud étudiant. Elles sont de l'ordre du "devoir" d'une orga.


De fait, une foi que le mouvement est lancé il appartient aux étudiants et non à vous. Il n'a pas à vous être redevable de sa "naissance" et si des étudiants veulent stratégiquement en faire
autre chose que vous, ainsi soit-il. Votre vision de la lutte n'est pas une vérité absolue même si l'idée doit vous être difficilement compréhensible.


C'est intéressant de voir comment s'instaure un délit d'opinion et qu'avoir des visions de la lutte différente de vous est considéré à ce point comme une absurdité, ou
une agression, remettez vous sérieusement en cause. Nous sommes des gentils loufoques au mieux, des parasites dangereux pour le mouvement au pire? Ahah!: non mais sérieusement ça se passe de
beaucoup plus de commentaires.


Enfin pour revenir sur la nécessité d'organisation pour sortir du sériel.


Et bien je suis entièrement d'accord, c'est même d'ailleurs pour ça que je fus jadis dans l'ancêtre de votre parti bien avant la plupart d'entre vous et que beaucoup d'autres étaient par le passé
à SUD etc. C'est aussi pourquoi actuellement nous nous organisons comme vous le savez. 


Etre organisé n'a pas non plus forcément besoin d'organisation et j'ai vu beaucoup d'exemples des groupes de gens très efficaces et très organisés sur le long terme sans être dans une
"orga" 


Bref être convaincu de la nécessité d'organisation ne fait pas pour autant cautionner toute les orgas et toutes les pratiques.



Diogène le cynique 13/11/2010 01:37



OUAF OUAF OUAF OUAF



Agathon de Clitandre 12/11/2010 20:04



Que des saturniennes vespéries. La "rationalisation de la lutte", sainte horreur en votre coeur. N'est-ce pas oublier qu'un mouvement lancé se maintient de par son propre élan ; que
l'essoufflement procède, lui, d'efforts de construction insuffisamment soutenus ? "La situation est pas au beau fixe niveau possibilité de construction de la lutte"... Alors que Notre Seigneur
s'attend à lire : "en effet, trop peu d'efforts de pédagogie sont fait pour dresser l'opinion et convaincre qu'il faut bloquer, trop peu d'efforts de mobilisation sont entrepris auprès d'assez de
lycéens pour que les piquets tiennent", voilà ce que lit Son saint Esprit chiffoné : "L'université n'est plus bloquée et les lycées ont vu leurs piquets foutus en l'air" Le blocage et les piquets
sont-ils censés tomber du ciel, tous façonnés d'avance par Il ne sait quelle angélique paluche, sans préallable construction humaine ? L'élan ne peut être spontané ; la rationnalisation permet
les avancées, qui lancées s'épanouissent d'elles-mêmes ; puis elles retombent naturellement, et là encore, la rationnalisation les relance et les soutient. Ainsi va tout soulèvement des corps et
des âmes dans les rues de la fille aînée de l'Eglise. Avancée de la série vers le groupe en fusion : la série, par exemple la file d'attente des voyageurs attendant l'autobus, est faite de gens
isolés, qui s'ignorent, bien qu'ils fassent ensemble la même action ; parfois même la rareté des places les oppose (bastons dans les queues au ciné). La série se transforme en groupe quand toutes
les consciences surmontent leur isolement par l'action collective (la foule prenant d'assaut la Bastille). Les ouvriers, les salariés, les jeunes, mènent ainsi une existence sérielle, sauf dans
les moments révolutionnaires. "Je suis légion, car je suis nombreux" hurle le démon en Marc, 5,
9-11. Mais vient la retombée : comme il est impossible de prendre tous les jours la Bastille (d'être un "groupe en fusion"), le groupe se dote, pour la bonne cause, d'appareils,
humains, trops humains, pérennes ou temporaires, syndicaux, politiques, organisationnels, chargés de faire débattre pour dégager une unité décisionnelle les volontés individuelles à la place du
désir unitaire, à la place du désir "légion" du moment de la fusion. Ainsi lui est-il possible d'éviter de retrouver l'inertie jadis dépassée. Ainsi peut-il maintenir l'élan. Mais il ne peut,
pour ce faire, éviter de s'institutionnaliser, de revenir à une forme relative d'existence sérielle (les militants qui attendent de voir combien ils seront ce matin-là à venir bloquer, qui
attendent de voir combien ils seront en manifestation, qui attendent donc - passifs, isolés, identiques, rappellant étrangement les passagers qui attendent l'autobus...). Il est possible de
retarder cette échéance, cette inertie qui menace ; en rassemblant les conditions qui feront que le mouvement aura le nombre et l'élan suffisant pour se nourrir de sa propre énergie ; fédérer les
âmes à sa cause. Il y a à ce titre fort à parier que, en l'absence de mouvement déjà lancé par les efforts d'aucuns, vous ne trouviez nulle vague sur laquelle vous greffer pour jouir de la
souveraineté factice dont vous semblez légitimement rêver. N'est-il pas trop simple d'attendre que la lutte soit construite par d'autres pour ensuite se laisser flotter en dilettante sur la vague
? Dynamisme artificiel, parasitisme assumé. Si vous avez en si grande estime la puissance de la minorité, si vous pensez que le meilleur modus operandi consiste à agir hic et nunc sans autre
forme de procès, que faites-vous donc au quotidien, du haut de votre individualité, pour dépasser votre existence sérielle et ébranler les frontières de ce monde ? Je prierai pour le salut de
votre âme, vous souhaitant de réaliser que votre aspiration ne peut trouver satisfaction sans médiation.


Respectueux souvenir.


A. de Clitandre



L'auteur en lutte 12/11/2010 10:45



Non, c'est une sympathique phrase un peu pompeuse qui veut juste dire ce qu'elle veut dire. Je la maintiens totalement et je te conseil d'y répondre sur le fond de ce qui est dit à ce sujet, ou
de t'abstenir. Car là c'est totalement ubuesque comme conversation.


Je dis en gros "nous revendiquons la fête" 


Et tu y réponds : "AHAH! cette phrase sert à cacher que c'était une fête!"


Donc heu oui, perso je fais pas mes fêtes au champomy. Et? 


Je ne te suivrais pas sur le terrain de la pureté militante de celui qui en fait le plus et je suis fier de ne pas être un moine soldat de la révolution qui doit tout sacrifier à la lutte.


"Ceux qui font le vrai travail" bon sang que cette phrase est belle et révélatrice.