Manif de nuit féministe à Lille - samedi 29 mai

Publié le par la Rédaction

Manif de nuit féministe non-mixte femmes, lesbiennes, gouines, bisexuelles, asexuelles, hétérosexuelles, pansexuelles (que nous soyons trans ou cisgenres)

 

Rendez-vous
le samedi 29 mai 2010 à 21h
devant l’Opéra de Lille

 

Nous sommes diverses, multiples et mouvantes.

 

Nous sommes des féministes, femmes, lesbiennes, gouines, et/ou transgirls…

 

Nous sommes bisexuelles, hétérosexuelles, autosexuelles, asexuelles, homosexuelles…

 

Nous sommes précaires, pauvres, salariées, sans-papières, ouvrières, étudiantes, chômeuses, femmes au foyer, travailleuses du sexe, mères célibataires, organisées ou isolées…

 

Nous sommes noires, blanches, métisses, asiatiques, arabes, latinas, berbères…

 

Nous sommes grosses, maigres, fortes, minces, rondes, poilues, rasées, plates ou à gros seins, à cheveux longs ou crâne rasé, avec crête de punk ou raie sur le côté, avec un voile, une casquette ou un chapeau…

 

Nous aimons les mini-jupes et les caleçons, les baggys et les talons, les grosses godasses et les tops à paillettes…

 

Nous sommes jeunes, vieilles, avec handicap ou pas pour l’instant…

 

Nous sommes féministes tant qu’il le faudra !

 

La nuit nous appartient !

 

En tant que personnes catégorisées femmes, nous sommes en permanence matraquées par des règles de conduites qui restreignent nos libertés : «Ne sors pas toute seule le soir», «Ne mets pas de mini-jupe, c’est de la provocation» ou encore «Fais-toi raccompagner par un homme». Ces injonctions conditionnent nos agissements et ne nous donnent pas d’outils pour nous défendre. Et si on ne suit pas ces règles, on a encore plus peur, on est culpabilisées et rappelées à l’ordre.

 

La peur entretenue de la nuit fait de l’ombre aux violences de la journée. NON, les violences n’ont pas d’heure et elles sont partout : dans les maisons, dans la rue, au travail… En effet, les femmes sont majoritairement agressées par des hommes qu’elles connaissent (conjoint, collègue, voisin, patron, oncle, père…) dans un lieu qui leur est familier. Cependant, l’espace public reste majoritairement — voire exclusivement — le territoire des hommes, d’autant plus la nuit.

 

Pour les personnes catégorisées comme femmes, la rue est un espace où l’on est en permanence considérées comme disponibles sexuellement ; un espace de harcèlements, de reluquages, d’attouchements sexuels, d’injures, de sifflements et de peur des agressions masculines (qu’elles soient physiques, verbales, sexuelles, psychologiques).

 

Pour exprimer notre force et notre parole en autonomie par rapport aux mecs, cette manifestation est organisée entre féministes, femmes, filles, lesbiennes, gouines et/ou transgirls ; celles qui en ont marre de se faire mater comme un bout de viande ou d’être considérées comme des poupées gonflables, celles qui vivent dans la rue ou y travaillent, celles qui veulent embrasser leur copine dans le bus, celles à qui on dit qu’elles se sont trompées de chiottes, celles qui sont racisées et exotisées, celles qui en ont marre des mains au cul, celles qui veulent boire un coup sans se faire draguer…

 

Cette manifestation est pour toutes celles qui reconnaissent des petits bouts de leurs vies dans ces violences et cette oppression.

 

Marre du contrôle de nos corps et de nos vies ! Marre de se prendre des claques dans la gueule (au propre comme au figuré) ! Marre d’être de la chair à viol !

 

Nous voulons que nos corps nous appartiennent enfin ! 

 

✪ Parce qu’il n’est pas normal que nous ayons peur quand nous marchons seules la nuit.

 

✪ Parce qu’on en a marre de ne croiser que des mecs dans la rue, les gares, les métros … après 23 heures.

 

✪ Parce que nos corps ne nous appartiennent toujours pas.

 

✪ Parce qu’on nous impose le modèle hétérosexuel et que toute autre sexualité est diabolisée ou invisibilisée.

 

✪ Parce que les canons de beauté qu’on nous impose (pubs, journaux, films, télé…) sont fixés par et pour les hommes.

 

✪ Parce que les violences conjugales et intrafamiliales sont la première cause de mortalité et d’invalidité des femmes en Europe.

 

✪ Parce qu’une femme est violée toutes les 10 minutes ! Et parce qu’en face, la réponse des institutions (quand elles la croient !) n’est que demande de preuves et infantilisation.

 

✪ Parce que ras-le-bol de l’obligation d’être polies, souriantes, douces et aimables.

 

✪ Parce qu’être sans-papières, c’est travailler pour peu ou pas de rémunération et sans la protection du droit du travail.

 

✪ Parce que la situation de semi-clandestinité dans laquelle sont placées les femmes sans-papiers, les empêche de porter plainte en cas d’abus ou d’agressions de peur de l’expulsion et les place à la merci de dominations patriarcale, capitaliste et raciste plus accrues.

 

✪ Parce que parfois les seules sources lumineuses dans la rue sont des pubs de femmes à poil pour vendre du carrelage.

 

✪ Parce que les lesbiennes sont victimes de lesbophobie (agressions physiques, verbales, viols, blagues, invectives, remarques…).

 

✪ Parce que tous les trois jours une personne trans est assassinée dans le monde.

 

✪ Parce que la transphobie n’est même pas reconnue par la loi française.

 

✪ Parce que les personnes bi vivent avec l’injonction permanente de choisir leur camp et que la biphobie n’est pas reconnue par les institutions.

 

✪ Parce que le caractère lesbophobe ou transphobe de certaines agressions est rarement reconnu ; et que le caractère sexiste des agressions sur les femmes trans est généralement nié.

 

✪ Parce que celles qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants vivent avec l’injonction d’en avoir, et parce que celles qui en ont vivent avec l’injonction d’être des «bonnes mères» (douces, entièrement vouées à leurs enfants, devant renoncer à la vie nocturne…).

 

✪ Parce qu’en condamnant le racolage passif, l’État accroît la répression à l’encontre des prostituées et les met encore plus en danger.

 

✪ Parce que dans notre société binaire (masculin/féminin) et patriarcale, les dominations masculine et hétérosexiste continuent d’exister même dans les milieux «ouverts d’esprit».

 

✪ Parce qu’on est censées être baisables mais pas baiseuses.

 

✪ Parce qu’on en a marre d’entendre «alors, vous êtes seules les filles ?» alors que non, on est quatre, «connard !»

 

✪ Parce qu’on a beau avoir beaucoup d’humour, les remarques, invectives et blagues sexistes ne nous font toujours pas rire !

 

Ainsi pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes dans la rue aujourd’hui et dans la lutte au quotidien. Nous ne souhaitons pas accéder aux privilèges des hommes mais abolir tous les privilèges et les systèmes de dominations qui les entretiennent ; nous  voulons pouvoir nous définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

 

Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que nous n’aurons pas notre place dans la rue, tant que notre accès à l’espace public sera soumis à des conditions hétérosexistes, nous ne lâcherons pas l’affaire !

 

Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.

 

Organisation ! Résistance féministe ! Solidarité ! Émancipation !

 

Marchons la nuit,
pour ne plus jamais nous faire marcher dessus !

 

 

*

 

 

Marche de nuit féministe non-mixte

 

Quoi ?

Une marche de nuit féministe non-mixte où nous avons choisi d’être entre femmes, lesbiennes, gouines, bisexuelles, asexuelles, hétérosexuelles, pansexuelles (que nous soyons trans ou cisgenres).

 

Pourquoi la nuit ?

Pour les personnes catégorisées comme femmes, la rue est un espace où l’on est en permanence considérées comme disponibles sexuellement ; un espace de harcèlements, de reluquages, d’attouchements sexuels, d’injures, de sifflements et de peur des agressions masculines (qu’elles soient physiques, verbales, sexuelles, psychologiques). Et cet espace public reste majoritairement — voire exclusivement — le territoire des hommes, d’autant plus la nuit.

 

Qui sommes-nous ?

Des féministes isolées ou organisées venant d’horizons variés et se réunissant régulièrement pour se donner de la force collectivement, reprendre du pouvoir sur nos vies et dans la rue et lutter ensemble contre ce système patriarcal, capitaliste, sexiste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.

 

Pour qui ?

Pour exprimer notre force et notre parole en autonomie par rapport aux mecs, cette manifestation est organisée entre féministes, femmes, filles, lesbiennes, gouines, bisexuelles, asexuelles, hétérosexuelles, pansexuelles et/ou transgirls ; celles qui en ont marre de se faire mater comme un bout de viande ou d’être considérées comme des poupées gonflables, celles qui vivent dans la rue ou y travaillent, celles qui veulent embrasser leur copine dans le bus, celles à qui on dit qu’elles se sont trompées de chiottes, celles qui sont racisées et exotisées, celles qui en ont marre des mains au cul, celles qui veulent boire un coup sans se faire draguer… Cette manifestation est pour TOUTES CELLES qui reconnaissent des petits bouts de leurs vies dans ces violences et cette oppression.

 

Où et quand ?

Rendez-vous le samedi 29 mai 2010 à 21h30 tapantes devant l’Opéra de Lille (place du Théâtre, métro Rihour) pour une marche bruyante, de visibilité, de solidarité et de résistance féministe !

 

Sinon ?

Ramenez de quoi faire du bruit, des pancartes… Et si vous n’êtes pas de Lille, ramenez vos duvets, on essayera de s’arranger pour vous caser !


Indymedia Lille, 7 mai 2010.


Commenter cet article

Ellie 20/05/2010 15:02



Le principe de cette manif c'ets notamment de se réapproprier le droit de sortir le soir quand on est catégorisée meuf, et de dire qu'en fait si, les meufs peuvent sortir sans être accompagnées
par des mecs.


Du coup ça a plus de sens si on est effectivement pas accompagnée par des mecs :o


Ça veut pas dire que des mecs puissent pas participer à la lutte féministe à d'autres occasions, mais là sur la façon de se réapproprier la nuit on pensait que c'était un truc spécifique et que
la non-mixité était donc plus appropriée.



Tiste 18/05/2010 22:48



Pourquoi "non-mixte"? Je ne pense pas qu'être un homme ou catégorisé en tant que tel soit incompatible avec le féminisme...


Je suis sûr que cette remarque  a du déjà être faite ; je reste néanmoins curieux. Merci de m'éclairer.