Manif anniversaire du soulèvement de l'École Polytechnique à Athènes

Publié le par la Rédaction

Brèves de la manif de ce soir à Athènes

(Compte-rendu dédié à notre camarade qui n’était pas en mesure de se joindre à nous aujourd’hui, étant toujours convalescente à l’hôpital. À bientôt dans la rue !)


Il va nous falloir un petit peu de temps avant d'appréhender les évènements de la journée à Athènes — et ce n'est sûrement pas le meilleur moment pour le faire — écrivant ces lignes après avoir passé 12 heures dans les rues. Mais malgré ça, un premier brouillon est en ordre.

 

La police antiémeute devant le slogan mural

«La Troïka [id est le FMI, l’Union européenne et la Banque européenne]

n’est pas une image sur vos écrans de télévision ;

Notre réponse est dans la rue».

Athènes, le 17 novembre 2010.

 

Ce qui s'est passé aujourd'hui a été important. En premier lieu, il avait à la manif d'aujourd'hui un sentiment particulier. C'était la plus grande manif de célebration des émeutes de Polytechnique de 1973 depuis plus d'une décennie (30'000 selon la police, à peu près le double en chiffres réels). Un sentiment très tendu dans l'air. Avant même le départ de la manifestation, il a eu des confrontations avec les jeunes du PASOK — le parti social-démocrate qui est au pouvoir — qui ont eu l'effronterie d'essayer de joindre la manif. La police des deux côtés du cortège, avec leurs mains tout le temps sur les gâchettes de leurs armes lacrymogènes. Les gens attendaient que quelque chose arrive des deux côtés, le nôtre et celui de la police.

 

Et quelque chose s'est passé. La plus intense et nombreuse manifestation qui a eu lieu à Athènes depuis le 5 mai. Les flics chargeant à chaque opportunité, à chaque fois qu'ils parvenaient à isoler des manifestants du cortège. Les gens eux aussi ont chargé la police, pendant la manif et aussi plus tard dans la soirée, à Exarcheia. Mais ce sentiment particulier n'est pas parti, on attend toujours que quelque chose arrive… Ce soir c'était le dernier jour d'un long été. Demain c'est le premier jour d'un étrange hiver, un bel hiver — on espère.

 

Plus de 50'000 manifestants ; au moins 30 arrestations.

 

 

 

 

 

Traduit de l’anglais (From The Greek Streets), 18 novembre 2010.

 

 

 

 

 

Grèce : des milliers de Grecs commémorent la révolte contre les militaires

 

Des milliers de personnes ont défilé mercredi à Athènes et protesté contre les mesures d'austérité du gouvernement, à l'occasion de la commémoration de la révolte étudiante de 1973, réprimée dans le sang par le régime militaire de l'époque.

 

Selon la police, quelque 20.000 personnes, principalement des étudiants, des ouvriers et des membres de partis de gauche, ont participé à cette marche, rejoints par des retraités et même des enfants accompagnés de leurs parents.

 

Comme tous les ans, les manifestants ont défilé sur quelque 3 km pour commémorer la révolte étudiante. Mais cette année, ils ont également protesté contre les mesures d'austérité adoptées par le gouvernement pour faire face à la crise qui secoue le pays.

 

Devant l'ambassade américaine, point sensible du défilé, ils ont lancé des slogans contre les Etats-Unis mais la plupart des banderoles et des mots d'ordre concernaient en priorité l'actuelle crise financière.

 

À la fin de la manifestation, la police a interpellé plus de quarante personnes après avoir tiré des grenades lacrymogènes contre un groupe de manifestants qui lançaient des pierres et des bouteilles contre les policiers.

 

 

 

 

Cinq manifestants ont été également interpellés à Patras et rapidement relâchés lors d'une manifestation nettement moins importante.

 

Le gouvernement grec a adopté une série de mesures d'austérité destinées à redresser la situation économique et a été contraint de recourir à l'aide du Fonds monétaire internationale (FMI) et de l'Union européenne, des décisions vivement critiquées par une large partie de la population.

 

«Nous payons pour leurs profits, nous ne paierons pas pour leur crise», «Contre l'austérité et la soumission», pouvait-on lire sur de nombreuses banderoles de tonalité fortement anti-capitaliste. «Ils vous ont déclaré la guerre, il faut contre-attaquer», scandaient de nombreux manifestants.

 

Quelque 12.000 personnes ont défilé à Thessalonique, la deuxième ville du pays et comme à Athènes, des manifestants ont scandé des slogans contre les États-Unis devant la représentation américaine.

 

Les forces de l'ordre étaient d'autant plus en alerte que les mesures d'austérité du gouvernement socialiste ont provoqué de vives tensions sociales.

 

Un dispositif de quelque 7.000 policiers avait été déployé dans la capitale et les mesures de sécurité avaient été renforcées près des bâtiments publics et des ambassades.

 

 

 

 

 

Depuis que le gouvernement a adopté ses mesures de rigueur, six grèves générales et de nombreuses manifestations, parfois violentes, ont été organisées. Les syndicats ont prévu de nouvelles actions d'ici la fin du mois et le mois prochain.

 

La Grèce a obtenu au printemps un prêt total sur trois ans de 110 milliards d'euros de la part de ses partenaires de la zone euro et du Fonds monétaire international, pour faire face à de graves problèmes financiers. En échange, Athènes s'est engagée à restructurer son économie et à réduire de manière drastique les salaires, les retraites et les dépenses publiques.

 

La révolte étudiante de 1973 est une date très importante pour de nombreux Grecs car ce soulèvement est souvent considéré comme le prélude au rétablissement de la démocratie en Grèce.

 

La répression de la révolte par la junte militaire avait fait au moins 44 morts.

 

 

 

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 17 novembre.

 

 

 

 

 

Publié dans Grèce générale

Commenter cet article